Aaron Sorkin
- Casting
- Réalisation
- Écriture
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 8 films |
| Récompenses | 9 nominations et 2 victoires |
Biographie
Aaron Benjamin Sorkin est né le 9 juin 1961 à New York, dans le quartier de Manhattan, aux États-Unis. Scénariste, dramaturge, producteur et réalisateur, Aaron Sorkin est reconnu comme l’un des dialoguistes les plus influents du cinéma et de la télévision américaine. Sa marque de fabrique ? Des dialogues fusants, intelligents, souvent politiques, portés par des personnages brillants, nerveux, passionnés. Que ce soit sur scène, sur petit écran ou au cinéma, Sorkin impose un style : celui d’un monde où les idées fusent aussi vite que les répliques.
Une formation théâtrale, ancrée dans le verbe
Diplômé de la Syracuse University en 1983 avec une formation en art dramatique, Aaron Sorkin commence sa carrière au théâtre. Sa première œuvre marquante est A Few Good Men (Des hommes d'honneur), pièce inspirée par une histoire vraie de justice militaire. Adaptée au cinéma en 1992 par Rob Reiner, avec Jack Nicholson, Tom Cruise et Demi Moore, elle révèle Sorkin comme un nouveau talent du scénario hollywoodien.
Dès cette première incursion, son style est affirmé : phrases longues, rythme rapide, personnages brillants, souvent obsédés par le devoir ou la vérité, dans des décors institutionnels ou judiciaires.
La télévision selon Sorkin : The West Wing et l’héritage politique
C’est avec la série The West Wing (À la Maison-Blanche, 1999–2006) qu’Aaron Sorkin impose définitivement sa voix dans le paysage télévisuel. Centrée sur les coulisses de la présidence américaine, la série propose un idéalisme assumé, où intelligence, éthique et débat sont au cœur de chaque scène. Sorkin y imagine une Maison-Blanche où le pouvoir s’exerce avec empathie, humanité et verbe.
La série, récompensée de multiples Emmy Awards, fait de lui une figure intellectuelle à part entière dans la culture populaire américaine. Son style — walk and talk (personnages marchant tout en dialoguant avec vivacité) — devient immédiatement reconnaissable, et largement imité.
Il réitère cette mécanique dans Sports Night, Studio 60 on the Sunset Strip et The Newsroom, série dans laquelle il questionne la responsabilité des médias dans la société contemporaine. Sorkin aime les lieux de tension entre l’éthique et l’efficacité, les environnements professionnels où la parole façonne le réel.
Au cinéma : entre fiction et reconstitution politique
Au-delà de la télévision, Aaron Sorkin s’illustre comme scénariste de haut niveau pour le grand écran. Il signe le scénario de The Social Network (2010), réalisé par David Fincher, qui retrace les débuts de Facebook. Pour ce script millimétré, à la fois brillant et amer, il reçoit l’Oscar du meilleur scénario adapté. La même année, il coécrit Moneyball, puis Steve Jobs (2015), biopic à contre-courant réalisé par Danny Boyle, dans lequel il déconstruit le mythe du génie visionnaire en privilégiant le conflit intérieur au portrait hagiographique.
Sa spécialité : transformer des sujets complexes en récits fluides et captivants, en utilisant le langage comme moteur dramatique. Ses personnages parlent vite, pensent encore plus vite, et incarnent une forme d’élitisme intellectuel assumé.
La réalisation : une écriture qui devient mise en scène
À partir de 2017, Aaron Sorkin passe à la réalisation avec Molly’s Game, inspiré de l’histoire vraie d’une organisatrice de poker clandestin. Il enchaîne avec The Trial of the Chicago 7 (2020), un drame judiciaire ancré dans la contestation politique des années 60, qui rencontre un large succès critique. Il y mêle enjeux historiques, discours politiques et personnages puissamment incarnés dans une structure rythmée et maîtrisée.
En 2021, il réalise Being the Ricardos, avec Nicole Kidman et Javier Bardem, autour de la vie de Lucille Ball. Même dans ce registre plus intime, on retrouve sa passion pour les dialogues ciselés et les personnalités publiques sous pression.
Style et obsessions : les mots comme arme et refuge
Le style Aaron Sorkin, c’est avant tout le langage comme outil d’action. Là où d’autres misent sur le silence ou les gestes, lui crée de la tension par la parole. Il fait du débat, du conflit rhétorique et du désaccord civilisé des scènes aussi intenses qu’un combat physique.
Ses personnages sont souvent brillants, parfois arrogants, mais toujours profondément investis dans leurs missions : journaliste, avocat, politicien, mathématicien ou programmateur. Il aime les figures de l’intelligence en acte, les zones grises de l’éthique professionnelle, les dilemmes moraux.
On lui reproche parfois une certaine emphase, une tendance à idéaliser ses figures masculines, voire un ton un peu professoral. Mais c’est aussi ce qui fait de lui un auteur au sens fort du terme, avec une vision cohérente, une voix immédiatement reconnaissable.
Aaron Sorkin, c’est un artisan des mots devenu architecte d’histoires complexes, capable de faire d’un procès, d’un plateau télé ou d’un bureau présidentiel un théâtre d’enjeux universels. Son goût du verbe, sa rigueur narrative et son attachement au débat civilisé en font l’une des figures centrales du cinéma intellectuel contemporain, dans ce qu’il peut avoir de plus brillant... et de plus engagé.
Filmographie
8 sur 8 films