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Film Index

Márta Mészáros

Réalisation Écriture

Nationalité
 Hongrie
Âge
95 ans
Filmographie
3 films

Biographie

Márta Mészáros, née le 19 septembre 1931 à Budapest, est une réalisatrice et scénariste hongroise. Elle est l’une des premières cinéastes d’Europe centrale à acquérir une reconnaissance internationale durable et la première femme à avoir remporté l’Ours d’or au Festival de Berlin.

Encore enfant, Márta Mészáros quitte la Hongrie avec sa famille pour l’Union soviétique. Son père, le sculpteur László Mészáros, disparaît pendant les purges staliniennes et sa mère meurt peu après. Placée dans un orphelinat soviétique, elle revient en Hongrie en 1946. Cette expérience familiale nourrira plusieurs décennies plus tard les films autobiographiques de la série des Journal.

Elle étudie le cinéma à Moscou, au VGIK, entre 1954 et 1956. Après sa formation, elle travaille au studio documentaire Alexandru Sahia de Bucarest, puis retourne en Hongrie. Jusqu’en 1968, elle réalise de nombreux courts métrages et documentaires avant de passer au long métrage de fiction.

Adoption et la reconnaissance internationale

En 1968, Márta Mészáros réalise La Fille (Eltávozott nap), son premier long métrage de fiction. Le film, centré sur une jeune ouvrière à la recherche de sa mère biologique, est considéré comme le premier long métrage hongrois réalisé par une femme.

Les personnages féminins occupent ensuite une place centrale dans son travail. Adoption (Örökbefogadás), sorti en 1975, met en relation Kata, ouvrière d’une quarantaine d’années qui souhaite avoir un enfant, et Anna, adolescente placée dans une institution. Le film remporte l’Ours d’or à la Berlinale de 1975. Mészáros devient alors la première réalisatrice à recevoir la récompense suprême du festival.

Avec Neuf mois (Kilenc hónap), elle aborde en 1976 le parcours d’une ouvrière qui refuse de soumettre ses choix personnels aux attentes de son compagnon. Le film obtient le prix FIPRESCI au Festival de Cannes en 1977. L’année suivante, Comme chez nous (Olyan, mint otthon) reçoit la Coquille d’argent au Festival de Saint-Sébastien.

Le Journal et l’histoire familiale

Au début des années 1980, Márta Mészáros entreprend une série de films directement nourrie par son enfance. Journal à mes enfants (Napló gyermekeimnek) suit Juli, adolescente orpheline qui revient d’Union soviétique en Hongrie après la Seconde Guerre mondiale. Son père sculpteur a été arrêté par la police soviétique et sa mère est morte. Le film reprend ainsi plusieurs éléments de la propre histoire de la réalisatrice.

Achevé au début des années 1980, le film reste bloqué pendant environ deux ans par les autorités hongroises avant sa diffusion. Présenté au Festival de Cannes en 1984, il reçoit le Grand Prix spécial du jury. Zsuzsa Czinkóczi interprète Juli, tandis que Jan Nowicki joue János, personnage dans lequel l’adolescente retrouve certains traits de son père disparu.

Márta Mészáros prolonge ce récit avec Journal à mes amours. Juli part à Moscou pour y étudier le cinéma, dans une trajectoire qui reprend de nouveau des épisodes de la jeunesse de la cinéaste. Le film reçoit un Ours d’argent à Berlin en 1987. Journal pour mon père et ma mère, réalisé ensuite, situe le personnage en Hongrie après l’insurrection de 1956.

Une œuvre liée à la mémoire du stalinisme

L’histoire de la Hongrie communiste reste présente dans les films ultérieurs de Márta Mészáros. En 2004, elle réalise L’Homme sans sépulture (A temetetlen halott), consacré à Imre Nagy, chef du gouvernement hongrois pendant l’insurrection de 1956, exécuté en 1958 après un procès secret.

Son lien avec cette histoire dépasse le cinéma. À partir de 1992, Márta Mészáros exerce des responsabilités au sein de l’association Imre Nagy. Elle reçoit en 1995 la plaque commémorative Imre Nagy, après avoir obtenu le prix Kossuth en 1990.

En 2017, elle réalise Aurora Borealis, Northern Lights, récit dans lequel une histoire familiale conduit à revenir sur les violences et les déplacements de populations survenus en Europe centrale à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le film réunit notamment Mari Törőcsik et Ildikó Tóth.

Le prix européen pour l’ensemble de sa carrière

En 2021, l’European Film Academy attribue à Márta Mészáros son European Lifetime Achievement Award pour l’ensemble de son œuvre. Elle est alors la première réalisatrice d’Europe centrale ou orientale à recevoir cette distinction.

Cette récompense intervient plus de cinquante ans après La Fille et près d’un demi-siècle après l’Ours d’or d’Adoption. Elle rejoint les distinctions hongroises déjà reçues par Márta Mészáros, parmi lesquelles le prix Béla Balázs en 1977, le prix Kossuth en 1990 et le titre de Maître du cinéma hongrois en 2003.

Filmographie

  • Journal pour mon père et pour ma mère
    Tout public

    Budapest, 23 octobre 1956. La révolution gronde dans les rues de la capitale hongroise. Alors qu’une foule immense crie d’une seule voix "Nous voulons la liberté" et "Dehors les Russes", des manifestants entreprennent de faire tomber l’imposante statue de bronze de Staline. Informée des événements, Julie se démène pour quitter Moscou et rejoindre son pays. Arrivée enfin deux semaines plus tard à l’appartement, elle y trouve sa tante Vera, à laquelle Magda, qui se cache en ville, a demandé d’attendre le retour de Julie. Le 4 novembre, les chars russes entrent dans la capitale, sonnant la fin sanglante de l’insurrection. Sur des images d’actualité, Julie découvre Janos parmi les insurgés…

    1990 1h51 Réalisatrice Scénariste

  • Journal à mes amours
    Tout public

    Au début des années 1950, Julie, 18 ans, part étudier le cinéma à Moscou... Suite de "Journal intime" de Márta Mészáros, une évocation de la vie dans la Hongrie soviétique à travers le destin d’une jeune femme à la famille meurtrie par l’histoire.

    1987 2h21 Réalisatrice Scénariste

  • Journal intime
    Tout public

    Ayant perdu père et mère en Russie, pendant les purges de Staline, la jeune Julie revient en Hongrie accompagnée de ses grands-parents. La famille est hébergée chez Magda, femme célibataire qui occupe une position de pouvoir au sein du régime en place. A l’écart du monde extérieur, Julie se sent de plus en plus opprimée par Magda et par l’atmosphère qui règne à la maison. Se réfugiant dans ses souvenirs d’enfance et dans le cinéma, elle finit par entrer en contact avec János, jeune ingénieur qui représentera sa seule issue pour sortir de ce monde où elle est enfermée.

    1984 1h46 Réalisatrice Scénariste

Récompenses

1

nomination

1

victoire

  1. 1

    1984