La grande fabrique du merveilleux

330 films

Aucun segment de l'histoire du cinéma n'a touché autant de spectateurs que le film d'animation familial. Des premières grandes oeuvres de Walt Disney, en 1937, aux studios Pixar, DreamWorks et Illumination qui s'en sont disputé l'héritage, cette forme constitue le coeur industriel et émotionnel de Hollywood : les plus grandes recettes mondiales, les franchises les plus longues, les personnages les plus universellement reconnus.

Toy Story marque la rupture technologique : en 1995, Pixar prouve que la synthèse numérique peut atteindre la profondeur narrative du meilleur cinéma d'auteur. La décennie suivante voit s'installer un modèle économique inédit, où le film d'animation génère autant de revenus en produits dérivés qu'au box-office. Shrek invente la distanciation ironique, Les Indestructibles questionnent le mythe du superhéros, Ratatouille prend le risque de parler de création artistique à un public de six ans.

Face à la machine américaine, une contre-tradition européenne s'est maintenue : Ernest et Célestine, Brendan et le secret de Kells, Le Peuple Loup, signés par des studios irlandais et français, revendiquent l'artisanat du dessin animé 2D au moment où le tout-numérique semblait avoir définitivement gagné.

Ces films se distinguent par leur refus du spectacle pyrotechnique et leur attachement à la singularité graphique.

Ce corpus dessine en creux l'imaginaire occidental depuis la Seconde Guerre mondiale : contes des frères Grimm, mythologies grecques, récits d'initiation, dystopies douces. Chaque génération y reconnaît les histoires qu'on lui a transmises, reformatées pour l'époque.

1 sur 7
Suivants