L'autre versant du désir
92 filmsDu Rocky Horror Picture Show à 120 battements par minute, de Philadelphia à Call Me by Your Name, cet univers trace un demi-siècle de cinéma LGBTQ+, depuis les premières représentations transgressives jusqu'aux œuvres contemporaines qui traitent de l'amour entre personnes du même sexe sans plus avoir besoin de s'en justifier. L'évolution est considérable : là où les films des années 1970-80 devaient composer avec la stigmatisation et la crise du sida, ceux d'aujourd'hui peuvent simplement raconter une histoire d'amour.
La palette est large. Blier (Tenue de soirée), Almodóvar (Douleur et gloire), Ang Lee (Le Secret de Brokeback Mountain), Xavier Dolan (Juste la fin du monde), Robin Campillo (120 battements par minute) : des auteurs de premier plan ont fait de ces histoires la matière de leur cinéma le plus personnel. À côté de ces œuvres graves, les comédies (The Birdcage, Le Placard, Chouchou) ont joué un rôle capital dans la normalisation des représentations, touchant des publics que le drame seul n'aurait pas atteints.
Ce qui traverse l'univers, c'est moins une esthétique commune qu'une même nécessité : rendre visible ce que la société préférait ignorer. Chaque décennie y a apporté ses urgences propres, mais la question de fond reste la même : à quelles conditions une existence peut-elle être pleinement vécue quand le désir ne correspond pas à la norme ?