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Film Index

Mervyn LeRoy

Réalisation Production

Nationalité
 États-Unis
Mort
13 septembre 1987
Âge
86 ans
Filmographie
6 films

Biographie

Mervyn LeRoy est un réalisateur et producteur de cinéma américain, né le 15 octobre 1900 à San Francisco, en Californie, et mort le 13 septembre 1987 à Beverly Hills, dans le même État. Figure importante du système des studios hollywoodiens, il contribue à la popularité du film de gangsters avec Le Petit César (1931) et réalise Je suis un évadé (1932), consacré aux conditions de détention dans les prisons américaines. Passé de la Warner Bros. à la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM), il produit notamment Le Magicien d’Oz (1939). Son activité lui vaut une nomination à l’Oscar de la meilleure réalisation pour Prisonniers du passé (1942), ainsi que le prix Irving G. Thalberg en 1976.

Du tremblement de terre de San Francisco aux studios hollywoodiens

Issu d’une famille juive installée depuis plusieurs générations dans la région de San Francisco, Mervyn LeRoy est le fils de Harry LeRoy et d’Edna Armer. Ses parents se séparent lorsqu’il est encore enfant. Le tremblement de terre de San Francisco du 18 avril 1906, suivi d’importants incendies, détruit la maison familiale et provoque de graves difficultés financières.

Après la mort de son père en 1910, Mervyn LeRoy vend des journaux dans les rues de San Francisco. Il travaille notamment près du théâtre Alcazar, dont il fréquente les artistes. Il commence à se produire sur scène comme chanteur et imitateur, remportant un concours amateur grâce à une imitation de Charlie Chaplin. Il présente ensuite un numéro de music-hall sous le nom de « The Singing Newsboy », avant de former avec Clyde Cooper un duo intitulé Two Kids and a Piano.

En 1919, son cousin Jesse L. Lasky, producteur et cofondateur de la société Famous Players-Lasky, lui permet d’entrer dans l’industrie cinématographique à Hollywood. Il commence au département des costumes, où il est chargé de ranger et de préparer les vêtements utilisés pendant les tournages.

Il travaille ensuite dans les laboratoires cinématographiques et comme assistant opérateur. Parallèlement, il obtient de petits rôles dans des films muets, notamment auprès de Wallace Reid et de Gloria Swanson. Il participe également au tournage des Dix Commandements (1923), de Cecil B. DeMille.

Son travail auprès des équipes de production lui permet de découvrir l’écriture de séquences comiques. Il devient fournisseur de gags pour plusieurs films interprétés par Colleen Moore, vedette du cinéma muet, notamment sous la direction d’Alfred E. Green. L’actrice contribue à lui obtenir un contrat de réalisateur avec la société First National Pictures.

En 1927, il dirige son premier long métrage, No Place to Go, avec Mary Astor et Lloyd Hughes. Le film sort en 1928. Il poursuit ensuite son activité au sein de First National, absorbée progressivement par la Warner Bros., où il développe une méthode de travail fondée sur une préparation précise des tournages et une maîtrise des dépenses de production.

Le réalisme social et la représentation de l’Amérique de la Grande Dépression

Au début des années 1930, Mervyn LeRoy devient l’un des principaux réalisateurs de la Warner Bros. aux côtés de Michael Curtiz. Le studio se spécialise alors dans des productions abordant la criminalité urbaine et les difficultés sociales de l’Amérique contemporaine.

Avec Le Petit César (Little Caesar, 1931), adapté du roman de W. R. Burnett, il confie à Edward G. Robinson le rôle de Caesar Enrico Bandello, dit Rico, un petit criminel qui gravit les échelons du crime organisé à Chicago. La prestation de Robinson contribue à établir sa réputation d’acteur et à définir plusieurs conventions du film de gangsters américain.

La même année, Mervyn LeRoy retrouve Edward G. Robinson dans Five Star Final, drame consacré aux pratiques sensationnalistes d’un journal à grand tirage. L’acteur y incarne un rédacteur en chef dont les décisions provoquent une tragédie familiale. Le film est nommé à l’Oscar du meilleur film lors de la cérémonie de 1932.

L’un des plus importants succès critiques du réalisateur est Je suis un évadé (I Am a Fugitive from a Chain Gang, 1932), avec Paul Muni. Inspiré du récit autobiographique de Robert Elliott Burns, le film raconte l’histoire d’un ancien combattant condamné à des travaux forcés dans le sud des États-Unis, qui parvient à s’évader avant d’être de nouveau poursuivi par la justice.

Le scénario décrit les conditions de vie des prisonniers, notamment le travail enchaîné dans les camps pénitentiaires. Le film suscite un important débat public sur le système des chain gangs, alors pratiqué dans plusieurs États américains. Il reçoit trois nominations aux Oscars, dont celles du meilleur film et du meilleur acteur pour Paul Muni.

Mervyn LeRoy collabore également avec le chorégraphe Busby Berkeley sur Chercheuses d’or de 1933 (Gold Diggers of 1933), comédie musicale produite pendant la Grande Dépression. Les numéros chorégraphiés de Berkeley sont intégrés à une intrigue consacrée à des artistes de Broadway confrontés au chômage et aux difficultés financières.

Le réalisateur retrouve un sujet politique avec La ville gronde (They Won’t Forget, 1937), adaptation du roman de Ward Greene inspiré de l’affaire Leo Frank. Le film dénonce les conséquences du racisme et des pressions exercées par l’opinion publique sur la justice. Il permet également à Lana Turner de se faire remarquer dans l’un de ses premiers rôles importants au cinéma.

La transition vers la MGM et la production du Magicien d’Oz

En 1938, Mervyn LeRoy quitte la Warner Bros. pour rejoindre la Metro-Goldwyn-Mayer, dirigée par Louis B. Mayer. Son contrat lui permet d’exercer à la fois les fonctions de réalisateur et de producteur, une situation qui lui donne davantage de responsabilités dans le développement des projets.

Il participe notamment à la production du Magicien d’Oz (The Wizard of Oz, 1939), adaptation du roman de L. Frank Baum. Mervyn LeRoy supervise le développement du film et contribue au choix de Judy Garland pour interpréter Dorothy Gale. La réalisation est finalement assurée principalement par Victor Fleming, après l’intervention de plusieurs cinéastes pendant la préparation et le tournage.

Le projet mobilise d’importants moyens techniques, notamment pour les décors et les costumes, ainsi que pour les séquences tournées en Technicolor. La musique, composée par Harold Arlen sur des paroles d’E. Y. Harburg, comprend la chanson « Over the Rainbow », qui reçoit l’Oscar de la meilleure chanson originale en 1940.

Le film est nommé à l’Oscar du meilleur film, récompense pour laquelle Mervyn LeRoy figure parmi les producteurs concernés. Cette nomination intervient alors que la MGM développe des productions familiales à grand spectacle, dont les moyens dépassent largement ceux des films qu’il avait réalisés au début des années 1930.

À la MGM, il travaille également avec Vivien Leigh et Robert Taylor sur La Valse dans l’ombre (Waterloo Bridge, 1940), mélodrame racontant la relation entre un officier britannique et une jeune danseuse pendant la Première Guerre mondiale.

Il développe ensuite une collaboration régulière avec Greer Garson, notamment dans Prisonniers du passé (Random Harvest, 1942). Adapté du roman de James Hilton, le film met en scène un ancien soldat britannique devenu amnésique après la Première Guerre mondiale, interprété par Ronald Colman, qui tente de retrouver les souvenirs de son existence passée. Greer Garson incarne Paula, une artiste de music-hall qui partage une partie de sa vie.

Le film obtient sept nominations aux Oscars en 1943, dont celle de la meilleure réalisation pour Mervyn LeRoy. Il reçoit également des nominations pour l’interprétation de Ronald Colman et pour le meilleur film.

Le spectacle historique et la maîtrise des grandes productions

Au cours des années 1950, Mervyn LeRoy dirige plusieurs productions à grand spectacle pour la MGM. L’une des plus importantes est Quo vadis (1951), adaptation du roman historique de Henryk Sienkiewicz, publié en 1896.

Situé dans la Rome antique pendant le règne de Néron, le film raconte l’histoire du général Marcus Vinicius, interprété par Robert Taylor, et de la chrétienne Lygia, jouée par Deborah Kerr. Peter Ustinov incarne l’empereur Néron, tandis que Leo Genn interprète son conseiller Pétrone.

La production nécessite une reconstitution à grande échelle de la Rome impériale. Le tournage se déroule aux studios de Cinecittà, à Rome, où sont construits des décors représentant notamment le palais de Néron et le Circus Maximus. Plusieurs milliers de figurants participent aux séquences collectives, dont celles consacrées aux persécutions des chrétiens.

Le film représente un investissement financier considérable pour la MGM. Sa sortie est suivie d’un important succès commercial. Quo vadis reçoit huit nominations aux Oscars en 1952, notamment pour le meilleur film et les interprétations de Peter Ustinov et Leo Genn dans des seconds rôles.

Le travail de Mervyn LeRoy sur les grandes productions hollywoodiennes le conduit également à reprendre la réalisation de Permission jusqu’à l’aube (Mister Roberts, 1955), initialement confiée à John Ford. Ce dernier quitte le tournage après des désaccords avec Henry Fonda. LeRoy termine le film, qui reçoit l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour Jack Lemmon.

La direction d’acteurs et la découverte de nouveaux talents

Au sein des studios hollywoodiens, Mervyn LeRoy participe au développement de la carrière de plusieurs interprètes. Sa collaboration avec Lana Turner est particulièrement importante.

En 1937, alors qu’il prépare La ville gronde, le réalisateur auditionne la jeune actrice, encore connue sous le prénom de Judy. Elle obtient le rôle de Mary Clay, une adolescente dont le meurtre provoque une affaire judiciaire dans une ville du sud des États-Unis. Bien que sa présence à l’écran soit brève, elle attire l’attention du public et de la presse.

Mervyn LeRoy contribue ensuite à l’adoption de son nom professionnel, Lana Turner, et accompagne ses premiers engagements à Hollywood. L’actrice devient l’une des vedettes de la MGM au cours des années 1940.

Il travaille également avec Robert Mitchum, qu’il remarque parmi les acteurs interprétant de petits rôles, et encourage les débuts de Clark Gable. Dans les années 1950, il participe à des auditions de la jeune Audrey Hepburn lors de la préparation de Quo vadis, sans que l’actrice soit finalement retenue.

Sa collaboration avec Greer Garson comprend notamment Madame Curie (1943), consacré à la scientifique Marie Curie. L’actrice y interprète la physicienne et chimiste française d’origine polonaise, tandis que Walter Pidgeon incarne Pierre Curie. Le film reçoit sept nominations aux Oscars de 1944, dont celles des deux acteurs principaux.

En 1956, Mervyn LeRoy réalise La Mauvaise Graine (The Bad Seed), adaptation de la pièce de Maxwell Anderson. Il confie à Patty McCormack, qui avait déjà interprété le personnage à Broadway, le rôle de Rhoda Penmark, une enfant dont les actes criminels sont progressivement découverts par sa mère. La jeune actrice reçoit une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle féminin en 1957.

Des distinctions pour son activité de producteur

La reconnaissance professionnelle de Mervyn LeRoy concerne également son activité de producteur. En 1945, il réalise sans être crédité et produit avec Frank Ross le court métrage The House I Live In, interprété par Frank Sinatra.

Ce film d’une dizaine de minutes met en scène le chanteur intervenant auprès d’un groupe de jeunes garçons qui s’en prennent à un enfant juif. Sinatra leur explique l’importance de la tolérance religieuse et de la coexistence entre les communautés américaines. Le scénario est écrit par Albert Maltz, tandis que la chanson-titre est composée par Earl Robinson sur des paroles d’Abel Meeropol.

En 1946, The House I Live In reçoit un Oscar d’honneur, attribué collectivement à ses principaux créateurs, dont Mervyn LeRoy. Le film obtient également un Golden Globe spécial récompensant sa contribution à la compréhension internationale.

En 1960, le réalisateur reçoit une étoile sur le Hollywood Walk of Fame, au 1560 Vine Street, à Los Angeles, pour sa contribution à l’industrie cinématographique.

L’Académie des arts et des sciences du cinéma lui décerne ensuite le prix Irving G. Thalberg, remis lors de la cérémonie des Oscars de 1976. Cette distinction récompense les producteurs dont l’ensemble du travail témoigne d’une qualité durable. Elle reconnaît notamment les responsabilités exercées par Mervyn LeRoy au sein des grands studios américains.

Il avait également reçu en 1956 le Cecil B. DeMille Award aux Golden Globes, distinction attribuée pour l’ensemble d’une carrière dans l’industrie du cinéma.

Les courses hippiques et la vie familiale

Passionné de courses de chevaux, Mervyn LeRoy participe à la fondation du Hollywood Turf Club, société créée pour exploiter l’hippodrome de Hollywood Park, à Inglewood, près de Los Angeles. Il devient membre de son conseil d’administration en 1941.

Avec Harry Warner, président de Warner Bros. et son beau-père pendant plusieurs années, il possède une écurie de chevaux de course, la W-L Ranch Company. Après la dissolution de cette association, Mervyn LeRoy poursuit son activité d’éleveur et de propriétaire sous son propre nom.

Il exerce ensuite la présidence de Hollywood Park pendant plusieurs décennies, avant de devenir président honoraire en 1985. Ses responsabilités hippiques se poursuivent après la fin de sa carrière de réalisateur.

Mervyn LeRoy se marie une première fois en 1927 avec l’actrice Edna Murphy. Leur union prend fin par un divorce. En 1934, il épouse Doris Warner, fille de Harry Warner. Le couple a deux enfants, Warner LeRoy et Linda LeRoy. Warner devient restaurateur à New York, notamment propriétaire du restaurant Tavern on the Green, situé dans Central Park.

Après son divorce avec Doris Warner, Mervyn LeRoy épouse en 1946 Kathryn « Kitty » Spiegel, avec laquelle il reste marié jusqu’à sa mort.

En 1974, il publie son autobiographie, Mervyn LeRoy: Take One, rédigée en collaboration avec le journaliste Dick Kleiner et préfacée par Jack L. Warner. L’ouvrage revient sur son enfance à San Francisco, ses années dans le music-hall et son activité professionnelle à Hollywood.

Mervyn LeRoy meurt le 13 septembre 1987, à l’âge de 86 ans, à Beverly Hills. Il est inhumé au Forest Lawn Memorial Park de Glendale, en Californie.

Filmographie

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Récompenses

1

nomination

1

victoire

  1. 1

    1976