Le mal sous nos toits
248 filmsL'Exorciste de William Friedkin, en 1973, a posé la règle fondatrice : l'horreur la plus efficace est celle qui pénètre dans les espaces les plus familiers. Un appartement, une chambre d'enfant, une maison de banlieue. Cinquante ans de cinéma d'horreur surnaturel découlent de cette intuition, des caves d'Amityville aux couloirs hanté de Paranormal Activity.
Le corps possédé est l'autre grand motif de cet ensemble : que ce soit par un démon, un esprit vengeur ou une entité sans nom, la prise de contrôle de l'enveloppe humaine concentre la terreur de perdre son identité. Evil Dead de Sam Raimi et la saga Hellraiser de Clive Barker ont exploré cette transgression avec une violence stylistique qui fait école.
Les années 2010 ont vu s'imposer un nouveau centre de gravité : l'univers Conjuring, construit autour des enquêtes paranormales d'Ed et Lorraine Warren, a réinstallé les codes de la possession et de la maison hantée dans un cinéma de studio rentable et soigné. En parallèle, Hérédité d'Ari Aster a ouvert une horreur surnaturelle plus exigeante, qui utilise les forces obscures pour parler de traumatisme familial et de deuil.
Ce qui traverse toutes ces variations, c'est la même question : jusqu'où la rationalité tient-elle face à ce qu'on ne peut pas expliquer ?