Rob Minkoff
- Casting
- Réalisation
- Production
- Sons
Biographie
- Nationalité
- Né le
- 11 août 1962 à Palo Alto (États-Unis)
- Âge
- 64 ans
- Autre nom
-
- Robert Ralph Minkoff
- Filmographie
- 6 films
Robert Ralph « Rob » Minkoff naît le 11 août 1962 à Palo Alto, en Californie. Adolescent, il s’intéresse sérieusement à l’animation après avoir découvert The Art of Walt Disney, ouvrage de Christopher Finch consacré à l’histoire et aux artistes du studio. Cette fascination l’amène à intégrer le programme Character Animation du California Institute of the Arts, établissement étroitement lié à la formation de plusieurs générations d’animateurs américains.
À CalArts, il rencontre notamment Chuck Jones, figure majeure de l’animation américaine, qu’il considérera comme un mentor. Une fois ses études terminées, Minkoff entre chez Walt Disney Feature Animation. Son premier poste sur un long métrage est celui d’intervalliste sur Taram et le Chaudron magique (The Black Cauldron, 1985). Il devient ensuite superviseur de l’animation du personnage d’Olivia dans Basil, détective privé en 1986 et participe à la conception des personnages du Petit Grille-pain courageux.
Roger Rabbit et l’apprentissage de la réalisation
À la fin des années 1980, Minkoff commence à passer de l’animation proprement dite à la mise en scène. Il travaille notamment sur La Petite Sirène et participe au développement de La Belle et la Bête, deux films déterminants dans le renouveau du studio Disney.
Sa première expérience importante comme réalisateur vient toutefois de Roger Rabbit. Après le succès de Qui veut la peau de Roger Rabbit, Disney produit plusieurs courts métrages mettant en scène le personnage. Minkoff réalise Tummy Trouble en 1989 puis Roller Coaster Rabbit en 1990. L’exercice exige de combiner rythme burlesque, animation extrêmement expressive et contraintes techniques liées à un personnage conçu pour exister également dans un univers mêlant prises de vues réelles et dessin animé.
Ces expériences lui permettent progressivement de passer du statut d’animateur à celui de réalisateur, alors qu’il n’a encore jamais dirigé de long métrage lorsqu’un projet beaucoup plus ambitieux lui est proposé.
Le Roi Lion, un projet initialement considéré comme risqué
Au début des années 1990, Disney développe un film dont l’histoire se déroule entièrement parmi des animaux africains. Le projet, d’abord intitulé King of the Jungle, n’est pas considéré en interne comme le titre le plus évident du studio. Une partie des animateurs préfère notamment rejoindre la production de Pocahontas, perçue comme plus prestigieuse et plus susceptible de connaître le succès. Cette situation donne paradoxalement à l’équipe du futur Roi Lion une importante liberté créative.
Minkoff est choisi pour coréaliser le film avec Roger Allers. Les deux hommes doivent articuler une histoire originale autour de Simba, jeune lion confronté à la mort de son père et à la prise de pouvoir de son oncle Scar. Le récit emprunte certains ressorts aux tragédies familiales et royales, notamment à Hamlet, tout en construisant sa propre mythologie autour du cycle de la vie.
Sorti en 1994, Le Roi Lion devient l’un des plus grands succès de l’histoire de l’animation Disney. La musique joue un rôle essentiel dans cette réception : Hans Zimmer obtient notamment l’Oscar de la meilleure musique originale et remercie lors de son discours les deux réalisateurs, Minkoff et Allers.
Pour Minkoff, alors âgé d’une trentaine d’années, cette réussite transforme immédiatement une carrière jusque-là essentiellement interne au monde de l’animation en carrière de réalisateur de premier plan.
Stuart Little et le passage aux prises de vues réelles
Plutôt que d’enchaîner immédiatement avec un autre dessin animé Disney, Minkoff se tourne vers un projet hybride. Il réalise Stuart Little, sorti en 1999 et adapté du livre d’E. B. White. Le film associe acteurs réels et personnage principal généré en images de synthèse, une souris adoptée par une famille humaine.
Cette production constitue une transition logique entre ses expériences précédentes : Minkoff applique sa connaissance de l’animation à une mise en scène dans laquelle un personnage numérique doit partager continuellement l’espace avec des comédiens et des décors physiques. Le succès du film entraîne une suite, Stuart Little 2, qu’il réalise également en 2002.
Il poursuit dans le cinéma en prises de vues réelles avec The Haunted Mansion en 2003, adaptation de l’attraction des parcs Disney avec Eddie Murphy. Son parcours devient alors inhabituel parmi les réalisateurs issus de l’animation : plutôt que de rester attaché à un studio ou à une technique, il circule entre animation traditionnelle, effets numériques et cinéma avec acteurs.
Jackie Chan, Jet Li et Le Royaume interdit
En 2008, Minkoff réalise Le Royaume interdit (The Forbidden Kingdom), film d’aventures inspiré de récits et de figures de la mythologie chinoise. Le projet est particulièrement remarqué parce qu’il réunit pour la première fois dans un même film Jackie Chan et Jet Li, deux des principales vedettes internationales du cinéma d’arts martiaux de leur génération.
Le film marque une nouvelle rupture avec les productions familiales auxquelles Minkoff est principalement associé, même s’il conserve une structure de conte initiatique et un goût prononcé pour les univers fantastiques. Il réalise ensuite Flypaper, comédie policière sortie en 2011, confirmant cette volonté de ne pas limiter sa carrière à l’animation.
Le retour à l’animation avec Mr. Peabody & Sherman
Près de vingt ans après Le Roi Lion, Minkoff revient à la réalisation d’un grand long métrage d’animation avec Mr. Peabody & Sherman, produit par DreamWorks Animation et sorti en 2014. Le film reprend les personnages créés à l’origine pour la télévision américaine à la fin des années 1950 et au début des années 1960 : Mr. Peabody, chien extraordinairement cultivé, et Sherman, son fils humain adoptif.
Contrairement aux techniques de dessin traditionnel utilisées pour Le Roi Lion, cette production est entièrement réalisée en animation numérique. Minkoff se retrouve ainsi à diriger un long métrage dans un environnement technologique profondément différent de celui de ses débuts, tout en continuant à appliquer des principes issus de l’animation classique, notamment la lisibilité des silhouettes, le rythme et l’expression des personnages. CalArts présente d’ailleurs son parcours comme celui d’un cinéaste ayant continuellement intégré les nouvelles technologies à son travail.
Il reste également lié à l’univers des personnages après le film en participant comme producteur à la série The Mr. Peabody & Sherman Show.
Paws of Fury et la continuité d’une carrière d’animateur-réalisateur
Minkoff revient encore au long métrage d’animation avec Paws of Fury: The Legend of Hank, sorti en 2022, qu’il coréalise avec Mark Koetsier et Chris Bailey et dont il est également producteur. Le film transpose les codes du western et du film de samouraïs dans un univers peuplé d’animaux anthropomorphes.
Son parcours couvre ainsi plusieurs transformations majeures de l’industrie : l’animation traditionnelle sur cellulo, le renouveau de Disney au tournant des années 1990, l’apparition des personnages numériques intégrés aux prises de vues réelles puis la généralisation de l’animation 3D. Plus de quarante ans après son passage par CalArts, Minkoff reste associé avant tout au Roi Lion, mais sa carrière se distingue précisément par sa circulation constante entre ces différentes techniques et formes de cinéma.
Filmographie
6 sur 6 films