Enfants de la nuit

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Peu de figures cinématographiques ont traversé un siècle avec une telle plasticité. Du Nosferatu de Werner Herzog aux romantiques de Twilight, de la saga Blade à Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch, le vampire se plie à tous les genres et à toutes les intentions : l'épouvante gothique, l'action spectaculaire, la comédie, le drame intimiste, et parfois la méditation philosophique sur l'immortalité et l'ennui.

Ce qui rend ce corpus fascinant, c'est moins la figure elle-même que ce qu'elle révèle de chaque époque qui la convoque. Le vampire des années 1990 (Entretien avec un vampire, Blade) traite de séduction, d'identité et de marginalité. Celui des années 2000 (Underworld, Twilight) se fond dans les codes du blockbuster et du roman jeunesse. Morse, Thirst de Park Chan-wook ou Le Comte de Pablo Larraín en font au contraire un prisme pour ausculter la solitude, la violence et le pouvoir.

L'univers embrasse sans honte toute la gamme : des Dracula en série B aux déconstructions d'auteur, des animations japonaises (Vampire Hunter D) aux comédies mockumentaires (Vampires en toute intimité). La longévité du mythe tient peut-être à cette ambivalence originelle : le vampire est à la fois le monstre que l'on craint et le séducteur que l'on désire, une figure qui n'a jamais vraiment choisi son camp.

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