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Film Index

Pierre Dux

Casting

Nationalité
 France
Mort
1er décembre 1990
Âge
82 ans
Autre nom
Pierre Alexandre Martin
Filmographie
5 films

Biographie

Pierre Dux est un acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français, né le 21 octobre 1908 à Paris, dans le 6e arrondissement, et mort le 1er décembre 1990 dans le même arrondissement. Figure importante du théâtre français du XXe siècle, il a été sociétaire de la Comédie-Française avant d’en exercer les fonctions d’administrateur général à deux reprises, en 1944-1945 puis de 1970 à 1979. Il a également mené une carrière au cinéma, notamment dans Z (1969) de Costa-Gavras, et reçu le Molière du comédien en 1990.

Une formation au Conservatoire et l’héritage familial du théâtre

Fils de deux comédiens, Pierre Dux grandit dans un environnement lié au théâtre. Sa mère, Émilienne Dux, est pensionnaire puis sociétaire de la Comédie-Française, tandis que son père, Alexandre Martin, connu sous le nom de scène Alexandre Vargas, exerce notamment au théâtre de l’Odéon. À sa naissance, l’enfant est déclaré sous le nom de Pierre Alexandre Martin. Il adopte professionnellement le patronyme de sa mère, avant de l’obtenir officiellement par une procédure de changement de nom en janvier 1962.

Il entre au Conservatoire national d’art dramatique de Paris, où il suit l’enseignement de Jules Truffier, lui-même ancien sociétaire de la Comédie-Française. En 1929, il remporte le premier prix de comédie en interprétant Mascarille dans Les Précieuses ridicules de Molière.

La même année, il fait ses débuts à la Comédie-Française dans le rôle de Figaro du Barbier de Séville, de Beaumarchais. Il se fait notamment remarquer dans les emplois de valets du répertoire classique, où il interprète des personnages tels que Scapin, Crispin ou Dubois. Il joue également Thomas Diafoirus dans Le Malade imaginaire, aux côtés de sa mère, qui incarne Béline.

Son activité s’étend rapidement aux œuvres de dramaturges contemporains. Il crée notamment le rôle de Léopold dans Léopold le bien-aimé de Jean Sarment et celui de Jérôme dans Cantique des cantiques de Jean Giraudoux, sous la direction de Louis Jouvet.

Le 1er janvier 1935, il devient le 389e sociétaire de la Comédie-Française, six ans après son entrée dans la troupe.

Une double vocation de comédien et de metteur en scène

À partir de la fin des années 1930, Pierre Dux développe une activité régulière de metteur en scène. Il monte notamment Le Légataire universel de Jean-François Regnard et L’Impromptu de Versailles de Molière, avant de s’attaquer à des œuvres de plus grande ampleur.

Il contribue à l’entrée de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand au répertoire de la Comédie-Française, dans une production avec André Brunot dans le rôle-titre. Il met également en scène Ruy Blas de Victor Hugo.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il poursuit son activité au sein de la Maison de Molière. Il dirige notamment La Reine morte d’Henry de Montherlant, créée à la Comédie-Française en 1942, avec Jean Yonnel dans le rôle du roi Ferrante et Madeleine Renaud dans celui d’Inès de Castro.

Il participe également, en 1943, à la création du Soulier de satin de Paul Claudel, mise en scène par Jean-Louis Barrault. Il y interprète le rôle de l’Annoncier.

À la Libération de Paris en 1944, Pierre Dux est nommé administrateur général de la Comédie-Française. Il présente un projet de réforme de l’institution, dont le rejet entraîne sa démission en juillet 1945. Il quitte alors la troupe après avoir exercé les fonctions de sociétaire pendant une dizaine d’années.

Nommé sociétaire honoraire en 1947, il conserve cependant la possibilité de revenir jouer à la Comédie-Française. Il retrouve notamment Figaro dans Le Mariage de Figaro et interprète Alceste dans Le Misanthrope, qu’il met également en scène.

L’enseignement et la direction du Théâtre de Paris

Après son premier mandat à la Comédie-Française, Pierre Dux poursuit ses responsabilités artistiques dans d’autres établissements parisiens. De 1948 à 1952, il codirige le Théâtre de Paris, tout en continuant à jouer et à monter des spectacles.

Il exerce également comme professeur au Conservatoire national d’art dramatique de 1952 à 1956, établissement où il avait lui-même été formé. Son activité pédagogique accompagne son travail d’interprétation et de mise en scène dans les théâtres privés parisiens.

Il rencontre notamment un important succès avec Patate, comédie de Marcel Achard créée en 1957. Quelques années plus tard, il participe à Mon Faust de Paul Valéry, aux côtés de Pierre Fresnay, au théâtre de l’Œuvre.

Son interprétation dans cette dernière production lui vaut le prix du Brigadier en 1962, distinction attribuée par un jury de personnalités du monde théâtral.

Ses collaborations avec Jean Giraudoux se poursuivent à la Comédie-Française. En 1959, il met en scène Électre, dont il interprète également le Mendiant. Cette production associe son activité de metteur en scène à un personnage dont les interventions occupent une place importante dans la construction dramatique de la pièce.

En 1964, il présente une nouvelle mise en scène d’Andromaque de Jean Racine. Il poursuit parallèlement son travail sur les grandes œuvres du répertoire, particulièrement celles de Molière, dont il interprète de nombreux personnages au cours de sa carrière.

Neuf années à la tête de la Comédie-Française

En 1970, Pierre Dux est nommé administrateur général de la Comédie-Française, succédant à Maurice Escande. Il retrouve ainsi une institution qu’il connaît comme acteur, metteur en scène et ancien administrateur. Son second mandat dure neuf ans, jusqu’en 1979, date à laquelle Jacques Toja lui succède.

Au cours de cette période, il obtient une importante réforme des statuts de la Comédie-Française en 1975. Il supervise également la restauration du théâtre, menée entre 1974 et 1976. Son mandat s’accompagne de nouvelles relations entre la troupe et le Théâtre national de l’Odéon, dont il assume la direction ès qualités. Cette organisation permet aux comédiens de la troupe d’aborder des œuvres contemporaines dans un cadre distinct de la salle Richelieu.

Il accueille notamment des metteurs en scène étrangers. Le Britannique Terry Hands dirige La Nuit des rois de Shakespeare, tandis que l’Italien Giorgio Strehler présente La Trilogie de la villégiature de Carlo Goldoni à l’Odéon en 1978. Pierre Dux interprète lui-même Filippo dans cette dernière production.

Son administration ne met pas fin à son activité sur scène. Il joue notamment Arnolphe dans L’École des femmes, sous la direction de Jean-Paul Roussillon, ainsi qu’Argan dans Le Malade imaginaire. Il retrouve également Molière comme metteur en scène avec Le Misanthrope en 1977.

Parallèlement à ses responsabilités théâtrales, il siège au conseil d’administration de l’ORTF de 1971 à 1974 et devient membre du Conseil économique et social en 1973. En mars 1978, il est élu membre libre de l’Académie des beaux-arts, au fauteuil laissé vacant par Charles Kunstler.

Un acteur sollicité par Costa-Gavras et le cinéma français

Pierre Dux fait ses débuts au cinéma dans Le Mariage de Mademoiselle Beulemans, réalisé par Jean Choux et sorti en 1932. Il y interprète Albert Delpierre, personnage central de cette adaptation d’une comédie belge de Fernand Wicheler et Frantz Fonson.

Il retrouve ensuite des personnages historiques avec L’Affaire du collier de la reine (1946), réalisé par Marcel L’Herbier, dans lequel il interprète le comte de Cagliostro. Le film revient sur le scandale du collier de la reine Marie-Antoinette, survenu quelques années avant la Révolution française.

Sa collaboration avec Costa-Gavras lui apporte un rôle particulièrement notable dans Z (1969). Il y incarne le général de gendarmerie Missou, représentant des autorités impliquées dans l’enquête sur l’assassinat d’un député de l’opposition. Le film, avec Yves Montand et Jean-Louis Trintignant, remporte le prix du jury au Festival de Cannes 1969, puis l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1970.

Il retrouve Costa-Gavras dans Section spéciale (1975), consacré à la création de juridictions d’exception sous le régime de Vichy. Le film reçoit le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1975.

Il travaille également avec Michel Deville sur La Lectrice (1988), adaptation du roman de Raymond Jean. Dans ce film avec Miou-Miou, il interprète un vieux magistrat qui fait partie des personnes auxquelles Marie, le personnage principal, propose ses services de lecture à domicile.

Son travail audiovisuel comprend par ailleurs l’adaptation d’œuvres littéraires pour la télévision. Il interprète notamment le personnage principal du Nœud de vipères, tiré du roman de François Mauriac, et réalise une adaptation télévisée d’Électre de Jean Giraudoux en 1972.

Les dernières interprétations et la reconnaissance du métier

Après avoir quitté ses fonctions d’administrateur en 1979, Pierre Dux retrouve une activité régulière d’interprète. Il participe notamment à Fin de partie de Samuel Beckett, mise en scène par Guy Rétoré au Théâtre de l’Est parisien en 1980. Il joue également sous la direction de Claude Régy dans L’Amante anglaise de Marguerite Duras, au théâtre du Rond-Point.

Sa collaboration avec Jean-Luc Boutté le conduit à interpréter Les Chaises d’Eugène Ionesco au Théâtre national de la Colline en 1988. Cette production réunit deux personnages âgés qui préparent une réception destinée à transmettre un message à l’humanité.

Le comédien publie également plusieurs ouvrages consacrés à son expérience théâtrale. En 1980 paraît La Comédie-Française, consacré à l’institution qu’il a dirigée. Il publie ensuite, en 1984, Vive le théâtre !, un livre de souvenirs édité chez Stock. Cet ouvrage reçoit le prix Saint-Simon en 1985.

En 1989, il obtient le Grand Prix national du théâtre, récompensant son activité artistique. L’année suivante, il interprète Jacob Brackish, ancien professeur de littérature et d’histoire de la musique, dans Quelque part dans cette vie d’Israël Horovitz. Adaptée et mise en scène par Jean-Loup Dabadie, la pièce est créée le 18 janvier 1990 au Théâtre des Bouffes-Parisiens, avec Jane Birkin dans le rôle de Kathleen Hogan.

Cette interprétation lui vaut le Molière du comédien le 29 avril 1990, lors de la quatrième Nuit des Molières, organisée au Théâtre du Châtelet à Paris. Il est alors âgé de 81 ans.

Pierre Dux meurt à Paris le 1er décembre 1990, à l’âge de 82 ans. Il est inhumé au cimetière de Montmartre, dans la 33e division.

Filmographie

  • Section spéciale
    Tout public

    À Paris, en août 1941. Un militant communiste assassine un officier allemand dans une station de métro. Le soir même, à Vichy, le gouvernement accorde les pleins pouvoirs au ministre de l’Intérieur, Pucheu, qui brûle depuis quelque temps déjà de faire voter une loi d’exception instaurant des tribunaux spéciaux. La pression allemande accélère la promulgation de cette loi que les lâches adopteront avec effet rétroactif : du jamais vu dans la Justice française. Quelques militants communistes déjà emprisonnés sont aussitôt rejugés par ces cours spéciales de collaborateurs actifs qui sont mises en place, malgré l’opposition de rares magistrats. Une semaine après le meurtre du métro, trois soi-disant « terroristes » communistes sont exécutés… À la Libération, aucun magistrat ne fut inquiété d’avoir participé à ces assassinats sous couvert de la Justice.

    1975 1h58 Le procureur général Cavarroc

  • Z
    Tout public

    Lors d’une marche pour la paix organisée par l’opposition dans un pays sous régime dictatorial, son chef de file, un homme politique de gauche libérale, est renversé par une voiture et succombe à ses blessures. L’incident semble être un acte de vengeance prémédité par le régime contre ses opposants. Afin d’étouffer l’affaire et de la faire passer pour un accident, un jeune juge d’instruction est chargé de vérifier la version officielle des faits. Malgré son conformisme politique, il entreprend, avec une rigueur implacable, de démêler l’écheveau d’une machine politique toute-puissante et de faire éclater la vérité.

    1969 2h05 Gendarmerie General Missou

  • Paris brûle-t-il ?
    Tout public

    En ce mois d’août 1944, les armées américaines et françaises ne sont plus qu’à une centaine de kilomètres de Paris. Le général Dietrich Von Choltitz, convoqué au quartier général de Hitler, s’entend confier le commandement de la ville de Paris, avec mission, en cas de victoire alliée, de détruire la capitale sous un déluge de feu. Cependant, dans les caves parisiennes, la Résistance ne reste pas inactive. Le colonel Rol-Tanguy, chef des F.F.I., s’entend avec Jacques Chaban-Delmas, l’envoyé spécial du général de Gaulle, pour planifier l’insurrection de la population. Un massacre d’étudiants dans le bois de Boulogne, perpétré par les S.S sur dénonciation d’un traître, pousse les combattants de l’ombre à déclencher plus tôt que prévu le début des hostilités. Des affiches appelant au soulèvement armé fleurissent sur les murs de la capitale. Un groupe de résistants s’empare de la préfecture de police et s’y barricade…

    1966 2h55 Cerat - Alexandre Parodi

  • Aimez-vous Brahms…
    Tout public

    La femme d’affaires d’âge moyen Paula Tessier rejette les avances du fils amusant de 25 ans de son client, Philip Van der Besh, mais reconsidère lorsque son partenaire de longue date entame une autre liaison occasionnelle avec une femme plus jeune. Elle apprend bientôt que les romances de mai à décembre avec des femmes plus âgées sont mal vues dans la société.

    1961 1h55 Maître Fleury

  • Monsieur Vincent
    Tout public

    1617. Monsieur Vincent de Paul, jusque là précepteur de la famille de Gondi, arrive à Châtillon-sur-Chalaronne, petit village de la Bresse, où une terrible épidémie de peste s’abat sur la région. Son ascendant parvient à vaincre l’hostilité des habitants et le renom du nouveau pasteur aux initiatives aussi nouvelles que hardies s’étend au loin. Mme de Gondi réussit à convaincre Mr. Vincent que son zèle aurait mieux à s’employer ailleurs que dans cette modeste bourgade. Dévoué jusqu’au sacrifice à la cause qu’il défend, Vincent de Paul sera canonisé.

    1947 1h51 Le chancelier Séguier