L'ombre de Gotham
47 filmsBatman est le centre de gravité de cet univers : depuis les deux films de Tim Burton jusqu'à la trilogie de Christopher Nolan et le reboot de Matt Reeves, le personnage a traversé chaque décennie en se réinventant à l'image des angoisses de son époque. Batman Begins a imposé le ton du super-héros réaliste et psychologiquement crédible, modèle que l'ensemble de l'industrie a suivi pendant quinze ans.
The Dark Knight reste le point culminant de cette ligne : un film de super-héros qui se comportait comme un thriller politique, avec Heath Ledger incarnant un Joker devenu depuis une figure culturelle autonome. Nolan a prouvé qu'un film de cape et de masque pouvait être un objet de cinéma à part entière.
L'univers DC a développé en parallèle une tendance à la déconstruction. Kick-Ass s'est attaqué à la logique du héros masqué avec une violence ironique et un budget volontairement limité. Les Indestructibles de Pixar a traité le même sujet dans un registre familial mais tout aussi subversif, en faisant de la retraite forcée des super-héros une métaphore de la vie ordinaire.
Ce qui traverse tout cela, des Batman burlesques des années 1990 aux versions crépusculaires d'aujourd'hui, c'est la même question : que reste-t-il du héros quand on lui retire le masque ?