La beauté et sa misère

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De De Sica à Sorrentino, de Buñuel à Alfonso Cuarón, cet univers dessine un arc géographique qui va de la Méditerranée à l'Amérique latine, traversé par une même tension fondamentale : celle entre la beauté du monde et la dureté des conditions d'existence. Le néoréalisme italien des années 1940-50 en a posé les bases, avec Le Voleur de bicyclette comme œuvre emblématique d'une école qui filmait la pauvreté sans jamais la réduire à sa misère.

Fellini et Antonioni ont ensuite transformé cette matière sociale en enquête sur le vide et le désenchantement modernes. Buñuel y a ajouté la dimension ibérique et le scepticisme catholique, Pasolini la violence sacrée. Aujourd'hui, Sorrentino et Garrone en Italie, Cuarón ou Walter Salles en Amérique latine, prolongent cette tradition en l'ancrant dans des réalités contemporaines.

Ce qui unit ces films, c'est un rapport particulier à la religion et à la chair, à la beauté des paysages et à la violence sociale qu'ils dissimulent, et une façon d'habiter les espaces qui doit davantage à la peinture et à l'opéra qu'au cinéma anglo-saxon.

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