Okwui Okpokwasili

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Biographie

Okwui Okpokwasili est une performeuse, chorégraphe, écrivaine et actrice américaine, née un 6 août dans le Bronx, à New York. Fille d’immigrants nigérians, elle développe des œuvres multidisciplinaires qui associent mouvement, texte et dispositifs visuels.

Du Bronx à l’apprentissage du butō

Élevée dans le Bronx, Okwui Okpokwasili inscrit dans son travail les expériences de jeunes filles et de femmes liées à ce territoire, ainsi que l’histoire nigériane transmise par sa famille. Elle obtient un Bachelor of Arts à l’université Yale en 1996, puis s’installe à New York afin de poursuivre son activité d’interprète.

En 1998, Okwui Okpokwasili étudie le butō auprès de Min Tanaka à la Body Weather Farm de Hakushu, au Japon. Cette formation repose sur une pratique corporelle attentive au poids, à l’environnement et aux transformations de la présence scénique. Elle rejoint ensuite plusieurs productions de la scène expérimentale new-yorkaise.

Une collaboration durable avec Ralph Lemon

Le chorégraphe et plasticien Ralph Lemon engage Okwui Okpokwasili dans plusieurs de ses créations. Elle participe à Come Home Charley Patton, œuvre consacrée aux traces de la violence raciale dans le sud des États-Unis, puis à How Can You Stay in the House All Day and Not Go Anywhere ?. Leur collaboration comprend également un duo présenté au Museum of Modern Art de New York et la performance-installation Scaffold Room.

D’autres artistes de la scène expérimentale font appel à Okwui Okpokwasili comme interprète. Elle joue dans LEAR de Young Jean Lee et dans Miriam de Nora Chipaumire. Richard Foreman la dirige dans Maria del Bosco, tandis que Richard Maxwell lui confie des rôles dans Cowboys and Indians et Joan Dark.

Julie Taymor lui attribue Hippolyte dans son adaptation scénique du Songe d’une nuit d’été. Okwui Okpokwasili reprend le personnage dans la captation cinématographique réalisée en 2014. Son activité d’actrice comprend aussi une guide dans L’Interprète de Sydney Pollack et une femme contaminée dans Je suis une légende de Francis Lawrence.

Bronx Gothic et le travail avec Peter Born

À partir de 2008, Okwui Okpokwasili développe ses propres créations avec Peter Born, son époux et collaborateur artistique. Celui-ci intervient dans la conception des espaces, de la lumière et des dispositifs visuels. Leur première production commune, Pent-Up: A Revenge Dance, reçoit un Bessie Award.

Dans Bronx Gothic, Okwui Okpokwasili interprète une correspondance entre deux adolescentes du Bronx. Le spectacle associe des lettres portant sur le désir et la découverte du corps à une séquence physique prolongée, exécutée devant un décor conçu par Peter Born. Créée à Danspace Project, l’œuvre reçoit en 2014 le Bessie Award de la production exceptionnelle.

Andrew Rossi consacre ensuite un documentaire à la création et à la tournée du spectacle. Intitulé lui aussi Bronx Gothic, le film suit Okwui Okpokwasili sur scène et dans ses échanges avec le public, tout en revenant sur son enfance new-yorkaise et sur la construction du personnage qu’elle interprète.

Les révoltes de femmes dans Poor People’s TV Room

Poor People’s TV Room prend pour points d’appui la révolte des femmes menée en 1929 contre le pouvoir colonial britannique au Nigeria et l’enlèvement de lycéennes par Boko Haram en 2014. Okwui Okpokwasili y fait circuler les récits entre plusieurs générations de femmes, dans une production conçue avec Peter Born et portée par quatre interprètes.

Creative Capital soutient le développement de cette œuvre en 2016. Okwui Okpokwasili poursuit ensuite ses recherches sur la mémoire collective avec Poor People’s TV Room Solo, When I Return Who Will Receive Me et Adaku’s Revolt. Ses créations sont accueillies par Danspace Project, le Walker Art Center et Performance Space New York.

La pratique participative Sitting on a Man’s Head reprend le nom d’une forme de protestation employée par des femmes du sud-est du Nigeria. Une installation textile créée par Peter Born pour cette œuvre reçoit un Bessie Award en 2020. Okwui Okpokwasili développe aussi avec lui Procession, dispositif collectif fondé sur le déplacement des participants dans l’espace.

Une reconnaissance institutionnelle

En 2018, Okwui Okpokwasili reçoit le Herb Alpert Award dans la catégorie danse. La même année, la Fondation MacArthur lui attribue une fellowship pour son travail de chorégraphe, d’autrice et de performeuse consacré aux vies intérieures de femmes africaines et afro-américaines.

Ses œuvres sont également présentées dans des institutions d’art contemporain. Okwui Okpokwasili participe à l’exposition Grief and Grievance: Art and Mourning in America au New Museum de New York, à Witch Hunt au Hammer Museum de Los Angeles et à Sex Ecologies à la Kunsthall Trondheim.

Avec Peter Born, elle publie en 2020 l’album day pulls down the sky. Le disque réunit des compositions vocales et sonores issues de leur travail scénique commun.

Filmographie

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