Marcel Bozzuffi
Casting
- Nationalité
- France
- Naissance
- 28 octobre 1928 à Rennes (France)
- Mort
- 2 février 1988
- Âge
- 59 ans
- Autre nom
- Marcel Louis Édouard Bozzuffi
- Filmographie
- 6 films
Biographie
Marcel Bozzuffi, né le 28 octobre 1929 à Rennes, en Ille-et-Vilaine, et mort le 1er février 1988 à Paris, est un acteur, réalisateur et scénariste français. Reconnaissable à sa voix rauque et à son visage aux traits marqués, il interprète de nombreux policiers et gangsters dans le cinéma français des années 1950 à 1980. Il travaille notamment avec Jean-Pierre Melville, Costa-Gavras et Claude Lelouch, et acquiert une notoriété internationale grâce à son rôle de tueur à gages dans French Connection (1971), de William Friedkin. Il réalise également L’Américain (1969) et exerce une activité de comédien au théâtre et de doublage.
Une enfance bretonne et la formation au cours Simon
Marcel Bozzuffi naît à Rennes dans une famille d’origine italienne. Son père, Édouard Bozzuffi, né en Italie en 1893, exerce le métier de fabricant de meubles. Sa mère, Léonie Catherine Belli, est née à Paris en 1896. Il passe son enfance en Bretagne avant de s’installer à Paris après son service militaire.
Il s’inscrit au cours Simon, école d’art dramatique fondée par René Simon, où il entreprend sa formation de comédien. Ses premières expériences professionnelles le conduisent au théâtre. En 1956, il joue dans Les Lingots du Havre, d’Yves Jamiaque, mis en scène par Jean Lanier, et dans Un Français à Moscou, de Pol Quentin, sous la direction de Jacques Charon.
Son activité sur les scènes parisiennes se poursuit avec Vu du pont, d’Arthur Miller, mis en scène par Peter Brook en 1958. Il participe ensuite à Le Vélo devant la porte, adaptation de l’œuvre de Joseph Hayes montée par Jean-Pierre Grenier en 1959. Il retrouve également le répertoire dramatique américain dans Les Petits Renards, de Lillian Hellman, mis en scène par Pierre Mondy en 1962.
Parallèlement, Marcel Bozzuffi commence à tourner au cinéma en 1955. Il apparaît notamment dans Razzia sur la chnouf, réalisé par Henri Decoin, et dans Gas-oil, de Gilles Grangier, avec Jean Gabin. Ces premières productions lui donnent accès à des personnages issus du milieu criminel, mais aussi à des rôles de policiers ou d’hommes d’action.
Les collaborations avec Jean Gabin et Jean-Pierre Melville
Le réalisateur Gilles Grangier fait appel à Marcel Bozzuffi à plusieurs reprises. Dans Le rouge est mis (1957), il retrouve Jean Gabin dans une adaptation d’un roman d’Auguste Le Breton. Il travaille de nouveau avec l’acteur dans Maigret voit rouge (1963), où Gabin incarne le commissaire créé par Georges Simenon.
La présence de Marcel Bozzuffi dans le cinéma policier français se confirme avec Le Deuxième Souffle (1966), réalisé par Jean-Pierre Melville d’après le roman de José Giovanni. Il y interprète Jo Ricci, membre du milieu marseillais et frère de Paul Ricci, joué par Raymond Pellegrin. Le personnage est impliqué dans les rivalités criminelles qui entourent Gu Minda, gangster évadé de prison incarné par Lino Ventura.
Le tournage lui permet de travailler avec Melville, cinéaste connu pour la précision de sa mise en scène et son intérêt pour les rapports de force entre criminels et policiers. Dans Le Deuxième Souffle, son personnage participe à plusieurs séquences de confrontation avec Gu Minda, dont les conséquences déterminent le déroulement de l’intrigue.
L’acteur collabore également avec René Clément, qui le dirige dans Le Jour et l’Heure (1963), drame consacré à la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. Il y joue Lerat, dans une distribution réunissant Simone Signoret et Stuart Whitman.
L’expérience politique et les personnages de Costa-Gavras
Dans Z (1969), réalisé par Costa-Gavras et adapté du roman de Vassilis Vassilikos, Marcel Bozzuffi interprète Vago, l’un des hommes impliqués dans l’assassinat d’un député d’opposition. Le film, inspiré de l’assassinat du parlementaire grec Grigóris Lambrákis en 1963, met en scène Yves Montand dans le rôle du député et Jean-Louis Trintignant dans celui du juge chargé de l’enquête.
Le personnage de Vago appartient à un groupe d’activistes d’extrême droite qui agit avec la complicité de représentants des forces de sécurité. Son intervention dans l’attentat constitue l’un des éléments centraux de l’enquête judiciaire. Z reçoit le prix du jury au Festival de Cannes en 1969, puis l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1970.
Marcel Bozzuffi travaille également avec Claude Lelouch, qui le dirige dans plusieurs films. Dans La Vie, l’Amour, la Mort (1969), il incarne le commissaire Marchand, chargé d’une enquête sur un meurtrier interprété par Amidou. Il retrouve ensuite le réalisateur dans Un homme qui me plaît (1969) et Le Voyou (1970).
Ces collaborations lui permettent de donner la réplique à des interprètes comme Jean-Paul Belmondo et Annie Girardot. Dans Le Voyou, il participe à une intrigue centrée sur un ancien détenu impliqué dans un enlèvement, avec Belmondo dans le rôle principal.
Pierre Nicoli dans French Connection
La carrière internationale de Marcel Bozzuffi prend une nouvelle dimension avec French Connection (The French Connection, 1971), réalisé par William Friedkin. Il y incarne Pierre Nicoli, tueur à gages travaillant pour le trafiquant de drogue Alain Charnier, interprété par Fernando Rey.
L’intrigue, inspirée d’une enquête menée à New York sur un réseau international de trafic d’héroïne, oppose les criminels français à deux policiers américains, Jimmy « Popeye » Doyle et Buddy Russo, interprétés par Gene Hackman et Roy Scheider. Nicoli tente d’assassiner Doyle avant de prendre la fuite dans le métro aérien de Brooklyn.
La poursuite qui s’ensuit constitue l’une des séquences les plus connues du film. Le personnage de Nicoli descend précipitamment un escalier pour rejoindre une rame, tandis que Doyle le poursuit. Marcel Bozzuffi réalise lui-même une partie des actions physiques de la séquence, notamment une chute en arrière dans les escaliers du métro. Son personnage figure également au premier plan de l’affiche originale du film, sous la menace du revolver tenu par Gene Hackman.
Sorti en 1971, French Connection remporte cinq Oscars en 1972, dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur pour Gene Hackman.
Cette participation favorise les engagements de Marcel Bozzuffi dans des productions internationales. En 1972, il joue dans Images, film psychologique réalisé par Robert Altman, avec Susannah York. Il y interprète René, personnage qui intervient dans les visions et les troubles perceptifs d’une femme isolée dans une maison de campagne irlandaise.
Un acteur francophone dans le cinéma italien
D’origine italienne, Marcel Bozzuffi parle couramment l’italien, ce qui lui permet de travailler régulièrement avec des cinéastes de la péninsule. Il collabore notamment avec Carlo Lizzani, qui le dirige dans La Vengeance du Sicilien (Torino nera, 1972), film policier interprété par Bud Spencer.
Il travaille également avec Mauro Bolognini dans La Grande Bourgeoise (Fatti di gente perbene, 1974), drame historique inspiré d’une affaire criminelle survenue en Italie au début du XXᵉ siècle. Le film réunit Giancarlo Giannini et Catherine Deneuve.
Sa collaboration avec Francesco Rosi dans Cadavres exquis (Cadaveri eccellenti, 1976) lui permet de retrouver un récit politique. Il y interprète l’un des personnages gravitant autour de l’enquête menée par l’inspecteur Rogas, incarné par Lino Ventura. L’intrigue, adaptée du roman Le Contexte de Leonardo Sciascia, porte sur une série d’assassinats de magistrats dans une Italie confrontée à des tensions politiques.
Dans Identification d’une femme (Identificazione di una donna, 1982), réalisé par Michelangelo Antonioni, il incarne Mario, personnage homosexuel fréquentant le milieu artistique romain. Cette interprétation lui permet d’aborder un emploi différent des figures de policiers ou de criminels auxquelles il est souvent associé.
L’Américain, une réalisation personnelle
En 1969, Marcel Bozzuffi écrit et réalise son unique long-métrage de cinéma, L’Américain, produit notamment par Claude Lelouch, Georges Dancigers et Alexandre Mnouchkine.
Le film raconte le retour de Bruno, interprété par Jean-Louis Trintignant, dans sa ville natale de Rouen après un long séjour aux États-Unis. Il retrouve plusieurs amis d’enfance et découvre les changements intervenus dans leurs vies. Marcel Bozzuffi joue Jacky, un ancien espoir du football dont les ambitions sportives ont pris fin. La distribution comprend également Simone Signoret dans le rôle de Léone, Bernard Fresson dans celui de Raymond et Rufus dans celui de Corbeau.
Le réalisateur signe lui-même le scénario et les dialogues. La musique originale est composée par Georges Moustaki, tandis qu’Alain Corneau participe au tournage comme assistant réalisateur. L’Américain sort dans les salles françaises en septembre 1969.
Le récit accorde une place importante aux retrouvailles entre les anciens amis et aux lieux de leur jeunesse. Le tournage à Rouen permet de montrer les transformations urbaines de la ville, notamment les constructions modernes qui côtoient les quartiers anciens.
Marcel Bozzuffi poursuit ensuite son activité d’auteur et de réalisateur à la télévision. Il réalise notamment Les Grands Ducs (1982), puis Bon anniversaire Juliette (1983). Dans ce dernier téléfilm, diffusé sur TF1, il dirige Françoise Fabian et Sophie Renoir. Le récit suit une jeune femme qui annonce à ses parents sa décision d’abandonner ses études pour travailler dans la peinture sur bois.
Une voix familière du doublage français
La voix grave de Marcel Bozzuffi lui vaut également de nombreux engagements dans le doublage. Il prête notamment sa voix française à Charles Bronson et à Paul Newman, dans plusieurs de leurs films.
Il interprète également Lucky Luke dans le long-métrage d’animation Daisy Town (1971), réalisé d’après les personnages créés par Morris et René Goscinny. Pierre Trabaud prête sa voix à Joe Dalton, tandis que Jacques Balutin interprète William Dalton et Pierre Tornade, Averell Dalton. La musique du film est composée par Claude Bolling.
Cette interprétation du célèbre cow-boy solitaire lui permet d’utiliser sa voix dans un registre humoristique. Il reprend ce rôle dans des enregistrements sonores adaptés de l’univers de Lucky Luke, notamment un disque publié par Adès en 1984.
Son activité théâtrale se poursuit également après ses nombreuses collaborations cinématographiques. En 1985, il joue dans Les Gens d’en face, pièce de Hugh Whitemore mise en scène par Jonathan Critchley.
Sa relation avec Françoise Fabian
Marcel Bozzuffi partage une grande partie de sa vie avec l’actrice Françoise Fabian, qu’il rencontre dans les années 1960. Tous deux figurent notamment dans la distribution de Maigret voit rouge, réalisé en 1963 par Gilles Grangier.
Le couple participe à plusieurs projets communs, dont L’Américain, dans lequel Françoise Fabian interprète une employée d’agence immobilière. L’actrice joue ensuite sous sa direction dans le téléfilm Bon anniversaire Juliette (1983).
Après plus de vingt ans de vie commune, ils se marient le 25 septembre 1986 à Paris.
Marcel Bozzuffi meurt à Paris le 1er février 1988, à l’âge de 58 ans, des suites d’une tumeur cérébrale. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse, dans la 7ᵉ division.
En 1990, un recueil posthume de ses textes, intitulé Forfana. Récits, est publié.
Filmographie
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