Sables et prophètes

88 films

Deux grandes traditions se croisent dans cet ensemble. La première est celle de l'épopée biblique : de Ben-Hur de William Wyler à La Passion du Christ de Mel Gibson, du Prince d'Égypte à Exodus de Ridley Scott, ces films font du Proche-Orient l'espace originel du récit occidental, le territoire où se jouent les fondements du monothéisme. Les Aventuriers de l'arche perdue y ajoute une dimension aventurière et populaire, transformant les lieux saints en terrains d'exploration.

La seconde tradition est celle du cinéma contemporain du monde arabe et de ses périphéries. Valse avec Bachir d'Ari Folman reconstitue les massacres de Sabra et Chatila dans une animation hallucinée. 5 Caméras Brisées documente la résistance palestinienne depuis l'intérieur. Timbuktu d'Abderrahmane Sissako filme l'occupation djihadiste du Mali avec une retenue qui dépasse le pamphlet. Des hommes et des dieux, Le jeune Ahmed des Dardenne, Persepolis de Satrapi : autant de films qui interrogent la foi, la radicalisation et l'identité dans des contextes distincts mais structurés par les mêmes tensions.

Ce que les deux traditions partagent, c'est une même géographie de la foi et de la violence. La Visite de la fanfare d'Eran Kolirin, Intervention Divine d'Elia Suleiman, Pour Sama de Waad al-Kateab ou Atlantique de Mati Diop filment le quotidien de ces régions depuis l'intérieur, avec une acuité que les grandes productions hollywoodiennes ne peuvent pas atteindre.

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