Corps et poisons

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Entre le thriller érotique et le polar psychologique, cet univers explore le territoire où le désir devient arme. Blow-Up d'Antonioni a posé le cadre dès 1966 : dans l'ambiguïté de ce qui est vu et de ce qui est fantasmé, la vérité devient inaccessible. La femme, l'image, le crime : trois obsessions qui traversent tout ce qui suit.

Mulholland Drive de Lynch représente la ligne la plus radicale, l'érotisme comme forme de désintégration identitaire, Hollywood comme miroir déformant, la séduction comme porte vers le néant. Cronenberg a poussé le même tropisme dans une direction plus clinique encore, liant désir et destruction dans une équation sans issue.

La version plus accessible du registre repose sur un autre mécanisme : la femme comme architecte d'un piège que l'homme croit contrôler. Gone Girl de Fincher en est l'expression la plus glaçante. Elle de Verhoeven a poussé la figure à son extrême le plus inconfortable, refusant à son héroïne toute position de simple victime.

Ce qui unit cet ensemble, des chambres closes aux dénouements impossibles, c'est une certitude : quand le désir entre dans l'intrigue, personne ne sort indemne.

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