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Film Index

Yōji Yamada

Réalisation Écriture

Nationalité
 Japon
Âge
95 ans
Autre nom
山田 洋次
Filmographie
3 films

Biographie

Yōji Yamada est un réalisateur et scénariste japonais, né le 13 septembre 1931 à Osaka, au Japon. Entré à la Shōchiku au milieu des années 1950, il devient l’un des cinéastes japonais les plus prolifiques de l’après-guerre. Sa carrière est notamment marquée par la longue série Otoko wa tsurai yo, dite Tora-san, par Le Mouchoir jaune du bonheur et par une trilogie de films de samouraïs ouverte avec Le Samouraï du crépuscule.

De l’université de Tokyo à la Shōchiku

Yōji Yamada étudie à la faculté de droit de l’université de Tokyo, dont il sort diplômé en 1954. La même année, il entre à la Shōchiku comme assistant réalisateur.

Il se forme ainsi dans un studio qui a joué un rôle essentiel dans l’histoire du cinéma japonais et dont la production privilégie de longue date les récits familiaux et la vie quotidienne. Yōji Yamada travaille d’abord comme assistant puis comme scénariste avant d'accéder à la réalisation.

Il signe son premier long métrage, Nikai no tanin, en 1961. Ses premiers films s’inscrivent principalement dans la comédie réaliste et dans l’observation des classes populaires.

Tora-san, une série hors norme

En 1969, Yōji Yamada réalise Otoko wa tsurai yo, premier film d’une série centrée sur Torajirō Kuruma, dit Tora-san, marchand ambulant interprété par Kiyoshi Atsumi.

Tora-san revient régulièrement dans son quartier familial de Shibamata, à Tokyo, puis repart sur les routes après une déception sentimentale ou un conflit avec ses proches. Les films associent comédie, mélancolie et descriptions de différentes régions du Japon.

Entre 1969 et 1995, Yōji Yamada réalise la quasi-totalité des quarante-huit premiers films de la série. Après la mort de Kiyoshi Atsumi en 1996, il revient à cet univers avec Tora-san, Wish You Were Here en 2019, qui porte l’ensemble à cinquante films.

La série devient l’une des productions les plus durables de l’histoire du cinéma japonais et contribue de façon décisive à la notoriété populaire de Yōji Yamada.

Familles, voyages et transformations sociales

Parallèlement à Tora-san, Yōji Yamada développe des films consacrés aux bouleversements de la société japonaise. Kazoku en 1970 suit une famille qui traverse le Japon pour chercher du travail à Hokkaidō.

Il prolonge cette attention aux migrations intérieures, au travail et aux communautés locales avec Furusato et Harakara. Dans ces films, les transformations économiques sont observées à partir des relations familiales et de personnages issus de milieux modestes.

En 1977, Le Mouchoir jaune du bonheur constitue l’un de ses plus grands succès. Ken Takakura y interprète un homme récemment sorti de prison qui traverse Hokkaidō avec deux jeunes voyageurs. Le film obtient notamment les principaux prix de la première édition des Japan Academy Film Prize, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.

L’école et les laissés-pour-compte

Dans les années 1990, Yōji Yamada poursuit son exploration de la société japonaise avec Musuko, puis avec Gakkō en 1993.

Gakkō se déroule dans une école du soir fréquentée par des adultes aux parcours très différents. Le film s’intéresse aux personnes que le système scolaire ou professionnel a laissées en marge et inaugure une série de films consacrés à l’éducation.

Cette période confirme une constante de l’œuvre de Yōji Yamada : privilégier des personnages ordinaires et les observer dans leur environnement familial, professionnel ou communautaire.

Le Samouraï du crépuscule

À plus de soixante-dix ans, Yōji Yamada aborde directement le film de samouraïs avec Le Samouraï du crépuscule en 2002, adapté de récits de Shūhei Fujisawa.

Hiroyuki Sanada y interprète Seibei Iguchi, samouraï de rang modeste, veuf et père de deux filles, davantage préoccupé par ses obligations familiales que par le prestige guerrier. Le film détourne plusieurs conventions du genre en accordant une place centrale à la pauvreté, au travail domestique et aux contraintes sociales.

Le Samouraï du crépuscule domine les Japan Academy Film Prize et obtient quinze récompenses. Il est également nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère lors de la cérémonie de 2004.

Une trilogie de samouraïs

Yōji Yamada poursuit cette orientation avec La Servante et le Samouraï (The Hidden Blade) en 2004. Le film est sélectionné en compétition au Festival international du film de Berlin.

Il achève cette série informelle en 2006 avec Love and Honor, de nouveau adapté de Shūhei Fujisawa. Takuya Kimura y incarne un samouraï devenu aveugle après avoir goûté un plat destiné à son seigneur.

Ces trois films abordent le monde des samouraïs par l’intermédiaire de personnages modestes, de leurs relations conjugales et de leur position dans une société hiérarchisée. Ils apportent à Yōji Yamada une reconnaissance internationale plus large que celle dont bénéficiait jusque-là la série Tora-san.

Une œuvre poursuivie sur plusieurs générations

Après cette trilogie, Yōji Yamada continue à réaliser régulièrement. Il tourne notamment Kabei, notre mère, présenté en compétition à Berlin en 2008, puis Tokyo Family, variation contemporaine autour d’une famille dispersée qui dialogue avec l’héritage d’Ozu.

Il réalise également La Maison au toit rouge, Nagasaki: Memories of My Son et la comédie familiale What a Wonderful Family !. Son travail reste étroitement lié à la Shōchiku, qu’il avait rejointe en 1954.

En 2008, Yōji Yamada devient membre de l’Académie japonaise des arts. Il reçoit en 2012 l’Ordre de la Culture, l’une des principales distinctions honorifiques japonaises. La Berlinale lui avait décerné en 2010 une Berlinale Camera pour l’ensemble de sa contribution au cinéma.

Filmographie

  • L'âme du samouraï
    Tout public

    Yamada conclut sa trilogie de samouraïs avec ce récit d'un vaillant serviteur du Shogun qui perd la vue en mission. Sa femme bien-aimée se sacrifie pour sauver son honneur. Le samouraï jure alors de venger son amour perdu et de laver son honneur de guerrier.

    2006 2h01 Réalisateur Scénario

  • La Servante et le Samouraï
    Tout public

    Japon, XIXe siècle. Le déclin de la classe guerrière des samouraïs et des shoguns a durement frappé le petit fief d'Unasaka, situé sur la côte nord-ouest du pays. Le samouraï Yaichiro Hazama se rend à Edo, ville lointaine, pour occuper un poste important au sein de l'organisation du clan, tandis que ses amis samouraïs, Munezo et Samon, retournent à Unasaka, le village natal de Munezo. Malgré leurs revenus modestes, ils vivent confortablement chez la mère de Munezo, avec sa jeune sœur et Kie, la fille d'un fermier voisin, qui travaille comme domestique et espère se marier. Au cours des trois années suivantes, la mère de Munezo décède, Samon épouse sa sœur et Kie épouse le fils d'une riche famille de marchands Iseya.

    2004 2h12 Réalisateur Scénario

  • Le Samouraï du crépuscule
    Tout public

    A l'époque du déclin des samouraïs, à l'aube de l'ère Meiji. Seibei Iguchi est un samouraï de basse caste. Devenu veuf, il doit s'occuper seul de ses deux fillettes, de sa mère malade, après de lourdes heures de travail comme gestionnaire d'entrepôt. Comme il rentre toujours tôt, ses amis et voisins le surnomment "Seibei le Crépuscule". Ils lui conseillent de se remarier, mais comme il est pauvre, il devra se contenter de n'importe quelle femme.C'est alors que réapparait la belle Tomoe, son amour de jeunesse, qui a divorcé d'un mari brutal. Un soir qu'ils sont ensemble, l'ex-mari, en état d'ivresse, les surprend, et provoque Seibei en duel : ce dernier arrive néanmoins à le vaincre avec une simple épée de bois, en usant de techniques enseignées par un vieux maître.La rumeur de sa victoire se répand, et son clan le désigne alors pour mater un samouraï rebelle très dangereux...

    2002 2h05 Réalisateur Scénario

Récompenses

1

nomination

0

victoire

  1. 1

    2004