Adele Romanski
- Production
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 7 films |
| Récompenses | 3 nominations et 1 victoire |
Biographie
Adele Romanski est née le 10 novembre 1982 à Ponte Vedra Beach, dans l’État de Floride (États-Unis). Elle fait partie de ces figures du cinéma indépendant qui œuvrent loin des projecteurs, mais dont l’influence est bien réelle. Productrice avant tout, Adele Romanski joue un rôle central dans le succès d’une nouvelle génération de cinéastes américains, tout en incarnant une approche du métier fondée sur la fidélité, l’intuition artistique et le sens du risque créatif.
Elle étudie à la Florida State University, où elle se forme à la production et forge ses premières collaborations. Très tôt, elle se positionne non pas comme une exécutante, mais comme une partenaire de création, capable de comprendre les intentions narratives et d’aligner les moyens de production avec les choix esthétiques.
Débuts dans le cinéma indépendant et premières collaborations
La carrière de Adele Romanski prend forme dans les années 2000, au cœur de la scène indépendante américaine. Elle commence à produire des longs-métrages à petit budget, souvent portés par des cinéastes émergents ou des récits atypiques. Très vite, elle se fait remarquer pour son œil avisé et sa capacité à repérer les talents avant qu’ils ne soient médiatisés.
Elle produit notamment The Myth of the American Sleepover (2010) de David Robert Mitchell, un film sensible et subtil sur l’adolescence, qui reçoit un bon accueil critique. Cette œuvre annonce déjà ce qui deviendra la marque de fabrique d’Adele Romanski : une attention portée aux récits intimes, aux silences, aux personnages en marge des récits dominants.
L’explosion avec Moonlight : une production à impact mondial
Le moment décisif de la carrière d’Adele Romanski arrive en 2016 avec Moonlight, réalisé par Barry Jenkins. Le film, produit avec un budget très modeste, devient un phénomène critique et culturel, jusqu’à remporter l’Oscar du meilleur film en 2017. Cette victoire historique, pour un film centré sur un jeune homme noir et homosexuel, interprété par trois acteurs à différents âges, marque un tournant à Hollywood.
Adele Romanski, coproductrice du film, joue un rôle crucial dans la genèse et la mise en œuvre du projet. Son partenariat de longue date avec Barry Jenkins (ils se connaissent depuis l’université) permet au film de voir le jour dans un cadre de confiance artistique. Leur manière de travailler ensemble repose sur l’écoute mutuelle, le respect de la vision du réalisateur et une grande liberté dans les choix formels.
Poursuite d’une ligne éditoriale exigeante et audacieuse
Après Moonlight, Adele Romanski confirme sa volonté de défendre un cinéma sensible, visuellement fort et socialement engagé. Elle continue à produire des films indépendants ambitieux, en s’éloignant des formats prévisibles. En 2018, elle retrouve Barry Jenkins pour If Beale Street Could Talk, une adaptation du roman de James Baldwin, saluée pour sa puissance poétique et sa finesse politique.
Elle est également l’une des fondatrices de la société Pastorek Romanski, puis de Poinsettia, une structure de production qui lui permet de soutenir des auteurs singuliers dans des cadres souples, loin des logiques de studio classiques. Ce positionnement lui vaut une place privilégiée dans le cinéma indépendant américain contemporain, aux côtés de figures comme Christine Vachon ou Megan Ellison.
Une approche du métier fondée sur la discrétion et la fidélité
Contrairement à certaines figures médiatisées de la production hollywoodienne, Adele Romanski reste volontairement discrète. Elle ne cherche pas la notoriété personnelle, mais travaille dans la durée, en tissant des liens étroits avec les cinéastes qu’elle soutient. Son style de production privilégie l’intimité créative à la structure hiérarchique.
Elle accompagne souvent les réalisateurs sur plusieurs projets, leur offre un espace d’expérimentation, et ne rechigne pas à prendre des risques financiers ou narratifs. Dans un secteur dominé par l’efficacité et le rendement, Adele Romanski reste attachée à une certaine idée du cinéma comme art, comme langage, et comme outil de représentation.