Nicoletta Braschi
- Casting
Biographie
- Nationalité
- Née le
- 10 août 1960 à Cesena (Italie)
- Âge
- 66 ans
- Filmographie
- 4 films
Nicoletta Braschi, née le 19 avril 1960 à Cesena, en Émilie-Romagne, est une actrice et productrice italienne. Étroitement associée au cinéma de Roberto Benigni, son époux et partenaire artistique, elle a également travaillé avec Jim Jarmusch, Bernardo Bertolucci, Paolo Virzì, Roberto Faenza, Marco Tullio Giordana, Francesca Comencini et Alice Rohrwacher. Parmi ses personnages les plus connus figurent Dora dans La vie est belle, Nicoletta dans Down by Law et Grazia dans Ovosodo.
De Cesena à l’Académie d’art dramatique de Rome
Originaire de Cesena, Nicoletta Braschi part à Rome pour étudier à l’Accademia Nazionale d’Arte Drammatica Silvio D’Amico. Elle fait ses débuts professionnels au théâtre en 1980, plusieurs années avant que le cinéma ne devienne la partie la plus visible de son activité.
Elle rencontre Roberto Benigni au début des années 1980. Celui-ci lui confie un rôle dans son premier film comme réalisateur, Tu mi turbi, sorti en 1983. Cette collaboration inaugure une association artistique qui va se poursuivre pendant plus de vingt ans.
Braschi ne devient cependant pas uniquement « l’actrice des films de Benigni ». Dès les années 1980, elle accepte des projets appartenant à des univers très différents et construit parallèlement sa propre filmographie.
Deux films avec Jim Jarmusch
Une étape déterminante arrive en 1986 avec Down by Law de Jim Jarmusch. Braschi y interprète Nicoletta, jeune Italienne rencontrée par le personnage de Roberto Benigni après son évasion avec deux détenus américains joués par Tom Waits et John Lurie. Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes.
Jarmusch la rappelle en 1989 pour Mystery Train, également présenté en compétition à Cannes. Ces deux films contribuent à la faire connaître bien au-delà du cinéma italien et montrent très tôt qu’elle peut évoluer hors de l’univers comique de Benigni.
Durant cette période, elle travaille également avec Giuseppe Bertolucci dans Segreti segreti, Marco Ferreri dans Y’a bon les blancs et Bernardo Bertolucci dans Un thé au Sahara (The Sheltering Sky, 1990).
Johnny Stecchino, Le Monstre et la création de Melampo
La collaboration avec Benigni prend une nouvelle dimension dans les années 1990. Braschi joue Maria dans Johnny Stecchino en 1991 puis Jessica Rossetti dans Le Monstre en 1994. Dans les deux cas, elle sert de contrepoint plus posé aux personnages exubérants incarnés par Benigni.
En 1991, Nicoletta Braschi et Roberto Benigni fondent également la société Melampo Cinematografica. Braschi ne se limite donc plus à l’interprétation : elle devient une partenaire essentielle de la production des films du couple. La Biennale de Venise indique que Melampo produira ensuite leurs principaux projets communs, notamment Johnny Stecchino, Le Monstre, La vie est belle, Pinocchio et Le Tigre et la Neige.
Braschi expliquera elle-même avoir abordé la production sans formation spécifique dans ce domaine, après avoir été encouragée par son entourage cinématographique, notamment ses relations avec Jim Jarmusch.
Dora dans La vie est belle
Le rôle qui demeure le plus célèbre de sa carrière arrive en 1997 avec La vita è bella (La vie est belle). Braschi interprète Dora, une institutrice dont Guido, joué par Benigni, tombe amoureux dans l’Italie fasciste. Après leur mariage et la naissance de leur fils Giosuè, Guido et l’enfant sont déportés en raison des origines juives de Guido ; Dora, qui n’est pas juive, choisit volontairement de monter dans le train qui les emmène.
Présenté en compétition au Festival de Cannes 1998, le film reçoit le Grand Prix. Il connaît ensuite un succès international exceptionnel et remporte trois Oscars, dont ceux du meilleur film en langue étrangère et du meilleur acteur pour Benigni.
La prestation de Braschi lui vaut notamment un Prix Flaiano ainsi qu’une nomination avec l’ensemble de la distribution aux Screen Actors Guild Awards. Le personnage de Dora devient son rôle le plus immédiatement associé au public international.
Un David di Donatello pour Ovosodo
Cette notoriété internationale ne doit pas masquer un autre rôle important tourné pratiquement au même moment. Dans Ovosodo de Paolo Virzì, sorti en 1997, Nicoletta Braschi interprète Grazia, une enseignante qui joue un rôle déterminant dans la formation du jeune protagoniste Piero.
Sa prestation lui vaut en 1998 le David di Donatello de la meilleure actrice dans un second rôle, l’une des principales récompenses du cinéma italien.
Elle travaille également durant les années 1990 avec Roberto Faenza dans Pereira prétend, aux côtés de Marcello Mastroianni, et avec Marco Tullio Giordana dans Pasolini, mort d’un poète, présenté en compétition à la Mostra de Venise de 1995.
Le contre-emploi de Mi piace lavorare
En 2004, Francesca Comencini lui offre l’un de ses rôles dramatiques les plus importants dans Mi piace lavorare (Mobbing). Braschi incarne Anna, employée d’une entreprise nouvellement rachetée qui subit progressivement un processus d’isolement et de harcèlement professionnel destiné à la pousser vers la sortie.
Le film est présenté dans la section Panorama de la Berlinale, où il reçoit le prix du jury œcuménique. Pour son interprétation, Braschi remporte le prix de la meilleure actrice au Festival international du film de Mar del Plata en 2004.
Le rôle contraste fortement avec ses comédies avec Benigni et confirme sa capacité à porter seule un drame social réaliste.
Pinocchio, Le Tigre et la Neige et le théâtre
Braschi retrouve Benigni dans Pinocchio en 2002, où elle interprète la Fée bleue, tout en participant à la production. Trois ans plus tard, dans Le Tigre et la Neige, elle joue Vittoria, écrivaine dont Attilio, personnage de Benigni, est éperdument amoureux. Elle participe là encore au film comme productrice.
À partir des années 2000, le théâtre reprend parallèlement une place importante dans sa carrière. Elle joue notamment dans Le Songe d’une nuit d’été sous la direction musicale de Claudio Abbado, La Méthode Grönholm de Jordi Galcerán et Trahisons de Harold Pinter.
L’un de ses rôles scéniques les plus exigeants est Winnie dans Giorni felici (Oh les beaux jours) de Samuel Beckett, mis en scène par Andrea Renzi. Braschi y interprète une femme progressivement ensevelie dans le sol, dont le flot de paroles constitue presque toute l’action de la pièce.
Retour à Cannes avec Heureux comme Lazzaro
Après plusieurs années beaucoup plus consacrées au théâtre, Nicoletta Braschi revient au cinéma dans Lazzaro felice (Heureux comme Lazzaro) d’Alice Rohrwacher, en 2018. Elle y interprète la marquise Alfonsina de Luna, propriétaire du domaine d’Inviolata qui maintient des familles de paysans dans un système d’exploitation archaïque.
Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes 2018, où Alice Rohrwacher reçoit le Prix du scénario. Cette sélection marque la quatrième présence de Braschi comme interprète dans un long métrage en compétition cannoise, après Down by Law, Mystery Train et La vie est belle.
Le rôle est aussi un intéressant contre-emploi : loin des personnages chaleureux auxquels son association avec Benigni l’avait souvent identifiée, Braschi incarne ici une aristocrate froide dont le pouvoir repose sur l’exploitation économique et sociale de ceux qui l’entourent.
Une carrière reconnue au-delà de La vie est belle
En 2015, l’Université de Toronto décerne à Nicoletta Braschi et Roberto Benigni un doctorat honorifique en droit en reconnaissance de leur contribution au cinéma et aux arts.
L’année suivante, Braschi reçoit avec Benigni un Globo d’Oro pour l’ensemble de sa carrière. À ces distinctions s’ajoutent son David di Donatello pour Ovosodo et son prix d’interprétation à Mar del Plata pour Mi piace lavorare.
Si son couple avec Roberto Benigni a forcément façonné l’image publique de sa carrière, sa filmographie montre donc un parcours plus large : Jim Jarmusch, Bernardo Bertolucci, Paolo Virzì, Francesca Comencini et Alice Rohrwacher ont tous utilisé des facettes différentes de son jeu. De la fantaisie de Johnny Stecchino au drame de Mobbing, puis à l’autorité glaciale de Heureux comme Lazzaro, Nicoletta Braschi s’est construite comme une actrice de cinéma et de théâtre à part entière, parallèlement à son rôle déterminant de productrice auprès de Benigni.