Drôles de mondes

152 films

Ce que ces films partagent n'est pas un genre mais une posture : regarder le monde avec un décalage qui fait rire, parfois grimacer, souvent les deux à la fois. De Buñuel, dont Le Charme discret de la bourgeoisie dissèque les rituels de la classe dominante avec une précision d'entomologiste, à Jeunet et Caro qui transforment un Paris post-apocalyptique en farce noire dans Delicatessen, la comédie fonctionne ici comme un prisme déformant qui révèle ce que le regard direct ne verrait pas.

La géographie est particulièrement éclectique. La Finlande de Kaurismäki dans Ombres au paradis, la Roumanie de Corneliu Porumboiu dans 12 h 08 à l'est de Bucarest, l'Espagne d'Almodóvar dans Volver, les non-lieux de Jarmusch dans Coffee and Cigarettes : chaque cinéma apporte sa variation locale d'un humour qui préfère observer que séduire. La comédie populaire française y coexiste sans contradiction : Les Bronzés, la série du Gendarme ou La Vérité si je mens ! partagent le même appétit pour les rituels collectifs et les rapports de groupe.

Las Vegas Parano de Terry Gilliam, Priscilla folle du désert, Taxidermie de György Pálfi : la frange la plus radicale de l'ensemble revendique le burlesque comme arme, l'excès comme méthode, et l'inconfort du spectateur comme preuve de réussite.

1 sur 4
Suivants