La belle violence

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L'action cinématographique a ses propres grammaires. Quentin Tarantino en a imposé une en 1992 avec Reservoir Dogs : le dialogue comme montée de tension, la violence comme rupture brutale dans un décor ordinaire. Kill Bill a poussé la logique jusqu'au ballet, empruntant au western spaghetti, au film de sabre et au cinéma hongkongais dans un même mouvement.

Ce cinéma de Hong Kong représente l'une des sources majeures de l'ensemble. John Woo, Ringo Lam et Jackie Chan ont développé dans les années 1980 une esthétique qui a contaminé Hollywood : chorégraphie des fusillades, acrobaties en temps réel, montage syncopé. Police Story reste l'étalon de la prise de risque physique brute.

La France a produit sa propre tradition, entre le réalisme urbain de Ladj Ly et les courses-poursuites pyrotechniques de la saga Taxi. Nicolas Winding Refn avec Drive a proposé une synthèse paradoxale : un film d'action quasi-contemplatif, où la violence, quand elle arrive, est d'autant plus fracassante qu'elle a été longtemps retenue.

Ce qui unit ces approches pourtant si différentes, c'est une conviction commune : le mouvement violent est un objet esthétique à part entière, pas simplement un prétexte narratif.

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