Cinéma du réel
205 filmsLe documentaire n'est pas un genre secondaire : c'est une façon de regarder le monde que la fiction ne peut pas remplacer. La nature y est filmée avec une patience rare : La Marche de l'empereur de Luc Jacquet, Le Peuple migrateur de Jacques Perrin, La Sagesse de la pieuvre ou Jane de Brett Morgen sur Jane Goodall composent un portrait du vivant non humain entre émerveillement et inquiétude.
La crise écologique et les tensions sociales occupent une large part. Une vérité qui dérange d'Al Gore et Davis Guggenheim, Chasing Ice, Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, Fuocoammare de Gianfranco Rosi sur les migrants à Lampedusa : le documentaire d'engagement s'impose comme un cinéma qui refuse de séparer l'esthétique du politique. American Factory des Obama laisse parler les images d'une usine sino-américaine sans commentaire, avec une efficacité que le pamphlet n'atteint pas.
Les portraits d'artistes forment un troisième pôle. Pina de Wenders, Visages, villages d'Agnès Varda, Le Sel de la Terre de Wenders et Ribeiro, À la recherche de Vivian Maier : autant de films qui font de l'acte créatif leur propre sujet. Fire of Love de Sara Dosa, portrait de deux volcanologues amoureux, pousse le genre dans une direction presque romanesque, preuve que le réel peut être aussi envoûtant que la fiction.