Robin Campillo

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Biographie

Robin Campillo, né le 16 août 1962 à Mohammédia, au Maroc, est un réalisateur, scénariste et monteur français. Formé à l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC), il travaille étroitement avec Laurent Cantet avant de réaliser ses propres longs métrages. Son parcours est également lié à son engagement au sein d’Act Up-Paris dans les années 1990.

Une enfance marquée par Madagascar et le cinéma

Né de parents français, Robin Campillo passe une partie de son enfance hors de France en raison de la carrière militaire de son père. La famille séjourne notamment à Madagascar entre 1969 et 1971, quelques années après l’indépendance du pays. Ces deux années occupent une place précise dans ses souvenirs d’enfance et fourniront plusieurs décennies plus tard la matière autobiographique de L’Île rouge.

Le cinéma entre tôt dans la vie de Robin Campillo. Sa mère, violoniste et ancienne institutrice, est cinéphile, tandis que lui-même découvre enfant des œuvres qui nourrissent son intérêt pour la mise en scène. Vers l’âge de dix ans, à Madagascar, il voit notamment Alphaville de Jean-Luc Godard, cinéaste auquel s’ajoute Éric Rohmer parmi ses références de jeunesse.

Au début des années 1980, Robin Campillo intègre l’IDHEC à Paris. Il y rencontre Laurent Cantet, ainsi que Gilles Marchand et Dominik Moll. Cette génération d’étudiants conserve ensuite des liens professionnels durables, chacun intervenant ponctuellement sur les projets des autres comme scénariste, monteur ou technicien.

Le montage et la collaboration avec Laurent Cantet

Le travail avec Laurent Cantet devient l’une des collaborations centrales de Robin Campillo. Il participe notamment au montage et à l’écriture de plusieurs de ses films. Pour Entre les murs, Palme d’or au Festival de Cannes en 2008, il cosigne le scénario avec Laurent Cantet et François Bégaudeau et assure également le montage.

Cette adaptation du livre de François Bégaudeau apporte à Robin Campillo le César de la meilleure adaptation en 2009, partagé avec ses coscénaristes. Il reçoit la même année une nomination au César du meilleur montage. La collaboration avec Cantet se poursuit ensuite, notamment sur L’Atelier, présenté dans la section Un Certain Regard à Cannes en 2017.

Pour Robin Campillo, le montage demeure une activité distincte de la seule étape technique de postproduction. Sa formation à l’IDHEC l’avait habitué à intervenir à différentes places sur les films de ses camarades, pratique qu’il conserve dans ses collaborations professionnelles. Lorsqu’il réalise lui-même, il assure également le montage de plusieurs de ses longs métrages.

Act Up-Paris et les années de lutte contre le sida

En 1992, Robin Campillo rejoint Act Up-Paris, association engagée dans la lutte contre le sida. Il travaille alors comme monteur pour le journal télévisé de France 3. Certaines actions militantes auxquelles il participe le matin deviennent ainsi des sujets d’actualité qu’il peut être amené à monter quelques heures plus tard pour la télévision.

L’épidémie avait déjà profondément affecté sa vie d’adulte. Robin Campillo, homosexuel, traverse une partie des années 1980 persuadé d’avoir contracté le VIH avant qu’un dépistage ne lui apprenne qu’il est séronégatif. Son engagement à Act Up le met directement au contact des débats sur les traitements, des actions publiques de l’association et des malades frappés par l’épidémie.

Durant cette période, Robin Campillo s’éloigne de ses ambitions personnelles de réalisation tout en conservant son emploi de monteur. Son activité militante occupe une grande partie des années 1990. Laurent Cantet contribue ensuite à son retour vers des projets de cinéma personnels, après leurs collaborations professionnelles.

La réalisation et la reconnaissance des festivals

En 2004, Robin Campillo réalise son premier long métrage, Les Revenants. Il met ensuite en scène Eastern Boys, présenté à la Mostra de Venise en 2013. Le film y reçoit le prix Orizzonti du meilleur film. Il vaut également à Robin Campillo des nominations aux César du meilleur réalisateur et du meilleur film en 2015.

Son troisième long métrage, 120 battements par minute, reprend comme cadre l’expérience militante d’Act Up-Paris au début des années 1990. Robin Campillo en signe la réalisation et le montage, et écrit le scénario avec Philippe Mangeot, lui aussi ancien militant d’Act Up. Nahuel Pérez Biscayart et Arnaud Valois interprètent Sean et Nathan, deux militants dont la relation se développe au sein du groupe.

Présenté en compétition au Festival de Cannes en 2017, 120 battements par minute reçoit le Grand Prix du jury. Aux César 2018, le film obtient six récompenses, dont celles du meilleur film. Robin Campillo remporte personnellement les César du meilleur scénario original et du meilleur montage, tandis qu’il est également nommé pour la réalisation.

Le souvenir personnel comme matière de cinéma

Avec L’Île rouge, Robin Campillo revient directement sur les années vécues à Madagascar entre 1969 et 1971. Le film s’inspire de son enfance sur une base militaire française dans un pays devenu indépendant en 1960, alors que la présence militaire et politique française y demeure importante.

Cette dimension autobiographique repose sur des souvenirs familiaux précis. Le père de Robin Campillo est militaire, tandis que l’enfant observe la vie quotidienne des familles françaises installées sur la base et le monde malgache qui les entoure. Le réalisateur utilise cette expérience pour reconstruire le regard d’un enfant sur les rapports entre Français et Malgaches au début des années 1970.

En 2025, Robin Campillo réalise Enzo, conçu et écrit par Laurent Cantet avant la mort de celui-ci le 25 avril 2024. Campillo, collaborateur et ami de longue date de Cantet, achève le film, dont le générique distingue explicitement la conception de Laurent Cantet et la réalisation assurée par Robin Campillo.

Filmographie

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