Martin Benson
- Casting
Biographie
- Nationalité
- Né le
- 10 août 1918 à Londres (Royaume-Uni)
- Décédé le
- 28 février 2010
- Âge
- 91 ans
- Autre nom
-
- Martin Benjamin Benson
- Filmographie
- 5 films
Martin Benson, né le 10 août 1918 à Londres et mort le 28 février 2010 en Angleterre, est un acteur britannique de théâtre, de cinéma et de télévision. Pendant plus de six décennies, il s’est spécialisé dans les personnages d’autorité, les aristocrates et surtout les antagonistes cosmopolites. Il reste notamment associé au Kralahome dans The King and I, à Mr. Solo dans Goldfinger et au père Spiletto dans The Omen. Ce 10 août 2026 correspond au 108e anniversaire de sa naissance.
De la pharmacie au théâtre pendant la guerre
Benson naît dans une famille juive londonienne. Avant de devenir comédien, il envisage un temps une carrière dans la pharmacie. La Seconde Guerre mondiale modifie toutefois radicalement son parcours : engagé dans la Royal Artillery, il organise des spectacles destinés aux soldats et monte notamment une tournée de Gaslight.
En 1944, alors capitaine et affecté à Alexandrie, en Égypte, il construit un théâtre destiné aux troupes. Il est assisté dans cette entreprise par son sergent-major, Arthur Lowe, qui deviendra plus tard célèbre grâce à Dad's Army. Cette expérience constitue l’un des véritables points de départ de la carrière théâtrale de Benson.
Après la guerre, il se consacre professionnellement au métier d’acteur. Parmi ses premières apparitions à l’écran figure un petit rôle non crédité dans Under Capricorn d’Alfred Hitchcock en 1949.
Le Kralahome de The King and I
L’un de ses premiers grands succès vient du théâtre musical. Lorsque The King and I de Rodgers et Hammerstein connaît sa première britannique au Drury Lane de Londres en octobre 1953, Herbert Lom interprète le roi de Siam tandis que Martin Benson joue le Kralahome, principal ministre de la cour. Lorsque Lom tombe malade en février 1955, Benson joue même temporairement le roi.
Il reprend le Kralahome dans l’adaptation cinématographique de The King and I en 1956, cette fois face à Yul Brynner et Deborah Kerr. Benson fait partie des interprètes de la production scénique ayant conservé leur rôle pour le film, devenu l’un des grands classiques hollywoodiens de la comédie musicale.
Le personnage contribue fortement à installer son image : visage sévère, diction précise et allure aristocratique lui valent ensuite une longue série de rôles d’hommes puissants, de diplomates, de chefs militaires ou de criminels étrangers. Le Guardian résumera cette spécialité en le rapprochant d’acteurs comme Herbert Lom et Conrad Veidt, souvent employés eux aussi comme antagonistes sophistiqués.
Cleopatra, Peter Sellers et James Bond
Durant les années 1950 et 1960, Benson devient un second rôle particulièrement prolifique. Il apparaît notamment dans Soho Incident, The Strange World of Planet X, The Two-Headed Spy, Exodus et The 3 Worlds of Gulliver. En 1963, il joue Ramos dans Cleopatra avec Elizabeth Taylor et Richard Burton.
L’année suivante est particulièrement mémorable. Dans A Shot in the Dark de Blake Edwards, deuxième aventure cinématographique de l’inspecteur Clouseau avec Peter Sellers, Benson interprète Maurice. Puis Guy Hamilton lui confie Mr. Solo dans Goldfinger.
Mr. Solo est l’un des gangsters américains invités par Auric Goldfinger à participer à son projet criminel. Lorsqu’il décide de récupérer son argent et de partir, Oddjob l’emmène en voiture, le tue, puis fait compacter le véhicule avec son corps à l’intérieur. Bien que relativement bref, ce rôle est devenu l’une des apparitions les plus facilement identifiables de Benson.
The Omen et The Message
Sa carrière se poursuit à un rythme soutenu dans les années 1970. En 1976, il apparaît dans deux productions très différentes devenues célèbres. Dans The Omen de Richard Donner, avec Gregory Peck, il incarne le père Spiletto, prêtre lié aux circonstances mystérieuses entourant la naissance de Damien.
La même année, il joue Abu Jahl dans The Message (Mohammad, Messenger of God) de Moustapha Akkad, grande fresque historique consacrée aux débuts de l’islam. Abu Jahl y figure parmi les principaux adversaires des premiers musulmans à La Mecque.
Parmi ses autres films figurent ensuite Meetings with Remarkable Men, The Human Factor, The Sea Wolves et Sphinx. Beaucoup exploitent encore sa capacité à donner immédiatement une présence autoritaire ou menaçante à un personnage secondaire.
Un Vogon dans The Hitchhiker's Guide to the Galaxy
La télévision occupe elle aussi une place considérable dans sa carrière. Dès les années 1950, Benson participe régulièrement à Douglas Fairbanks Presents et incarne le duc de Médicis dans la série d’aventures Sword of Freedom entre 1957 et 1959. Il joue également dans des séries judiciaires semi-improvisées comme The Verdict Is Yours.
Son rôle télévisé le plus insolite arrive en 1981 dans l’adaptation BBC de The Hitchhiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams. Caché sous un maquillage et un costume imposants, il interprète Prostetnic Vogon Jeltz, le capitaine vogon responsable de la destruction de la Terre et adepte d’une poésie volontairement atroce.
Benson poursuit ses apparitions télévisées pendant encore plus de vingt ans. Son dernier rôle à l’écran est un épisode de Casualty diffusé en 2005, près de soixante ans après ses premiers travaux cinématographiques.
Réalisateur de films éducatifs et peintre
L’acteur mène parallèlement une activité beaucoup moins connue derrière la caméra. Entre 1960 et 1985, sa société Martin Benson Films, installée dans le Hertfordshire, produit plus d’une centaine de films éducatifs et de formation. Benson en écrit ou réalise lui-même un grand nombre et en assure parfois la narration ; certaines productions sont réalisées pour Save the Children.
Il pratique également la peinture. Il commence à peindre dans les loges de théâtre puis développe notamment une série de portraits liés à Shakespeare. En 1993, le Shakespeare Globe Centre accueille une exposition de ses œuvres représentant entre autres Laurence Olivier, John Gielgud et Alec Guinness.
Cette activité artistique éclaire un parcours inhabituellement diversifié : Benson ne s’est jamais limité à l’interprétation, travaillant également comme scénariste, réalisateur, producteur et peintre tout au long de sa vie professionnelle.
Plus de soixante ans devant les caméras
À la fin des années 1990, il apparaît encore dans Angela's Ashes d’Alan Parker. Il reste ensuite actif jusqu’à Casualty en 2005. Martin Benson meurt dans son sommeil le 28 février 2010, à l’âge de 91 ans. Il laisse son épouse Joy ainsi qu’une famille comprenant enfants et beaux-enfants.
Son parcours est celui d’un acteur de caractère typique du cinéma britannique d’après-guerre, mais doté d’une carrière exceptionnellement longue : du théâtre militaire monté en Égypte pendant la Seconde Guerre mondiale à James Bond, de Rodgers et Hammerstein aux Vogons de Douglas Adams, Benson aura traversé plusieurs générations de cinéma et de télévision britanniques.