L'Asie des sentiments

108 films

Zhang Yimou a ouvert les années 1990 avec Épouses et Concubines : un cinéma de la Chine rurale filmé dans des couleurs saturées, où le corps des femmes porte le poids de l'ordre social. C'est à la même époque que Wong Kar-wai commençait à construire son oeuvre à Hong Kong, dans un registre opposé : la mélancolie, la fragmentation temporelle, le désir comme condition permanente. In the Mood for Love reste son point de référence absolu.

Le cinéma taïwanais et coréen a progressivement pris une place grandissante dans cet ensemble. Edward Yang d'un côté, Lee Chang-dong et Hong Sang-soo de l'autre : des cinéastes qui partagent une même attention aux tensions entre modernité et tradition, entre individu et collectivité. Hong Sang-soo, dont plusieurs films figurent ici, a construit une oeuvre minimaliste autour des mêmes situations répétées : artistes et cinéastes errant entre conversations et bouteilles de soju.

Past Lives de Celine Song a porté cette sensibilité coréenne jusqu'à New York, prouvant que ce regard sur le temps et la perte n'est pas lié à une géographie mais à une façon d'habiter la durée.

Ce qui rassemble toutes ces oeuvres, des rizières de Zhang Yimou aux appartements séouliens d'aujourd'hui, c'est une même attention à ce qui ne se dit pas : le sentiment exprimé par le silence, le désir traduit par un regard de trop.

1 sur 3
Suivants