Martha Coolidge

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Biographie

Martha Coolidge, de son nom complet Martha Patterson Coolidge, est une réalisatrice, scénariste et productrice américaine, née le 17 août 1946 à New Haven, dans le Connecticut.

Une formation construite autour du cinéma indépendant

Issue d’une famille d’architectes, Martha Coolidge commence très jeune à réaliser de petits films familiaux en 8 mm. Elle étudie d’abord l’illustration à la Rhode Island School of Design, où elle devient la première étudiante à choisir le cinéma comme discipline principale. Elle poursuit ensuite sa formation à New York et obtient en 1974 un Master of Fine Arts à l’université de New York.

Ses premiers travaux professionnels prennent la forme de documentaires personnels. Dans David: Off and On, réalisé en 1972, Martha Coolidge filme son frère David et son rapport à la toxicomanie. Deux ans plus tard, elle consacre Old Fashioned Woman à sa grand-mère et assure elle-même la réalisation, la production ainsi que le montage du film.

Avec Not a Pretty Picture, achevé au milieu des années 1970, Martha Coolidge revient sur le viol qu’elle a subi à l’âge de seize ans. Le film mêle reconstitution dramatique et dispositif documentaire, avec Michele Manenti dans un rôle inspiré de l’expérience de la réalisatrice et de la sienne. Coolidge en signe le scénario, la réalisation, la production et le montage.

Valley Girl et l’accès au long métrage hollywoodien

Après plusieurs années consacrées au documentaire et au cinéma indépendant, Martha Coolidge réalise Valley Girl, sorti en 1983. Cette comédie romantique produite à petit budget réunit Deborah Foreman et Nicolas Cage, qui interprète Randy, jeune homme issu de la scène punk de Hollywood. Le film reprend une structure inspirée de Roméo et Juliette dans le Los Angeles du début des années 1980.

Le succès de Valley Girl ouvre à Martha Coolidge l’accès à d’autres productions destinées au grand public. Elle dirige ensuite Real Genius, sorti en 1985 avec Val Kilmer. Le film reçoit le Grand Prix du Festival du film de Paris en 1986.

Avec Rambling Rose, réalisé en 1991, Martha Coolidge travaille avec Laura Dern et Diane Ladd. Les deux actrices obtiennent chacune une nomination aux Oscars pour leurs interprétations, tandis que le film reçoit plusieurs Independent Spirit Awards, dont celui attribué à Coolidge pour la réalisation.

Téléfilms et reconnaissance professionnelle

La télévision fournit à Martha Coolidge plusieurs projets qui lui valent des nominations professionnelles. Elle réalise en 1999 Introducing Dorothy Dandridge, avec Halle Berry dans le rôle de l’actrice et chanteuse américaine. Cette réalisation lui vaut une nomination au Directors Guild of America Award dans la catégorie des téléfilms.

Une nouvelle nomination de la DGA suit pour le segment « 1972 » de If These Walls Could Talk 2. Martha Coolidge dirige cette partie du téléfilm collectif, centré sur plusieurs histoires de femmes lesbiennes à différentes périodes. La nomination est annoncée pour les réalisations télévisuelles de l’année 2000.

Son parcours est également distingué par Women in Film, qui lui remet le Crystal Award en 1992. En 1998, la Directors Guild of America lui décerne le Robert B. Aldrich Achievement Award, destiné à reconnaître un service exceptionnel rendu à la Guilde et à ses membres.

Première femme à présider la Directors Guild of America

Membre de la Directors Guild of America depuis 1983, Martha Coolidge rejoint rapidement ses instances professionnelles. Elle siège au Western Directors Council dès 1984, devient membre du conseil national en 1991 et occupe ensuite plusieurs responsabilités, dont celle de première vice-présidente. Elle travaille également pendant plusieurs années au Creative Rights Committee.

Le 9 mars 2002, le conseil national de la DGA élit Martha Coolidge à la présidence de l’organisation après la démission annoncée de Jack Shea. Elle devient ainsi la première femme présidente de la Directors Guild of America depuis la fondation de la Guilde. Son mandat s’étend de 2002 à 2003.

Pendant cette présidence, Martha Coolidge intervient notamment sur les droits créatifs et l’emploi des réalisatrices. En 2003, la DGA publie sous sa présidence une étude montrant que les hommes blancs avaient réalisé plus de 80 % des épisodes des quarante principales séries dramatiques et comiques diffusées en première partie de soirée au cours de la saison étudiée. Coolidge critique alors publiquement le faible recrutement des femmes et des réalisateurs issus des minorités par les chaînes et les producteurs.

Engagement en faveur des réalisatrices

L’action professionnelle de Martha Coolidge en faveur des femmes derrière la caméra précède sa présidence de la DGA. Son parcours dans le cinéma indépendant des années 1970 se développe à une période où plusieurs réalisatrices américaines cherchent à accéder au long métrage dans une industrie où elles demeurent minoritaires. Elle participe également à la création d’organisations consacrées au cinéma indépendant, dont l’Association of Independent Video and Filmmakers.

La Connecticut Women’s Hall of Fame accueille Martha Coolidge parmi ses membres en 2005. L’institution retient notamment son travail de réalisatrice et son action pour l’accès des femmes aux métiers de la mise en scène. Cette distinction intervient après sa présidence de la DGA et plus de trois décennies après ses premiers documentaires réalisés à New York.

Filmographie

3 sur 3 films

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