Subrata Mitra
Images
- Nationalité
- Inde
- Naissance
- 12 octobre 1930 à Kolkata (Inde)
- Mort
- 7 décembre 2001
- Âge
- 71 ans
- Autre nom
- সুব্রত মিত্র
- Filmographie
- 4 films
Biographie
Subrata Mitra, né le 12 octobre 1930 à Calcutta (aujourd’hui Kolkata), dans l’Inde britannique, et mort en décembre 2001 dans la même ville, est un directeur de la photographie indien. Il est particulièrement connu pour sa collaboration avec le réalisateur Satyajit Ray, dont il photographie la Trilogie d’Apu (1955-1959), ainsi que pour ses innovations dans l’éclairage cinématographique, notamment la technique de la lumière réfléchie (bounce lighting). Il travaille également avec le réalisateur James Ivory et reçoit en 1992 une distinction honorifique de la société Eastman Kodak pour l’ensemble de son œuvre.
La photographie et la découverte du cinéma auprès de Jean Renoir
Fils de Shanti et Sudhangshu Bhushan Mitra, Subrata Mitra grandit à Calcutta, dans une famille bengalie cultivée. Il fréquente la Ballygunge Government High School et s’intéresse très jeune au cinéma, particulièrement aux productions britanniques et américaines. Attiré également par la photographie, il envisage de devenir directeur de la photographie, un métier dont l’apprentissage repose alors largement sur l’expérience acquise auprès de techniciens professionnels.
En 1950, le tournage du Fleuve (The River) de Jean Renoir à Calcutta lui permet de découvrir directement le fonctionnement d’une équipe cinématographique. Il cherche à participer à cette production sans parvenir à obtenir un engagement. Il assiste néanmoins à de nombreuses journées de tournage, prenant des notes sur les méthodes du réalisateur et sur le travail de son frère, le directeur de la photographie Claude Renoir. Le film, adapté du roman de Rumer Godden, utilise abondamment les décors naturels du Bengale et accorde une place importante à la lumière extérieure.
Pendant cette expérience, Subrata Mitra rencontre Satyajit Ray, alors graphiste publicitaire, lui aussi venu observer le travail de Renoir. Les deux hommes partagent un intérêt pour le réalisme cinématographique et pour la photographie d’Henri Cartier-Bresson, dont les images de l’Inde retiennent particulièrement leur attention.
Lorsque Ray entreprend la réalisation de son premier long métrage, La Complainte du sentier (Pather Panchali, 1955), il choisit Subrata Mitra comme directeur de la photographie. Celui-ci n’a alors jamais utilisé de caméra de cinéma ni travaillé comme assistant opérateur. Le tournage commence en 1952, avec des moyens financiers limités, et connaît plusieurs interruptions avant son achèvement en 1955.
Le film raconte l’enfance d’Apu et de sa sœur Durga dans une famille pauvre d’un village bengali. Une grande partie des séquences est réalisée en décors naturels, dans la région de Calcutta. Subrata Mitra utilise principalement la lumière disponible et adapte ses prises de vues aux variations météorologiques. Le film est présenté au Festival de Cannes en 1956, où il remporte le prix du document humain.
L’invention d’un éclairage naturaliste
La collaboration entre Subrata Mitra et Satyajit Ray donne naissance à une innovation technique importante lors du tournage d’L’Invaincu (Aparajito, 1956), deuxième volet de la Trilogie d’Apu. Pour représenter la cour intérieure d’une habitation de Bénarès, le décorateur Bansi Chandragupta fait construire un décor en studio, alors qu’une installation extérieure avait initialement été envisagée.
La difficulté consiste à reproduire l’éclairage naturel d’une cour ouverte sur le ciel, caractérisé par une lumière diffuse et des ombres peu marquées. Les méthodes traditionnelles d’éclairage direct produisent des contrastes trop prononcés. Subrata Mitra met alors au point un dispositif dans lequel des projecteurs sont dirigés vers une grande surface blanche placée au-dessus du décor. La lumière est réfléchie par cette surface avant d’atteindre les acteurs et les éléments de la scène.
Ce procédé, appelé bounce lighting, permet d’obtenir une lumière indirecte proche de celle d’un ciel couvert. Le dispositif est progressivement perfectionné à l’aide de surfaces réfléchissantes de différentes dimensions, de tissus diffusants et de panneaux présentant diverses nuances de gris. Il devient ainsi possible de simuler en studio les variations de luminosité correspondant aux différentes heures de la journée.
L’utilisation de cet éclairage prend une importance particulière dans Le Monde d’Apu (Apur Sansar, 1959), dernier volet de la trilogie. Les scènes situées dans la petite chambre du personnage principal, interprété par Soumitra Chatterjee, sont tournées dans un décor construit en studio. Subrata Mitra y reproduit les variations de la lumière entrant par les fenêtres afin de donner à cet espace artificiel l’apparence d’un intérieur réel.
Dans La Grande Ville (Mahanagar, 1963), la lumière participe également à la représentation des différentes heures du jour dans les intérieurs familiaux. Le réalisateur et son chef opérateur ajustent les sources lumineuses pour assurer la continuité entre des plans tournés à des moments différents.
Cette recherche d’un éclairage discret s’accompagne d’une attention particulière à la composition des images. Subrata Mitra travaille notamment sur la profondeur des décors et sur la disposition des personnages dans l’espace, tout en maintenant une continuité visuelle entre les prises de vues en extérieur et celles réalisées en studio.
La collaboration avec James Ivory et Ismail Merchant
À partir des années 1960, Subrata Mitra participe aux premières productions du réalisateur américain James Ivory et du producteur indien Ismail Merchant. Cette collaboration commence avec The Householder (1963), adaptation d’un roman de Ruth Prawer Jhabvala consacré à un jeune enseignant indien, interprété par Shashi Kapoor, qui découvre les difficultés de la vie conjugale. Le tournage se déroule à Delhi et dans ses environs.
James Ivory, qui réalise alors son premier long métrage de fiction, bénéficie de l’expérience du chef opérateur. Subrata Mitra participe à la préparation des prises de vues et aide le réalisateur à décomposer les scènes en plans successifs. Leur collaboration porte notamment sur le choix des cadrages et sur la manière de photographier les visages des interprètes.
Le travail de Subrata Mitra sur les gros plans retient particulièrement l’attention d’Ivory. Le cinéaste privilégie une photographie qui révèle les expressions des personnages sans recourir à un éclairage destiné uniquement à embellir les visages. Le chef opérateur adapte les sources lumineuses à la physionomie des acteurs et aux conditions particulières de chaque scène.
Les deux hommes poursuivent leur collaboration avec Shakespeare Wallah (1965), qui raconte les difficultés d’une troupe de théâtre britannique parcourant l’Inde après l’indépendance du pays. Le film réunit notamment Felicity Kendal et Shashi Kapoor. Subrata Mitra photographie les déplacements des comédiens dans plusieurs régions indiennes, ainsi que leurs représentations devant des publics dont les goûts évoluent avec les transformations de la société.
La collaboration se poursuit jusqu’à Bombay Talkie (1970), satire du cinéma commercial indien réalisée par James Ivory. Le film donne à Subrata Mitra l’occasion de photographier des studios de Bombay et les décors de productions musicales, dans lesquels les éclairages artificiels occupent une place importante.
Son activité internationale comprend également une collaboration avec la réalisatrice hongkongaise Tang Shu-shuen, pour laquelle il réalise des prises de vues extérieures de L’Arche (The Arch, 1969), drame historique situé dans la Chine du XVIIe siècle.
Les distinctions professionnelles et l’enseignement de la photographie
La collaboration de Subrata Mitra avec Satyajit Ray prend fin après Le Héros (Nayak, 1966). Ce film, interprété par Uttam Kumar et Sharmila Tagore, raconte le voyage en train d’une vedette du cinéma bengali qui se confie à une journaliste. À partir de cette période, Ray assure lui-même le cadrage de ses films, tandis que Soumendu Roy, ancien assistant de Subrata Mitra, devient son principal directeur de la photographie.
L’une des dernières grandes distinctions cinématographiques de Subrata Mitra récompense son travail sur New Delhi Times (1986), réalisé par Romesh Sharma. Le film met en scène Shashi Kapoor dans le rôle d’un journaliste enquêtant sur une affaire criminelle dont les ramifications conduisent vers les milieux politiques. Le chef opérateur reçoit pour cette production le National Film Award de la meilleure photographie, attribué au titre de l’année 1985 et remis lors de la cérémonie de 1986.
En 1986, le gouvernement indien lui décerne également le Padma Shri, l’une des distinctions civiles nationales du pays, pour sa contribution au cinéma. En 1992, il reçoit le prix Eastman Kodak récompensant l’ensemble de sa carrière de directeur de la photographie.
L’enseignement occupe une place importante dans ses dernières années. Subrata Mitra intervient comme professeur invité au Film and Television Institute of India, à Pune, où il transmet notamment son expérience de l’éclairage indirect et de la photographie en décors naturels.
À partir de 1997, il enseigne au Satyajit Ray Film and Television Institute, à Kolkata, établissement public de formation aux métiers du cinéma. Il participe au développement de son département de photographie cinématographique, dont il contribue à définir les principes pédagogiques. Ses enseignements accordent une place importante aux propriétés physiques de la lumière et à leur application pratique dans la construction des images. Il conserve cette activité jusqu’à sa mort, en décembre 2001.
Filmographie
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Le Monde d'ApuTout publicÀ Calcutta, Apu est un jeune diplômé brillant qui ne trouve pas de travail et tue le temps en écrivant son autobiographie. Alors qu’il assiste à un mariage, l’union est annulée car le futur époux souffre de graves problèmes mentaux. Tous les villageois tentent alors de marier coûte que coûte la fiancée. Apu, bienveillant, accepte de se lier avec elle.
1959 1h57 Directeur de la photographie
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L'InvaincuTout publicApu et sa famille ont quitté leur pays pour s’installer dans la ville sainte et animée de Bénarès. Tandis qu’il passe de l’enfance émerveillée à l’adolescence intellectuellement curieuse, puis aux études à Calcutta, nous assistons à son éducation, tant scolaire que morale, ainsi qu’à la complexification croissante de sa relation avec sa mère.
1956 1h50 Directeur de la photographie
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La Complainte du sentierTout publicDans un petit village du Bengale, vers 1910, Apu, un garçon de 7 ans, vit pauvrement avec sa famille dans la maison ancestrale. Son père, se réfugiant dans ses ambitions littéraires, laisse sa famille s’enfoncer dans la misère. Apu va alors découvrir le monde, avec ses deuils et ses fêtes, ses joies et ses drames.
1955 2h05 Directeur de la photographie
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Le FleuveTout publicSur les bords d’un grand fleuve indien vit une famille britannique. Les deux filles de la maison se lient d’amitié avec la fille de leur voisin, Melanie, née d’une mère hindoue. La venue du jeune capitaine John va troubler le cœur des jeunes filles. Mais ce dernier, souffrant d’une infirmité, refusera l’amour qui lui est offert.
1951 1h40 Photographe de plateau