Taiji Tonoyama
Casting
- Nationalité
- Japon
- Naissance
- 17 octobre 1915 à Tokyo (Japon)
- Mort
- 30 avril 1989
- Âge
- 73 ans
- Autre nom
- 殿山泰司
- Filmographie
- 7 films
Biographie
Taiji Tonoyama est un acteur et essayiste japonais, né le 17 octobre 1915 à Tokyo, dans le quartier de Ginza, et mort le 30 avril 1989, à l’âge de 73 ans. Figure du cinéma japonais de l’après-guerre, il participe à plus de 230 films au cours d’une carrière commencée en 1939. Il est particulièrement connu pour sa longue collaboration avec le réalisateur Kaneto Shindō, notamment dans L’Île nue (1960) et L’Homme (1962). Il publie également plusieurs ouvrages autobiographiques dans lesquels il se présente avec humour comme un « acteur de troisième ordre ».
Du théâtre à la création d’une société indépendante
Taiji Tonoyama grandit à Tokyo et fréquente le troisième établissement commercial préfectoral, qu’il quitte avant la fin de ses études. En 1936, il rejoint la troupe du Shin Tsukiji Gekidan, l’une des compagnies japonaises issues du mouvement du théâtre moderne, où il reçoit sa formation de comédien. Il fait ses débuts au cinéma en 1939, avant d’entrer en 1942 dans les studios de la société Shōchiku, à Kyoto.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé dans l’armée impériale japonaise et envoyé en Chine. Il y demeure jusqu’à la fin du conflit, puis rentre au Japon après sa démobilisation. Son expérience militaire occupera une place importante dans ses écrits autobiographiques, où il évoque notamment les conditions de vie des soldats et son hostilité à l’égard de l’institution militaire.
Après la guerre, Taiji Tonoyama reprend son activité de comédien à la Shōchiku. À partir de 1947, il travaille régulièrement dans les films réalisés par Kōzaburō Yoshimura sur des scénarios de Kaneto Shindō. Cette collaboration lui permet de participer à des productions consacrées à la société japonaise de l’après-guerre.
En 1950, il quitte la Shōchiku avec Yoshimura et Shindō pour participer à la fondation de la Kindai Eiga Kyōkai, société de production indépendante. Cette structure permet aux cinéastes de réaliser des œuvres en dehors des grands studios japonais. Taiji Tonoyama y poursuit une collaboration durable avec Shindō, dont il devient l’un des interprètes réguliers.
La fidélité à Kaneto Shindō
La relation professionnelle entre Taiji Tonoyama et Kaneto Shindō occupe une place centrale dans leur parcours respectif. L’acteur participe à de nombreuses réalisations du cinéaste, parmi lesquelles Les Enfants d’Hiroshima (1952), consacré aux conséquences du bombardement atomique du 6 août 1945.
En 1960, il tient l’un des deux rôles principaux de L’Île nue (Hadaka no shima), aux côtés de Nobuko Otowa, autre interprète régulière de Shindō. Le film suit un couple de paysans qui cultive une petite île dépourvue d’eau douce dans la mer intérieure de Seto. Les deux personnages doivent quotidiennement transporter de l’eau depuis une île voisine pour irriguer leurs plantations. Presque entièrement dépourvu de dialogues, le récit accorde une place essentielle aux gestes répétitifs et aux efforts physiques des acteurs.
Réalisé avec des moyens limités par la Kindai Eiga Kyōkai, L’Île nue obtient le Grand Prix du Festival international du film de Moscou en 1961. Sa diffusion internationale contribue à faire connaître le travail de Shindō et de ses interprètes.
Deux ans plus tard, Taiji Tonoyama retrouve le réalisateur dans L’Homme (Ningen, 1962), adaptation d’une œuvre de Yaeko Nogami. Il y interprète Kamegorō, l’un des passagers d’une embarcation dont les occupants se retrouvent confrontés à la faim et aux tensions provoquées par leur isolement en mer. Sa prestation lui vaut le prix du meilleur acteur au concours cinématographique Mainichi pour l’année 1962, ainsi qu’une récompense décernée par la NHK.
La collaboration avec Shindō se poursuit pendant plusieurs décennies. Elle repose également sur une relation personnelle d’amitié, qui conduira le cinéaste à consacrer après la mort de l’acteur un livre et un film à sa mémoire.
Un acteur de caractère auprès des grands cinéastes japonais
Au cours de sa carrière, Taiji Tonoyama travaille également avec plusieurs réalisateurs importants du cinéma japonais. Yasujirō Ozu lui confie des rôles secondaires, notamment dans Récit d’un propriétaire (1947) et Bonjour (1959). Il apparaît aussi dans des œuvres de Yūzō Kawashima, cinéaste avec lequel il partage un goût pour les personnages marginaux et les situations comiques.
Sa collaboration avec Shōhei Imamura comprend notamment Profond Désir des dieux (1968) et La Ballade de Narayama (1983), deux films consacrés à des communautés rurales et aux rapports entre les individus et les traditions. Il travaille également avec Nagisa Ōshima, notamment dans L’Empire des sens (1976), et participe à plusieurs productions de Masahiro Shinoda.
Sa petite taille, son visage très expressif et son crâne dégarni le rendent facilement reconnaissable. Taiji Tonoyama interprète fréquemment des personnages issus des classes populaires, auxquels il apporte une présence physique caractéristique. Son activité lui permet de travailler aussi bien dans des productions commerciales que dans des films indépendants, sans être lié exclusivement à un réalisateur ou à une société de production.
L’écriture autobiographique et les passions personnelles
Parallèlement à son métier d’acteur, Taiji Tonoyama développe une importante activité d’essayiste. Il publie des récits autobiographiques dans lesquels il évoque son enfance, son expérience militaire et ses relations avec le milieu cinématographique. Il adopte volontiers un ton familier et provocateur, utilisant le surnom de « sanmon yakusha », littéralement « acteur à trois sous », pour se désigner lui-même.
Son ouvrage Sanmon yakusha anaakīden, publié en plusieurs volumes, retrace notamment son parcours depuis sa jeunesse jusqu’à ses collaborations avec les cinéastes indépendants. Il consacre également de nombreux textes à ses voyages au Japon et à ses rencontres. Son écriture conserve des expressions orales et une liberté de ton qui caractérisent ses chroniques personnelles.
Amateur de jazz et de romans policiers, Taiji Tonoyama tient aussi un journal dans lequel il raconte ses occupations quotidiennes. Une partie de ces textes est réunie dans JAMJAM nikki, dont les entrées couvrent notamment les années 1976 et 1977. Il y relate ses lectures, ses écoutes musicales et ses activités professionnelles.
Ses écrits font l’objet de plusieurs rééditions posthumes par l’éditeur japonais Chikuma Shobō, notamment sous la forme de recueils d’essais et de volumes autobiographiques.
Un hommage cinématographique de Kaneto Shindō
Après la mort de Taiji Tonoyama, survenue le 30 avril 1989, Kaneto Shindō entreprend de retracer la vie de son ami et collaborateur. Il lui consacre une biographie intitulée Sanmon yakusha no shi, publiée en 2000, puis réalise la même année le film Sanmon yakusha (By Player).
Le rôle de Taiji Tonoyama est confié à Naoto Takenaka. Le film associe des scènes reconstituées à des extraits d’œuvres dans lesquelles l’acteur avait joué. Nobuko Otowa, compagne et collaboratrice de Shindō, apparaît dans des séquences tournées avant sa mort en 1994, où elle s’adresse à Tonoyama comme si elle évoquait avec lui leurs souvenirs communs.
À travers ces témoignages et ces reconstitutions, Shindō évoque notamment la vie sentimentale de Taiji Tonoyama, son rapport à l’alcool et son activité au sein de la Kindai Eiga Kyōkai. Le film est présenté au Japon en 2000, onze ans après la disparition de l’acteur.
Filmographie
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La Ballade de NarayamaTout publicMme Orin vit avec ses fils adultes et ses petits-enfants dans un village au pied du mont sacré Narayama. Le quotidien y est rythmé par la nature. Les habitants se marient, ont des enfants, cultivent les champs et tirent de la nature ce dont ils ont besoin pour survivre. Surtout durant les longs hivers, la nourriture est rare et peine à nourrir tout le monde. Il arrive que les nouveau-nés mâles soient tués et les filles vendues. La vie au village est rude et archaïque. Lorsqu’une famille nombreuse est reconnue coupable de vol de nourriture, elle est enterrée vivante par les villageois. Afin de limiter le nombre de bouches à nourrir, la tradition veut que les villageois âgés soient emmenés à Narayama pour y mourir. Mme Orin est encore alerte, gère le foyer et est la seule du village à savoir où et comment pêcher le précieux poisson yamabe. Mais, dévouée à sa religion, elle se prépare à son dernier voyage.
1983 2h01 Teruyan
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La Rivière de boueTout publicDeux garçons, dont les parents travaillent près d’un fleuve à Osaka, deviennent amis. Les activités de leurs parents relèvent, pour l’un, de la restauration, et pour l’autre, de la prostitution. Lorsque Nobou, le fils du restaurateur, perd son portefeuille durant le festival Tenjin, Kiichi, le fils de la prostituée, l’invite chez lui et lui révèle la vérité sur le métier qu’exerce sa mère.
1981 1h45 Man on Festival Boat
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L'Empire de la passionInterdit aux moins de 16 ansL’histoire se déroule dans un village japonais à la fin du XIXe siècle. La belle Seki est mariée à Gisaburo, un conducteur de pousse-pousse beaucoup plus âgé qu’elle. Un jour, elle rencontre Toyoji, un ancien soldat, avec qui elle entame une liaison. Seki et Toyoji décident ensemble de tuer Gisaburo ; son corps est dissimulé dans un puits. Seki prétend que son mari est parti à Tokyo chercher du travail. Trois ans plus tard, Seki et Toyoji sont hantés par le fantôme de Gisaburo. Les villageois, intrigués, alertent les autorités qui enquêtent sur sa disparition.
1978 1h50 Toichiro
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L'Île NueTout publicAu Japon, sur une minuscule île de l’archipel de Setonaikai, un couple vit avec ses deux jeunes enfants. La terre est aride et l’île ne possède pas de ressource en eau douce. Pour cultiver cette terre ingrate et survivre, le couple est donc obligé de faire de continuels voyages en barque entre la terre ferme et l’île : ramener l’eau précieuse et en arroser avec attention et parcimonie chacun des plants cultivés. Ces gestes renouvelés sans cesse rythment le quotidien. Les jours passent, puis les saisons. Un jour, alors que les parents sont partis chercher l’eau, un des enfants tombe malade, sans raison. Il meurt rapidement sans que personne n’ait pu faire quoi que ce soit pour le sauver. Ses camarades de classe arrivent en bateau pour lui rendre un dernier hommage, puis repartent. Malgré un bref moment de révolte de la mère contre cette vie, le rituel reprend.
1960 1h36 Senta
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La Condition de l’homme ITout publicPartie 1 : Il n’y a pas de plus grand amour, 1943. Kaji (Tatsuya Nakadai) travaille pour une compagnie qui exploite des gisements de minerai. Il est envoyé à Lo Hu liang, dans le sud de la Mandchourie (état du Mandchoukouo), pour s’occuper des ouvriers chinois travaillant dans les mines de fer, qui sont bientôt rejoints par des hordes de prisonniers. Horrifié par les conditions inhumaines de travail, il tente de se battre pour améliorer leur sort mais rencontre l’hostilité de ses collègues et de sa hiérarchie. Alors qu’il s’oppose à l’exécution d’un prisonnier, Kaji est arrêté par la police, séparé de sa femme Michiko, torturé et mobilisé dans l’armée japonaise.
1959 3h24
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La Porte de l'enferTout publicAu XIIe siècle, alors que les guerres civiles font rage, le samouraï Moritō est chargé par l’empereur de traverser le territoire afin de distraire l’attention des rebelles. Il doit par la même occasion escorter la jolie servante Kesa. Sa mission accomplie, Moritō demande une récompense impossible: la main d’une femme mariée…
1954 1h29 Kakisuke
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Le roman de GenjiTout publicGenji, fils illégitime d’un potentat japonais, applique la philosophie du « je les aime et je les quitte » comme une évidence. Ce n’est que lorsque son cœur est brisé par Awaji qu’il prend conscience de la douleur qu’il a lui-même infligée.
1951 2h04 Priest