Le corps comme territoire
157 filmsLa sexualité est le terrain commun de ces films, mais ce qui les unit va bien au-delà de l'érotisme. Belle de jour de Buñuel, La Pianiste de Haneke, Nymphomaniac de Von Trier, Shame de Steve McQueen : le désir y est force de subversion, source d'aliénation ou chemin vers soi, rarement simple plaisir. Sexe, mensonges et vidéo de Soderbergh en avait posé les bases dès 1989 en faisant de l'intimité filmée un révélateur des mensonges conjugaux.
Le corps féminin comme terrain de conflits politiques et sociaux traverse l'ensemble. 4 mois, 3 semaines, 2 jours de Cristian Mungiu et L'Événement d'Audrey Diwan filment l'avortement clandestin avec une précision documentaire qui n'a rien d'anecdotique. Vera Drake de Mike Leigh, Pauvres créatures de Lanthimos, The Substance de Coralie Fargeat, Women Talking : autant de films qui interrogent ce que les sociétés font aux corps des femmes et ce qu'ils peuvent revendiquer en retour.
La question du genre et de l'identité irrigue une troisième veine. 20 000 espèces d'abeilles, The Danish Girl, Transamerica, Une femme fantastique, Border : ces films explorent comment les identités résistent aux normes ou les débordent. La Vie d'Adèle de Kechiche et Adieu ma concubine de Chen Kaige posent la même question fondamentale : que coûte le désir quand il ne correspond pas à ce qu'on attend de vous ?