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Film Index

Raoul Billerey

Casting

Nationalité
 France
Mort
28 juillet 2010
Âge
84 ans
Autre nom
Émile Gaston Maurice Billerey
Filmographie
4 films

Biographie

Raoul Billerey, né Émile Gaston Maurice Billerey le 12 octobre 1920 à Nice, dans les Alpes-Maritimes, et mort le 28 juillet 2010 à Limoux, dans l’Aude, est un acteur, cascadeur et maître d’armes français. Spécialiste de l’escrime artistique et de la chorégraphie des combats, il participe à de nombreux films de cape et d’épée, notamment sous la direction d’André Hunebelle. Il travaille également avec Maurice Pialat et Éric Rohmer, tout en exerçant les fonctions de directeur de combats pour le théâtre et la télévision.

L’apprentissage du théâtre et la rencontre avec Claude Carliez

Attiré par le théâtre, Raoul Billerey fait la connaissance du comédien Pierre Renoir, fils du peintre Auguste Renoir et frère du cinéaste Jean Renoir. En 1946, il fait ses débuts sur scène dans L’Amour des trois oranges, pièce de Carlo Gozzi. Il poursuit son activité théâtrale tout en développant une pratique de l’escrime destinée à la représentation dramatique.

Au début des années 1950, il se forme auprès de Claude Carliez, maître d’armes et cascadeur qui participe à de nombreuses productions cinématographiques françaises. Leur collaboration lui permet de travailler sur des combats chorégraphiés, utilisant notamment l’épée et le sabre. Les deux hommes participent à plusieurs films d’aventures réalisés par André Hunebelle, au sein d’équipes comprenant également les cascadeurs Guy Delorme et Henri Guégan.

Raoul Billerey apparaît dans Les Trois Mousquetaires (1953) d’André Hunebelle, adaptation du roman d’Alexandre Dumas avec Georges Marchal dans le rôle de d’Artagnan. Il retrouve le réalisateur dans Cadet Rousselle (1954), où il interprète plusieurs petits rôles. Il participe ensuite aux productions historiques de Hunebelle, notamment Le Bossu (1959), avec Jean Marais dans le rôle de Lagardère.

Son activité de cascadeur lui permet de prendre part à des scènes de combats collectifs et à des duels, tout en interprétant des personnages secondaires. Dans Le Capitaine Fracasse (1961), réalisé par Pierre Gaspard-Huit, il incarne Mérindol. Il retrouve également l’univers du roman d’aventures dans Le Chevalier de Pardaillan (1962), réalisé par Bernard Borderie, où il interprète Bussy.

La direction des combats d’escrime et la transmission aux acteurs

L’expérience acquise auprès de Claude Carliez conduit Raoul Billerey à exercer des responsabilités dans la préparation des scènes d’action. Il intervient comme directeur de combats d’escrime, fonction qui comprend la conception des affrontements, l’entraînement des interprètes et la coordination des cascadeurs.

Son activité est particulièrement importante dans les feuilletons historiques produits par la télévision française durant les années 1960. Il travaille notamment sur les combats de Thierry la Fronde, série créée par Jean-Claude Deret avec Jean-Claude Drouot dans le rôle principal. Il participe également à la préparation des duels de Lagardère, adaptation du roman de Paul Féval, ainsi qu’à ceux de Gaspard des montagnes.

Le 30 décembre 1967, il présente son métier dans l’émission Micros et caméras, diffusée par l’ORTF. Au cours d’un reportage réalisé par Jacques Locquin, il explique les différences entre les combats destinés au théâtre, au cinéma et à la télévision. Il montre plusieurs mouvements d’escrime, notamment la botte de Nevers, technique fictive rendue célèbre par le personnage de Lagardère.

Il décrit également les contraintes particulières liées au placement des caméras et à la nécessité de préserver la sécurité des interprètes. Certains acteurs, parmi lesquels Jean-Claude Drouot et Jean Piat, exécutent eux-mêmes leurs combats à l’écran. Raoul Billerey adapte alors les enchaînements à leurs capacités physiques et aux exigences du tournage.

Cette spécialisation se poursuit dans les productions historiques ultérieures. En 1993, il travaille comme maître d’armes sur La Reine Margot, réalisé par Patrice Chéreau d’après le roman d’Alexandre Dumas. Le film, sorti en 1994, reconstitue notamment les violences de la Saint-Barthélemy et réunit Isabelle Adjani dans le rôle de Marguerite de Valois et Daniel Auteuil dans celui d’Henri de Navarre.

Des personnages de caractère chez Maurice Pialat et Éric Rohmer

Parallèlement à son activité de spécialiste des combats, Raoul Billerey développe une carrière d’acteur dans le cinéma d’auteur français. En 1968, Maurice Pialat lui confie le rôle de Roby Joigny dans L’Enfance nue, premier long métrage du réalisateur. Le film raconte l’histoire de François, un garçon de dix ans placé dans plusieurs familles d’accueil. Avec Pierrette Deplanque, qui interprète sa femme, Raoul Billerey forme le couple qui accueille provisoirement l’enfant. Cette œuvre reçoit le prix Jean-Vigo en 1969.

En 1978, il joue Gornemant de Goort dans Perceval le Gallois, réalisé par Éric Rohmer d’après le roman inachevé de Chrétien de Troyes. Son personnage est le chevalier expérimenté qui enseigne à Perceval, interprété par Fabrice Luchini, les usages de la chevalerie et le maniement des armes. Le film adopte une représentation stylisée de l’univers médiéval, avec des décors inspirés des enluminures.

L’acteur travaille également avec Claude Miller dans L’Effrontée (1985), où il interprète le père de Charlotte, adolescente jouée par Charlotte Gainsbourg. Le film suit les vacances d’une jeune fille de treize ans qui se lie à une pianiste prodige. Raoul Billerey y incarne un père confronté aux tensions familiales et aux aspirations de sa fille.

Dans Le Grand Chemin (1987), réalisé par Jean-Loup Hubert, il joue le curé du village breton où Louis, un jeune Parisien de neuf ans, passe ses vacances. Le film, avec Richard Bohringer et Anémone, raconte les relations qui se nouent entre l’enfant et le couple qui l’héberge pendant l’été 1959.

En 1994, Bertrand Tavernier lui confie le rôle de Porthos dans La Fille de d’Artagnan, film d’aventures avec Sophie Marceau dans le rôle d’Éloïse, fille du célèbre mousquetaire. Philippe Noiret incarne d’Artagnan, tandis que Sami Frey et Jean-Luc Bideau interprètent respectivement Aramis et Athos. Raoul Billerey retrouve ainsi l’univers romanesque d’Alexandre Dumas, dans lequel il avait travaillé au début de sa carrière.

Une fidélité au théâtre et aux productions régionales

Le travail théâtral de Raoul Billerey se poursuit pendant plusieurs décennies. En 1973, il participe à Fracasse, adaptation du roman de Théophile Gautier mise en scène par Marcel Maréchal au théâtre de l’Odéon, à Paris. Cette production retrouve l’univers des comédiens itinérants et des aventures de cape et d’épée qu’il a également abordé au cinéma.

Il prend part à plusieurs spectacles de la compagnie de Marcel Maréchal, notamment à Lyon. Ses engagements théâtraux comprennent aussi des pièces contemporaines et des créations collectives. Il continue à jouer sur scène jusqu’aux dernières années de sa vie, notamment dans Jésus II, où il interprète Adam.

Installé dans l’Aude, Raoul Billerey participe à plusieurs productions tournées dans le sud de la France. En 1999, il incarne José Estrella dans Tramontane, feuilleton télévisé réalisé par Henri Helman et diffusé sur TF1. La série, dont l’intrigue se déroule dans le Languedoc, réunit notamment Alexandra Vandernoot et Georges Corraface.

Il tient également un rôle récurrent dans la série policière Quai n° 1, diffusée sur France 2. Il y interprète Camille Levasseur, personnage présent dans plusieurs saisons aux côtés de Sophie Duez, qui incarne la commissaire Marie Saint-Georges. En 2005, il joue Pardigon dans Les Enquêtes du commissaire Laviolette, adaptation télévisée des romans policiers de Pierre Magnan.

Au cinéma, il interprète le père de Félix, personnage joué par Jean Reno, dans Décalage horaire (2002) de Danièle Thompson. Il participe également à À ton image (2004), réalisé par Aruna Villiers, où il joue le père de Thomas.

Raoul Billerey meurt le 28 juillet 2010 à Limoux, à l’âge de 89 ans.

Filmographie

  • Grosse fatigue
    Tout public

    L’acteur Michel Blanc n’en croit pas ses oreilles. On lui reproche d’avoir violé Josiane Balasko, après l’avoir attachée au radiateur, de s’être montré pressant auprès de Charlotte Gainsbourg, Mathilda May et Estelle Hallyday, de s’être conduit comme un goujat au Festival de Cannes où il a exigé une suite et obtenu celle de Gérard Depardieu, parti pour quelques jours. Et le voilà maintenant impliqué dans un hold-up rue de la Paix. L’acteur craque. Injurié, harcelé par la police, rejeté par ses amis, il sombre dans un véritable cauchemar éveillé. C’est alors que Carole Bouquet lui propose de se mettre au vert dans sa maison de campagne du Luberon…

    1994 1h32 Michel Blanc's Dad

  • Ðiện Biên Phủ
    Tout public

    En mars 1954, un reporter américain se trouve à Hanoï, au moment où débute la bataille de Ðiện Biên Phủ, pour couvrir la guerre entre la France et les résistants indépendantistes de la colonie française d’Indochine. Après une bataille de 57 jours, il assiste à la victoire capitale du Viêt-Minh sur le corps expéditionnaire français.

    1992 2h11 Father Bambourger

  • 37°2 le matin
    Interdit aux moins de 12 ans

    Zorg, 35 ans, commence à avoir une certaine expérience de la vie, il est revenu de beaucoup de choses et s’apprête à souffler un peu. C’est ce moment que choisit Betty pour débarquer avec ses valises, son cœur en « skaï mauve » et même pas un ticket de train…

    1986 2h57 The Old Policeman

  • Le Capitan
    Tout public

    Paris, 1616. Louis XIII encore mineur, sa mère Marie de Médicis est régente du royaume depuis la mort d’Henri IV et confie le pouvoir à Concino Concini, un homme fourbe à l’ambition dévorante. Sur les conseils de sa dangereuse épouse, Léonora Galigaï, Concini met tout en œuvre afin de déstabiliser le pays et obtenir le pouvoir absolu. Ses hommes de main volent, pillent et saccagent les domaines de la noblesse provinciale, laquelle s’inquiète bientôt de ce désordre. Une conjuration de grands seigneurs vise à chasser Concini et à remplacer le roi défaillant par le duc Charles d’Angoulême. Le noble François de Capestan dit « Le Capitan », se lance avec esprit et une lame acérée à la conquête du trône et apprend aux adversaires du roi à se méfier. Il est lui-même en danger de mort, mais il peut aussi sauver la vie des autres et finalement gagner le cœur de Gisèle d’Angoulême.

    1960 2h00 Concini man (non-crédité)