Nicola Pecorini
- Images
Biographie
- Nationalité
- Né le
- 10 août 1957 à Milan (Italie)
- Âge
- 69 ans
- Filmographie
- 8 films
Nicola Pecorini est un directeur de la photographie et opérateur Steadicam italien, né le 10 août 1957 à Milan. Actif depuis la fin des années 1970, il est surtout connu pour sa longue collaboration avec Terry Gilliam, de Las Vegas Parano à L’Homme qui tua Don Quichotte, ainsi que pour son rôle dans le développement professionnel de l’usage du Steadicam.
De la photographie de mode à la caméra
Avant le cinéma, Nicola Pecorini envisage d’abord de devenir instituteur. Il change rapidement de voie et, en 1976, devient assistant du photographe Oliviero Toscani. Il se détourne toutefois de la photographie de mode, qu’il juge trop répétitive, et commence au début de 1978 à travailler comme cameraman pour la télévision suisse.
Cette période le conduit progressivement vers le métier d’opérateur de caméra, puis vers la direction de la photographie. Sa carrière se construit autant autour de la maîtrise technique du mouvement de caméra que du travail traditionnel de lumière et de composition.
Un pionnier du Steadicam
Pecorini se spécialise très tôt dans le Steadicam, système permettant à un opérateur de réaliser des mouvements fluides tout en se déplaçant librement.
En 1988, il participe avec Garrett Brown, inventeur du Steadicam, à la fondation de la Steadicam Operators Association. Cette implication fait de lui l’un des opérateurs associés à la professionnalisation et à la diffusion internationale de cette technique.
Il s’installe aux États-Unis en 1993, étape qui accélère son intégration aux productions internationales.
Las Vegas Parano et Terry Gilliam
La rencontre déterminante de sa carrière est celle avec Terry Gilliam. Leur première collaboration majeure comme directeur de la photographie est Fear and Loathing in Las Vegas (Las Vegas Parano), sorti en 1998, avec Johnny Depp et Benicio del Toro.
L’esthétique du film repose sur une image constamment déformée et instable : focales très courtes, visages rapprochés de manière agressive, angles obliques et mouvements de caméra exagérés participent à traduire visuellement l’état hallucinatoire des personnages. Le travail de Pecorini s’accorde ainsi particulièrement bien avec le goût de Gilliam pour les perspectives distordues et les univers visuels excessifs.
Cette première expérience inaugure l’une des collaborations les plus durables de sa carrière.
The Man Who Killed Don Quixote, première tentative
Pecorini rejoint ensuite Gilliam sur la première version de The Man Who Killed Don Quixote, dont le tournage commence en 2000 avec Jean Rochefort et Johnny Depp.
La production connaît de nombreux problèmes et doit finalement être abandonnée. Cette expérience chaotique sera documentée dans Lost in La Mancha. Malgré cet échec, Pecorini reste l’un des collaborateurs réguliers du réalisateur et retrouvera le projet de nombreuses années plus tard.
Le prix de Saint-Sébastien pour Harrison’s Flowers
En dehors de Gilliam, Pecorini signe en 2000 la photographie de Harrison’s Flowers d’Élie Chouraqui, avec Andie MacDowell et David Strathairn.
Son travail sur le film lui vaut le prix de la meilleure photographie au Festival international du film de Saint-Sébastien.
Le film, situé en partie pendant la guerre en ex-Yougoslavie, lui demande une approche très différente de l’exubérance visuelle de Las Vegas Parano. Cette capacité à passer d’un univers fortement stylisé à une photographie plus documentaire constitue une caractéristique récurrente de sa filmographie.
Tideland et l’influence d’Andrew Wyeth
Pecorini retrouve Terry Gilliam pour Tideland, tourné au Canada en 2004 et sorti l’année suivante.
Pour élaborer l’identité visuelle du film, Gilliam et Pecorini s’intéressent notamment aux peintures du peintre américain Andrew Wyeth. Gilliam a raconté que l’univers pictural de Wyeth correspondait de façon frappante à l’image qu’ils se faisaient du récit : grandes étendues d’herbe, maisons isolées et atmosphère à la fois réaliste et inquiétante.
Cette référence contribue à donner à Tideland son mélange particulier de naturalisme rural et de conte macabre.
L’Imaginarium du docteur Parnassus
Gilliam fait de nouveau appel à lui pour The Imaginarium of Doctor Parnassus, tourné en 2007 et 2008. Pecorini doit y combiner prises de vues réelles, décors très construits et séquences faisant largement appel aux effets numériques.
La production est bouleversée par la mort de Heath Ledger en janvier 2008, alors que le tournage n’est pas terminé. Le film est finalement restructuré afin que Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell incarnent différentes transformations du personnage de Ledger dans l’Imaginarium.
Le travail photographique doit donc contribuer à rendre crédible cette transformation narrative tout en maintenant une cohérence entre les différentes parties du film.
De Paolo Virzì à Bollywood
Nicola Pecorini travaille également avec plusieurs cinéastes en dehors du monde anglophone. En Italie, il photographie notamment Tutta la vita davanti en 2008 et La prima cosa bella en 2010 pour Paolo Virzì.
En 2011, il participe aussi à la photographie du blockbuster indien Ra.One, réalisé par Anubhav Sinha et interprété notamment par Shah Rukh Khan. Il partage alors le crédit avec V. Manikandan et Ewan Mulligan.
Cette diversité témoigne d’une carrière particulièrement internationale, partagée entre cinéma américain, européen et productions asiatiques.
The Zero Theorem
En 2013, Pecorini retrouve encore Gilliam sur The Zero Theorem, avec Christoph Waltz.
Le film permet au duo de renouer avec une esthétique saturée d’informations visuelles : architecture futuriste, écrans omniprésents, perspectives déformées et espaces clos font partie intégrante de sa construction photographique.
Pecorini poursuit parallèlement ses collaborations avec des cinéastes italiens, notamment Asia Argento, pour laquelle il photographie Incompresa (Misunderstood) en 2014.
Enfin, L’Homme qui tua Don Quichotte
Près de deux décennies après la première tentative avortée, Pecorini retrouve le projet de Terry Gilliam The Man Who Killed Don Quixote.
Le film est finalement achevé avec Adam Driver et Jonathan Pryce et sort en 2018. Pecorini en assure une nouvelle fois la direction de la photographie.
Cette participation possède une dimension particulière dans sa carrière : il avait été présent lors de l’échec du tournage initial au début des années 2000 et accompagne finalement Gilliam lorsque le réalisateur parvient à mener son projet à terme près de vingt ans plus tard.
Un directeur de la photographie fondé sur le mouvement
La carrière de Nicola Pecorini est étroitement liée à son expérience d’opérateur. Sa connaissance du Steadicam et son intérêt pour les mouvements de caméra expliquent en partie l’énergie visuelle de nombreuses productions auxquelles il participe.
Mais son parcours ne se réduit pas à cette virtuosité technique. De la texture réaliste de Harrison’s Flowers aux distorsions de Las Vegas Parano, en passant par les paysages inspirés d’Andrew Wyeth de Tideland, Pecorini adapte fortement son approche à l’univers du réalisateur avec lequel il travaille.
Sa collaboration avec Terry Gilliam, commencée dans les années 1990 et prolongée sur six longs métrages achevés, reste néanmoins le fil conducteur le plus identifiable de sa filmographie.
Filmographie
- 2013
-
Zero Theorem
- directeur de la photographie
- 2009
-
L'Imaginarium du Docteur Parnassus
- directeur de la photographie
- 2005
-
Tideland
- directeur de la photographie
- 2003
-
Le Purificateur
- directeur de la photographie
- 2000
-
L'Enfer du devoir
- directeur de la photographie
- 1998
-
Las Vegas Parano
- directeur de la photographie
- 1995
-
Le président et Miss Wade
- opérateur steadicam
- 1993
-
Cliffhanger : Traque au sommet
- opérateur caméra a
- opérateur steadicam