Peter Biziou

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Biographie

Peter Biziou, né le 8 août 1944 à Bangor, au pays de Galles, est un directeur de la photographie britannique. Membre honoraire de la British Society of Cinematographers, il est notamment associé à Bugsy Malone, Monty Python’s Life of Brian, Pink Floyd: The Wall, 9½ Weeks, Mississippi Burning, In the Name of the Father et The Truman Show. Son travail sur Mississippi Burning lui vaut en 1989 l’Oscar de la meilleure photographie.

Une enfance dans les studios

Peter Biziou naît au pays de Galles alors que sa famille y a été évacuée pendant la Seconde Guerre mondiale. Après le conflit, il grandit à Londres. Son père, Leon Bijou, travaille dans le cinéma, notamment dans la photographie, les effets spéciaux et l’animation. En l’accompagnant dans les studios et en l’aidant dans son atelier, le jeune Biziou se familiarise très tôt avec les procédés techniques de fabrication des images.

Il étudie à la Paddington Secondary Technical School, où sa formation comprend notamment l’ingénierie, le dessin technique et le travail des machines. À sa sortie de l’école, il trouve un emploi dans une entreprise d’animation de Wardour Street, à Londres. D’abord chargé de fabriquer des mécanismes et des modèles réduits, il commence ensuite à assister les opérateurs sur l’éclairage, les objectifs et les caméras avant de tourner lui-même des séquences d’animation.

Au milieu des années 1960, Peter Biziou devient indépendant et travaille sur des publicités et des courts métrages. Il collabore avec plusieurs photographes passés au cinéma, parmi lesquels Robert Freeman. Celui-ci lui confie la photographie de Secret World, avec Jacqueline Bisset, l’un des premiers longs métrages sur lesquels Biziou exerce comme directeur de la photographie.

La collaboration avec Alan Parker

Une rencontre déterminante intervient dans les années 1970 avec le réalisateur britannique Alan Parker. Biziou photographie ses courts métrages Footsteps et Our Cissy, avant de participer en 1976 à Bugsy Malone, dont il partage la photographie avec Michael Seresin. Cette comédie musicale interprétée par des enfants constitue le début d’une collaboration qui s’étendra sur plusieurs décennies.

Biziou retrouve Parker pour Pink Floyd: The Wall, présenté hors compétition au Festival de Cannes en 1982. Le film mêle prises de vues réelles, séquences musicales et animation autour de l’album de Pink Floyd. Les archives du Festival de Cannes créditent directement Peter Biziou à la photographie.

Leur collaboration se poursuit ensuite avec Mississippi Burning en 1988 puis The Road to Wellville en 1994. Ces projets illustrent aussi la capacité de Biziou à adapter son approche visuelle à des registres très différents, du film musical stylisé au drame historique et à la comédie.

Terry Gilliam, Adrian Lyne et le cinéma britannique

En dehors des films d’Alan Parker, Peter Biziou photographie Monty Python’s Life of Brian, réalisé par Terry Jones en 1979, puis Time Bandits de Terry Gilliam en 1981. Il travaille ainsi avec plusieurs figures majeures de la comédie britannique au moment où sa carrière de directeur de la photographie s’internationalise.

En 1984, il signe les images d’Another Country de Marek Kanievska, avec Rupert Everett et Colin Firth. Au Festival de Cannes, Biziou reçoit personnellement le prix de la meilleure contribution artistique pour son travail sur le film.

Deux ans plus tard, il photographie 9½ Weeks d’Adrian Lyne, avec Mickey Rourke et Kim Basinger. Cette première collaboration avec Lyne sera suivie beaucoup plus tard par Unfaithful, sorti en 2002.

L’Oscar pour Mississippi Burning

En 1988, Alan Parker lui confie la photographie de Mississippi Burning, avec Gene Hackman et Willem Dafoe. Le film s’inspire de l’enquête menée après l’assassinat de trois militants des droits civiques dans le Mississippi en 1964 et obtient sept nominations aux Oscars.

Lors de la 61e cérémonie des Oscars, le 29 mars 1989, Peter Biziou remporte l’Oscar de la meilleure photographie. Demi Moore et Bruce Willis lui remettent la statuette au Shrine Civic Auditorium de Los Angeles. Mississippi Burning ne remporte qu’un seul Oscar cette année-là : celui attribué à Biziou.

Son travail sur le film est également récompensé par la British Society of Cinematographers et par le BAFTA de la meilleure photographie. La BSC place Mississippi Burning à la première place de son palmarès de 1989 dans cette catégorie.

In the Name of the Father et Richard III

Après son Oscar, Biziou continue à travailler avec des réalisateurs européens et américains. Sa filmographie comprend Rosencrantz & Guildenstern Are Dead de Tom Stoppard, City of Joy de Roland Joffé et Damage de Louis Malle.

En 1993, il photographie In the Name of the Father de Jim Sheridan, avec Daniel Day-Lewis et Emma Thompson. Biziou privilégie dans ce drame une photographie qui accompagne l’enfermement et la dimension politique du récit sans faire de l'image un élément autonome par rapport aux personnages. Camerimage cite cette approche comme un exemple de sa capacité à servir la narration et les intentions du réalisateur.

Il signe ensuite les images de Richard III, adaptation de Shakespeare réalisée en 1995 par Richard Loncraine avec Ian McKellen. Son travail est nommé par la British Society of Cinematographers et le film concourt également pour la Grenouille d’or à Camerimage.

Le monde artificiel de The Truman Show

En 1998, Peter Biziou travaille avec Peter Weir sur The Truman Show. Jim Carrey y incarne Truman Burbank, un homme qui ignore que toute son existence est filmée et diffusée dans une émission de télévision. La photographie doit donc simultanément fonctionner comme celle d’un film de cinéma et évoquer les images produites par les caméras dissimulées de l’émission fictive.

Biziou utilise notamment des objectifs grand-angle et des caches placés devant certains objectifs afin de suggérer la présence de caméras cachées dans des objets ou des recoins du décor. Cette esthétique contribue à donner à Seahaven son apparence artificiellement parfaite tout en rappelant constamment que Truman est observé.

Son travail sur le film lui apporte une nouvelle nomination au BAFTA de la meilleure photographie. Le prix revient cette année-là à Remi Adefarasin pour Elizabeth, Biziou étant nommé avec Janusz Kaminski et Richard Greatrex.

Derniers films et récompenses pour l’ensemble de sa carrière

Au début des années 2000, Biziou retrouve Adrian Lyne pour Unfaithful, puis photographie Ladies in Lavender, premier long métrage réalisé par l’acteur Charles Dance. Son dernier long métrage de fiction comme directeur de la photographie est Derailed, réalisé par Mikael Håfström et sorti en 2005.

Après son retrait des tournages, plusieurs institutions rendent hommage à l’ensemble de sa carrière. La British Society of Cinematographers lui décerne son Lifetime Achievement Award en 2019, distinction réservée aux directeurs de la photographie ayant constitué une œuvre professionnelle exceptionnelle.

En 2023, le festival international EnergaCAMERIMAGE lui attribue à son tour son prix pour l’ensemble de sa carrière. Biziou se rend à Toruń en novembre pour recevoir la distinction et participer à une rencontre de deux heures consacrée à son travail, depuis ses débuts dans l’animation jusqu’à The Truman Show.

Plus d’un demi-siècle après ses débuts, la carrière de Peter Biziou demeure ainsi liée à des cinéastes et à des univers visuels très différents, de Terry Gilliam et Alan Parker à Louis Malle, Jim Sheridan, Adrian Lyne et Peter Weir. Son Oscar pour Mississippi Burning, son prix cannois pour Another Country et les hommages de la BSC et de Camerimage constituent ses principales distinctions personnelles.

Filmographie

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