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Film Index

Vivian Pickles

Casting

Nationalité
 Royaume-Uni
Âge
95 ans
Autre nom
Vivian Kay Pickles
Filmographie
5 films

Biographie

Vivian Pickles, née le 21 octobre 1931 à Londres, est une actrice britannique. Elle est notamment connue pour son interprétation de Madame Chasen, la mère du personnage principal dans Harold et Maude (1971) de Hal Ashby, ainsi que pour son rôle d’Isadora Duncan dans le téléfilm biographique réalisé par Ken Russell en 1966. Sa carrière théâtrale comprend des collaborations avec John Osborne et Alan Bennett, tandis que ses rôles à l’écran lui permettent de travailler avec John Schlesinger et Lindsay Anderson.

Une carrière commencée dès l’enfance

Vivian Pickles grandit à Londres au sein d’une famille de trois enfants. Son oncle, Wilfred Pickles, est un acteur et animateur de radio britannique, notamment connu pour avoir présenté l’émission Have a Go sur la BBC.

Elle commence à travailler comme comédienne pendant son enfance, après avoir été sélectionnée par Mary Field pour participer à des productions cinématographiques destinées au jeune public. Elle tient notamment les premiers rôles du feuilleton The Adventures of Peter Joe (1945) et de Jean’s Plan (1946).

À quatorze ans, elle interprète Alice dans une adaptation télévisée d’Alice au pays des merveilles, réalisée par George More O’Ferrall et diffusée en direct depuis l’Alexandra Palace de Londres en 1946. La production est proposée par la BBC, à une époque où la télévision britannique a récemment repris ses émissions après leur interruption pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ses premières expériences théâtrales comprennent une participation à Vice Versa, au Q Theatre, aux côtés de Charles Hawtrey. Elle fait également ses débuts dans le West End avec Land of the Xmas Stocking, présenté au Duke of York’s Theatre, où elle interprète Wee Willie Winkie.

Vivian Pickles poursuit une partie de ses études en France, au Collège féminin de Bouffémont, près de Paris. Elle complète sa formation artistique à l’Aida Foster Drama School, où elle étudie notamment la danse, avant de rejoindre des compagnies théâtrales de répertoire britanniques.

Les collaborations avec John Osborne et le théâtre londonien

La scène londonienne occupe une place importante dans la carrière de Vivian Pickles. En 1952, elle apparaît à l’Aldwych Theatre dans I Capture the Castle, adaptation du roman de Dodie Smith. La distribution comprend notamment Roger Moore, qui quitte ensuite la production pour poursuivre sa carrière à Hollywood, où il est remplacé par Bill Travers.

En 1959, elle partage l’affiche avec Gordon Gostelow dans Glimpse of the Sea, pièce de Willis Hall présentée au Lyric Theatre de Hammersmith. Les deux comédiens se retrouveront dans leur vie personnelle quelques années plus tard.

Elle participe en février 1961 à la création de Pool’s Paradise, comédie de Philip King présentée au Phoenix Theatre, avec Henry Kendall.

Sa collaboration avec le dramaturge John Osborne prend une importance particulière en 1962, lorsqu’elle participe à la création de Plays for England au Royal Court Theatre de Londres. Le spectacle réunit deux pièces en un acte, The Blood of the Bambergs et Under Plain Cover. Son interprétation reçoit les éloges d’Osborne, qui évoquera son travail dans son autobiographie Looking Back.

En avril 1963, elle joue aux côtés de Peter O’Toole dans Baal de Bertolt Brecht, présenté au Phoenix Theatre. Cette pièce, écrite à la fin des années 1910, suit le parcours d’un poète dont les comportements destructeurs bouleversent son entourage.

Vivian Pickles poursuit ses engagements scéniques durant les décennies suivantes. Elle participe notamment à When We Are Married de J. B. Priestley en 1985-1986, avant de rejoindre la distribution de la création de Kafka’s Dick d’Alan Bennett au Royal Court Theatre en 1986. Cette comédie imagine une rencontre entre Franz Kafka et un homme contemporain qui admire son œuvre.

Isadora Duncan, un rôle récompensé à Monte-Carlo

En 1966, Vivian Pickles tient le rôle principal d’Isadora Duncan, the Biggest Dancer in the World, téléfilm réalisé par Ken Russell pour la BBC.

Cette production biographique retrace certains épisodes de la vie de la danseuse américaine Isadora Duncan, figure majeure de l’histoire de la danse moderne. Le film met notamment en scène ses relations avec le monde artistique européen et sa conception personnelle du mouvement chorégraphique.

Vivian Pickles interprète Duncan dans un récit qui mêle ses activités artistiques à plusieurs épisodes de sa vie privée. Le téléfilm est écrit par Sewell Stokes, auteur d’une biographie de la danseuse publiée en 1928.

Sa prestation lui vaut le prix de la meilleure actrice au Festival international de télévision de Monte-Carlo en 1967. Cette récompense constitue l’une des principales distinctions individuelles de sa carrière.

Elle poursuit son travail sur des personnages historiques dans la série Elizabeth R (1971), production de la BBC consacrée au règne d’Élisabeth Ire, interprétée par Glenda Jackson. Vivian Pickles y incarne Marie Stuart, reine d’Écosse et cousine de la souveraine anglaise, dans deux épisodes de la minisérie.

Madame Chasen dans Harold et Maude

Le rôle de Madame Chasen dans Harold et Maude (1971) de Hal Ashby demeure l’une des interprétations les plus connues de Vivian Pickles.

Cette comédie dramatique américaine, écrite par Colin Higgins, raconte la relation entre Harold, un jeune homme fasciné par la mort, et Maude, une femme âgée qui manifeste un enthousiasme constant pour l’existence. Bud Cort et Ruth Gordon interprètent les deux personnages principaux.

Vivian Pickles joue la mère de Harold, une femme fortunée et préoccupée par les convenances sociales. Face aux mises en scène macabres organisées par son fils, Madame Chasen cherche principalement à lui imposer une vie conforme aux attentes de son milieu. Elle entreprend notamment de lui trouver une épouse grâce à un questionnaire matrimonial.

Le film oppose les comportements de Harold aux réactions de sa mère, dont le détachement apparent devant les excentricités de son fils constitue un ressort comique récurrent. La performance de Vivian Pickles repose notamment sur la retenue de ses réactions et la précision de ses répliques.

À sa sortie américaine en décembre 1971, Harold et Maude reçoit un accueil critique partagé et connaît des résultats commerciaux modestes. Le film gagne progressivement un public important grâce aux séances de répertoire et aux projections universitaires, jusqu’à devenir une œuvre culte du cinéma américain des années 1970.

Le critique Vincent Canby, du New York Times, souligne notamment la capacité de Vivian Pickles à produire un effet comique par des réactions volontairement mesurées face aux provocations de Harold.

Les collaborations avec John Schlesinger et Lindsay Anderson

Le réalisateur britannique John Schlesinger dirige Vivian Pickles dans Un dimanche comme les autres (Sunday Bloody Sunday, 1971), drame réunissant Glenda Jackson, Peter Finch et Murray Head.

Elle y interprète Alva Hodson, une universitaire bohème qui emploie Alex Greville, jouée par Glenda Jackson, pour garder ses enfants. Le film explore les relations amoureuses entre trois personnages londoniens, notamment à travers la liaison qu’entretiennent simultanément Alex et le médecin Daniel Hirsh avec le même jeune homme.

Cette collaboration lui permet de retrouver Glenda Jackson, avec laquelle elle travaille également dans Elizabeth R.

Vivian Pickles tourne ensuite sous la direction de Lindsay Anderson dans Le Meilleur des mondes possible (O Lucky Man !, 1973). Elle y interprète une femme charitable venant en aide aux personnes démunies. Le film suit les aventures de Mick Travis, incarné par Malcolm McDowell, dans une satire des institutions britanniques.

Le réalisateur lui confie un second rôle dans Britannia Hospital (1982), troisième volet de sa trilogie consacrée à Mick Travis. Elle incarne cette fois Matron, la surveillante générale de l’hôpital, dont les méthodes autoritaires participent aux tensions opposant le personnel médical aux manifestants rassemblés devant l’établissement.

Le film réunit également Leonard Rossiter, Graham Crowden et Malcolm McDowell. Présenté au Festival de Cannes en 1982, il constitue le dernier long métrage de cinéma auquel participe Vivian Pickles.

Les adaptations littéraires britanniques

Les adaptations d’œuvres littéraires occupent une place régulière dans le parcours de Vivian Pickles. Dès 1948, elle interprète Catherine Linton dans une version télévisée des Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, réalisée par George More O’Ferrall.

En 1967, elle incarne Mrs Bennet dans une adaptation télévisée d’Orgueil et Préjugés de Jane Austen. Ce personnage, mère de cinq filles qu’elle souhaite marier, occupe une place importante dans les intrigues familiales du roman.

En 1979, elle joue Beatrice Lacy, sœur de Maxim de Winter, dans une adaptation de Rebecca de Daphne du Maurier. Le personnage intervient dans la découverte progressive du passé de Manderley par la nouvelle épouse de Maxim.

L’année suivante, Vivian Pickles interprète Lady Montdore dans Love in a Cold Climate, adaptation télévisée de deux romans de Nancy Mitford produite par Thames Television. L’œuvre met en scène plusieurs familles de l’aristocratie britannique dans l’entre-deux-guerres.

Elle retrouve l’univers des grands romans anglais avec Jamaica Inn (1983), adaptation du roman de Daphne du Maurier réalisée par Lawrence Gordon Clark. Elle y joue Martha Yellan, personnage central de cette histoire de contrebande située dans les Cornouailles.

Son travail comprend également une adaptation radiophonique des récits de P. G. Wodehouse, dans laquelle elle prête sa voix à tante Dahlia. Elle reprend ce personnage à l’écran dans la série Jeeves and Wooster, avec Stephen Fry et Hugh Laurie.

Vie familiale et participation à un ouvrage sur le cinéma britannique

En février 1964, Vivian Pickles épouse l’acteur britannique Gordon Gostelow, qu’elle avait rencontré dans le milieu théâtral londonien. Le couple a un fils, Harry Gostelow, également devenu acteur. Leur mariage dure jusqu’à la mort de Gordon Gostelow, le 3 juin 2007.

Parmi ses dernières apparitions télévisées figure le rôle de tante Sylvie dans la sitcom britannique Birds of a Feather, diffusée sur BBC One. Elle y participe entre 1990 et 1992, auprès notamment de Pauline Quirke et Linda Robson.

En 1999, elle interprète Agnes Sampson, une ancienne institutrice, dans L’Ombre de la mort (Death’s Shadow), épisode de la deuxième saison d’Inspecteur Barnaby. Cette apparition marque la fin de son activité d’actrice à l’écran.

En 2014, Vivian Pickles collabore avec l’écrivain Paul Sutton à l’ouvrage Six English Filmmakers. Elle y revient notamment sur son travail avec Ken Russell dans Isadora Duncan, the Biggest Dancer in the World, évoquant les circonstances de cette production télévisée et son interprétation de la danseuse américaine.

Filmographie

  • Britannia Hospital
    Tout public

    Alors que le pays est en plein conflit social, avec émeutes et même attentats sanglants, le Britannia Hospital s’apprête à fêter ses 500 ans d’existence en recevant la Reine-mère, pour une visite des différents services et l’inauguration d’un tout nouveau bâtiment réservé au Professeur Millar. Anglais jusqu’au bout des ongles (parfaitement manucurés), ce ponte de la médecine cultive une mégalomanie galopante entretenue par une assistante dévouée corps et âme. Dans son antre ultra-moderne, il entretient des membres humains prélevés sur des patients fraîchement décédés (et qu’il a d’ailleurs parfois aidés pour cela) dans le but de réaliser une expérience de chirurgie totale et de créer un homme de toutes pièces. Oui, Millar est un nouveau Docteur Frankenstein…

    1982 1h56 Matron

  • Le meilleur des mondes possibles
    Tout public

    Durant son voyage, Travis apprend qu’il lui faut renoncer à ses principes afin de réussir mais qu’à la différence des autres personnages qu’il croise, il doit conserver un certain détachement pour mettre de la distance entre lui et les maux du monde : c’est pour cela que ce film est souvent considéré comme une réécriture du Candide de Voltaire. Dans le film, Travis devient successivement vendeur de café (il travaille pour Imperial Coffee dans le Nord-Est de l’Angleterre et l’Écosse), victime de torture dans un établissement gouvernemental et cobaye pour la recherche médicale sous la supervision du Dr Millar.

    1973 2h58 Good Lady

  • Harold et Maude
    Tout public

    Fils de riches bourgeois, dominé par une mère possessive, Harold Chasen passe son temps libre à simuler des suicides et à suivre dans son corbillard personnel les enterrements de personnes qu’il ne connaît pas. C’est ainsi qu’il rencontre Maude, une charmante vieille dame de presque 80 ans. Tous deux sympathisent aussitôt. Maude communique sa joie de vivre à Harold. Le jeune homme s’emploie à décourager les prétendantes au mariage que lui présente sa mère. Il ne se sent bien qu’en compagnie de Maude. Celle-ci, après une existence bien remplie, vit la bohème dans un wagon abandonné où elle se sent bien…

    1971 1h36 Mrs. Chasen

  • Nicolas et Alexandra
    Tout public

    En 1904, Nicolas II, qui vient d’avoir un fils, est préoccupé par la guerre russo-japonaise, qui vient d’éclater, et par les revendications de plus en plus insistantes de son peuple, désireux d’obtenir un gouvernement représentatif. On diagnostique bientôt une hémophilie chez le jeune héritier, Alexis. Sa mère Alexandra, impératrice instable et peu appréciée de la famille de son mari, tombe sous l’emprise d’un paysan sibérien, Raspoutine, qui la persuade qu’il est capable de guérir l’enfant. Nicolas II finit par croire en ses pouvoirs, tandis que Lénine et le Parti bolchevique, alors dans la clandestinité, commencent eux aussi à saper le régime.

    1971 3h09 Mme. Krupskaya

  • Un dimanche comme les autres
    Tout public

    Alex Greville, une femme active récemment divorcée, entame une liaison avec Bob Elkin, un artiste séduisant et branché, tout en étant parfaitement consciente qu’il entretient également une relation intime avec Daniel Hirsh, un médecin d’âge mûr. Pour Alex comme pour Daniel, ce jeune homme incarne une rupture avec un passé marqué par la répression ; bien qu’ils sachent tous deux que Bob fréquente l’autre partenaire, aucun d’eux ne se résout à renoncer à la jeunesse et à la vitalité qu’il insuffle à leurs vies par ailleurs stables.

    1971 1h50 Alva Hodson