Chasseurs et proies

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Vendredi 13 a formalisé en 1980 ce que Massacre à la tronçonneuse avait ébauché six ans plus tôt : un groupe de jeunes gens isolés, un espace naturel hostile, un tueur sans psychologie et sans pitié. Cette formule simple a produit quelques-unes des franchises les plus longues de l'histoire du cinéma américain.

Le schéma chasseur/proie organise toute la mécanique narrative : l'élimination progressive des personnages, la course à la survie du dernier ou de la dernière debout. Les Dents de la mer de Spielberg a introduit la variante animale, remplaçant le tueur humain par une force naturelle. Hostel de Eli Roth a déplacé la violence vers la torture organisée. La Nouvelle Vague française de l'extrême, de Frontière(s) à Calvaire, a inscrit la même brutalité dans une tradition politique plus affirmée.

La Cabane dans les bois a tenté le démontage critique de toute cette grammaire : en exposant les mécanismes du genre, le film a prouvé que l'horreur survivaliste était assez ancrée pour supporter le regard analytique. Midsommar, X de Ti West et Bacurau ont montré que le schéma prédateur/proie pouvait absorber des préoccupations politiques et féministes tout en conservant son efficacité viscérale.

Ce qui reste constant, c'est la question primitive : qui sort vivant, et à quel prix ?

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