Shima Iwashita
Casting
- Nationalité
- Japon
- Naissance
- 3 janvier 1941 à Tokyo (Japon)
- Âge
- 85 ans
- Autre nom
- 岩下志麻
- Filmographie
- 4 films
Biographie
Shima Iwashita, née le 3 janvier 1941 à Tokyo, est une actrice japonaise. Apparue à la télévision dès la fin des années 1950, elle entre à la Shōchiku en 1960 et devient rapidement l’une des principales actrices du studio. Elle tourne notamment avec Yasujirō Ozu, Masaki Kobayashi et Yoshitarō Nomura, mais sa carrière reste particulièrement liée à celle du cinéaste Masahiro Shinoda, qu’elle épouse en 1967. À partir des années 1980, la série Femmes de yakuzas (Gokudō no onna-tachi) renouvelle son image auprès du grand public.
De la télévision à la Shōchiku
Shima Iwashita commence à apparaître à la télévision en 1958, notamment dans la série de la NHK Basudōri ura. Elle entreprend parallèlement des études à l’université Seijō, qu’elle abandonne lorsqu’elle choisit de se consacrer à sa carrière d’actrice. En 1960, elle rejoint la Shōchiku, l’un des grands studios japonais.
Ses premiers rôles de cinéma lui permettent de travailler très vite avec plusieurs figures majeures du studio. Elle apparaît en 1960 dans La Rivière Fuefuki de Keisuke Kinoshita et dans Fin d’automne de Yasujirō Ozu. Deux ans plus tard, Ozu lui confie le rôle de Michiko dans Le Goût du saké, son dernier film. Shima Iwashita y incarne la fille du personnage joué par Chishū Ryū, jeune femme dont le mariage oblige son père veuf à affronter sa propre solitude.
Durant cette même période, la Shōchiku l’emploie abondamment dans des mélodrames et des films destinés à un large public. Des productions comme Gakusei geisha: Koi to kenka ou Shima sodachi témoignent de la rapidité avec laquelle elle accède aux premiers rôles.
Des rôles qui imposent une actrice dramatique
La première moitié des années 1960 élargit nettement son registre. Dans Harakiri de Masaki Kobayashi, sorti en 1962, elle interprète Miho, fille du rōnin Hanshirō Tsugumo. Son personnage se trouve au cœur du drame familial qui motive la confrontation entre Tsugumo et le clan Iyi.
En 1963, elle tient un double rôle dans Koto (Twin Sisters of Kyoto), adaptation de Yasunari Kawabata réalisée par Noboru Nakamura. L’interprétation de deux sœurs jumelles séparées à la naissance contribue à renforcer sa réputation d’actrice dramatique. La même décennie la voit passer de l’image de jeune première de studio à des personnages plus tourmentés et psychologiquement complexes.
Elle travaille également avec Yoshitarō Nomura, autre réalisateur important de la Shōchiku. Cette collaboration se prolongera pendant plusieurs décennies et la conduira à certains rôles particulièrement sombres, notamment dans Le Démon en 1978, où elle incarne l’épouse d’un imprimeur confrontée à l’arrivée des trois enfants illégitimes de son mari.
Masahiro Shinoda, partenaire artistique et époux
La rencontre professionnelle avec Masahiro Shinoda devient déterminante. Shima Iwashita apparaît pour la première fois dans l’un de ses films avec Dry Lake en 1960, qui constitue également ses débuts au cinéma selon le BFI. Shinoda appartient alors, avec Nagisa Ōshima et Yoshishige Yoshida, à la génération de jeunes réalisateurs promus par la Shōchiku au moment de la Nouvelle Vague japonaise.
La collaboration se poursuit dans de nombreux films. Shima Iwashita joue notamment dans With Beauty and Sorrow, adaptation de Kawabata sortie en 1965. Elle épouse Shinoda en 1967. Le couple fonde ensuite une structure de production indépendante, qui leur permet de travailler hors du cadre traditionnel des studios.
Leur association trouve l’une de ses expressions les plus marquantes dans Double Suicide (Shinjū: Ten no Amijima, 1969), adaptation expérimentale d’une pièce de Chikamatsu Monzaemon. Shima Iwashita y tient simultanément les rôles de la courtisane Koharu et d’Osan, épouse du marchand Jihei. Le film reprend ouvertement des conventions du bunraku, notamment la présence visible des manipulateurs vêtus de noir, et le BFI souligne la force de la double interprétation de l’actrice.
Une collaboration fondée sur la transformation
Shinoda confie régulièrement à Shima Iwashita des personnages très éloignés les uns des autres. Dans Himiko en 1974, elle incarne une reine-chamane placée au centre d’un récit qui mêle pouvoir politique, croyance religieuse et représentation stylisée du Japon ancien. Le film appartient aux expériences formelles menées alors avec l’Art Theatre Guild.
Elle retrouve ensuite le cinéaste dans Sous les cerisiers en fleurs en 1975 puis dans Orin, la proscrite (Hanare goze Orin) en 1977, où elle interprète une musicienne aveugle itinérante rejetée de sa communauté. Cette dernière prestation compte parmi les rôles qui consolident définitivement sa réputation d’actrice de premier plan.
Le couple poursuit sa collaboration bien au-delà de cette période. En 1986, Shima Iwashita joue dans Gonza le lancier, nouvelle adaptation d’un texte de Chikamatsu. Elle y incarne Osai, épouse d’un maître de cérémonie du thé dont la relation avec le jeune Gonza est interprétée comme adultère. Sa prestation lui vaut une nomination parmi les meilleures actrices lors de la dixième édition des Japan Academy Prize.
Des héroïnes traversées par la violence familiale
En dehors des films de Shinoda, Shima Iwashita développe un registre particulièrement intense dans des récits familiaux où les liens conjugaux ou maternels deviennent sources de violence. Le Démon de Yoshitarō Nomura en constitue un exemple majeur. Elle y joue Oume, épouse d’un petit imprimeur interprété par Ken Ogata, brutalement confrontée aux enfants nés de la liaison de son mari.
Ce type de personnage exploite une qualité devenue caractéristique de son jeu : une apparence très maîtrisée qui peut laisser place à une dureté, une colère ou une violence soudaines. Cette tension entre retenue extérieure et intensité dramatique se retrouve dans plusieurs de ses rôles des années 1970 et 1980.
Elle travaille également avec Shinoda sur MacArthur’s Children et Childhood Days. Dans ce dernier, sorti en 1990, elle interprète la mère du jeune protagoniste. Le film reçoit notamment le Japan Academy Prize du meilleur film et vaut à Shima Iwashita une nouvelle citation parmi les meilleures actrices.
Femmes de yakuzas et une nouvelle image populaire
En 1986, Shima Iwashita tient le premier rôle de Gokudō no onna-tachi, distribué à l’étranger sous le titre Yakuza Wives et en français sous celui de Femmes de yakuzas. Elle y incarne une femme occupant une position de pouvoir dans l’univers du crime organisé. Le rôle rompt avec l’image plus classique que certains de ses films antérieurs avaient associée à l’actrice.
Le succès du film conduit à plusieurs suites et variations, dont Shima Iwashita devient l’une des figures emblématiques. Sa diction ferme, son port très contrôlé et sa capacité à passer de l’élégance à la menace donnent à ces personnages une identité immédiatement reconnaissable. La Japan Academy Prize Association la cite parmi les meilleures actrices pour Gokudō no onna-tachi et Gonza le lancier en 1987, puis à nouveau pour plusieurs épisodes ultérieurs de la série.
Cette série lui permet de toucher un public qui ne l’identifie plus seulement aux grands auteurs des années 1960 et 1970. Elle devient durablement associée à l’image de femmes d’autorité évoluant dans un univers masculin, alors même que son parcours antérieur avait reposé sur une gamme de personnages beaucoup plus large.
Une carrière également présente à la télévision
Shima Iwashita conserve parallèlement une activité importante à la télévision. Elle apparaît dans plusieurs grandes séries historiques de la NHK, parmi lesquelles Kusa moeru en 1979, Dokuganryū Masamune en 1987 et Aoi: Tokugawa Sandai en 2000.
Son parcours fait ainsi dialoguer plusieurs générations du cinéma japonais : le système des studios de l’après-guerre avec Ozu et Kinoshita, la Nouvelle Vague avec Shinoda, les productions indépendantes des années 1970, puis le cinéma populaire de genre à partir des années 1980. Cette longévité lui vaut également une reconnaissance institutionnelle : elle reçoit en 2012 l’ordre du Soleil levant, Rayons d’or avec rosette, pour sa contribution aux arts.
Filmographie
-
Portrait of ChiekoTout publicTakamura, poète et sculpteur, épouse Chieko, une artiste en devenir qui rêve de peindre à l'huile. Lorsqu'une série d'épreuves frappe sa famille, elle se retrouve dans l'incapacité de se confier à son mari, et la souffrance qu'elle porte en elle commence à peser lourdement sur sa santé mentale...
1967 2h05 Chieko Takamura
-
Twin Sisters of KyotoTout publicLa fille d'un marchand de tissus et de mercerie découvre avec surprise qu'elle a une sœur jumelle. Dans le Japon rural, les jumeaux étant considérés comme porteurs de malheur, cette sœur avait été abandonnée à la naissance ; plus tard, ses parents lui avaient raconté qu'elle avait été enlevée. La jeune femme ne croit pas à cette version et, lorsqu'elle finit par rencontrer sa jumelle, toutes deux vivent des histoires d'amour. La fille du marchand fréquente un homme instruit, mais des complications surviennent lorsqu'elle commence à soupçonner que celui-ci s'intéresse peut-être davantage à sa sœur.
1963 1h46 Chieko / Naeko
-
Le Goût du sakéTout publicUn père, veuf, cadre dans une entreprise industrielle vit avec sa fille et son dernier fils. Le soir, après le travail, il retrouve ses amis pour boire du saké dans un café où ils ont leurs habitudes. L'un d'eux lui propose un gendre pour sa fille. Il prend alors peu à peu conscience que sa fille est en âge de se marier et qu'il doit, au risque de se retrouver seul, libérer sa fille de son emprise paternelle.
1962 1h53 Michiko Hirayama
-
HarakiriTout publicAu XVIIe siècle, le Japon n'est plus en guerre et le pays est dirigé avec fermeté. Hanshirô Tsugumo, un rônin (samouraï errant) sans travail parmi tant d'autres, décide de frapper à la porte du puissant clan des Ii. Reçu par Kageyu Saitô, l'intendant du clan, il lui demande la permission d'accomplir le suicide par harakiri dans la résidence. Tentant de l'en dissuader, Saitô commence alors à lui raconter l'histoire de Motome Chijiwa, un ancien rônin qui souhaitait accomplir, lui aussi, le même rituel.
1962 2h15 Miho Tsugumo