La cour des grands

173 films

John Hughes en a posé les règles dans les années 1980 avec une précision d'entomologiste : le lycée américain comme microcosme social impitoyable, où chaque élève occupe une case (le rebelle, la populaire, le geek) et où les semaines comptent davantage que les années. Breakfast Club, Ferris Bueller, Ça chauffe au lycée Ridgemont : ces films ont défini un genre dont les codes persistent intacts dans American Pie, Lolita malgré moi ou Sing Street, plusieurs décennies plus tard.

Le lycée y est moins un lieu d'apprentissage qu'un théâtre de la formation identitaire : on s'y cherche, on s'y blesse, on y fait ses premières armes amoureuses et ses premières trahisons. La comédie y est dominante, mais l'horreur s'y est toujours sentie chez elle (The Faculty, Fear Street : Prom Queen, Whispering Corridors) : nulle part ailleurs la violence sociale ne se cache si près de la surface.

Ce que ces films documentent, par-delà les générations et les cultures, c'est la conviction universelle que l'adolescence est une période à part, ni enfance ni vie adulte, régie par ses propres lois et ses propres sentences. Que l'on rie ou que l'on tremble, le territoire est le même : ces couloirs où tout semble se jouer pour toujours.

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