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Film Index

Lee Kang-sheng

Casting Production

Nationalité
 Taïwan
Âge
58 ans
Autres noms
李康生, Lǐ Kāngshēng
Filmographie
6 films

Biographie

Lee Kang-sheng, né le 21 octobre 1968 à Taipei, à Taïwan, est un acteur, réalisateur et scénariste taïwanais. Il est principalement connu pour sa collaboration avec le cinéaste Tsai Ming-liang, dont il est l’interprète principal depuis Les Rebelles du dieu néon (1992). Lauréat du Golden Horse Award du meilleur acteur en 2013 pour Les Chiens errants, il a également réalisé plusieurs films, dont The Missing (2003) et Help Me, Eros (2007). Son travail de réalisateur lui vaut notamment le Tigre d’or au Festival international du film de Rotterdam en 2004.

Une rencontre décisive avec Tsai Ming-liang

Lee Kang-sheng grandit à Taipei, où il commence sa vie professionnelle en occupant différents emplois. Au début des années 1990, il travaille notamment dans une salle de jeux vidéo lorsqu’il est remarqué par Tsai Ming-liang, réalisateur d’origine malaisienne alors installé à Taïwan. Celui-ci recherche un jeune interprète pour une fiction télévisée et lui propose de participer au tournage de Boys (1991). Lee Kang-sheng, qui ne possède aucune formation de comédien, accepte cette première expérience devant la caméra.

Leur collaboration se poursuit avec Les Rebelles du dieu néon (Rebels of the Neon God, 1992), premier long métrage de Tsai Ming-liang. Lee Kang-sheng y interprète Hsiao-kang, jeune homme vivant chez ses parents à Taipei, qui abandonne ses études et se met à suivre deux petits délinquants rencontrés dans les rues de la capitale. Le réalisateur utilise notamment les salles de jeux électroniques et les quartiers commerçants pour représenter les déplacements du personnage dans la ville.

Le prénom Hsiao-kang, diminutif de Kang-sheng, revient dans plusieurs œuvres ultérieures du cinéaste. Le réalisateur conserve son interprète au centre de récits où les personnages parlent peu et accomplissent des gestes quotidiens filmés dans des plans souvent prolongés. Lee Kang-sheng développe ainsi un mode d’interprétation privilégiant les mouvements du corps et les changements d’expression plutôt que les dialogues.

Dans Vive l’amour (Vive L’Amour, 1994), il interprète un vendeur de concessions funéraires qui s’introduit clandestinement dans un appartement inoccupé de Taipei. Il partage ce logement avec deux autres personnages, interprétés par Yang Kuei-mei et Chen Chao-jung, sans que ceux-ci connaissent nécessairement sa présence. Le film remporte le Lion d’or à la Mostra de Venise en 1994. Pour son interprétation, Lee Kang-sheng reçoit le prix du meilleur acteur au Festival des trois continents de Nantes et obtient sa première nomination au Golden Horse Award du meilleur acteur.

Le corps et le temps dans le travail de l’acteur

La collaboration avec Tsai Ming-liang accorde une place particulière aux expériences physiques des personnages. Dans La Rivière (The River, 1997), Lee Kang-sheng interprète un jeune homme qui participe au tournage d’un film avant de développer de violentes douleurs cervicales. Son personnage consulte plusieurs spécialistes et recourt à des traitements traditionnels pour tenter de soulager sa souffrance. Le récit explore parallèlement ses relations avec ses parents, interprétés par Miao Tien et Lu Yi-ching.

Les gestes répétitifs et les périodes d’immobilité deviennent des éléments récurrents de son jeu. Lee Kang-sheng travaille notamment sur la durée des actions, parfois filmées sans interruption pendant plusieurs minutes. Les déplacements dans les rues de Taipei et les scènes de solitude domestique permettent au réalisateur d’observer son personnage dans des situations où les événements dramatiques demeurent limités.

Dans Et là-bas, quelle heure est-il ? (What Time Is It There ?, 2001), il incarne un vendeur de montres de Taipei qui rencontre une jeune femme sur le point de partir pour Paris. Après son départ, il commence à régler les horloges de son environnement sur l’heure française. Le film établit ainsi des correspondances entre les expériences de personnages séparés par plusieurs milliers de kilomètres. Lee Kang-sheng reçoit pour ce rôle le prix du meilleur acteur au Festival international du film de Cinemanila en 2002.

Le cinéaste retrouve l’acteur dans Les Chiens errants (Stray Dogs, 2013), où celui-ci interprète un père sans domicile qui tente d’élever ses deux enfants à Taipei. Il gagne sa vie en portant un panneau publicitaire au bord des routes et dort avec ses enfants dans des bâtiments abandonnés. Le récit comporte notamment une longue séquence dans laquelle le personnage demeure immobile devant une peinture murale, aux côtés d’une femme interprétée par Chen Shiang-chyi.

Cette prestation vaut à Lee Kang-sheng le Golden Horse Award du meilleur acteur en 2013, ainsi que le prix du meilleur acteur au Festival du film Asie-Pacifique. Il reçoit également le prix du meilleur acteur au Festival du film de Taipei en 2014. Les Chiens errants remporte pour sa part le Grand Prix du jury à la Mostra de Venise en 2013.

Le passage à la réalisation et les recherches sur la solitude urbaine

En 2003, Lee Kang-sheng réalise son premier long métrage, The Missing (Bu jian), dont il écrit également le scénario. Le film suit une grand-mère interprétée par Lu Yi-ching, qui recherche son petit-fils disparu dans un parc de Taipei. Parallèlement, un adolescent tente de retrouver son grand-père. Les déplacements des personnages les conduisent à travers différents espaces urbains où ils croisent des inconnus sans parvenir à obtenir les renseignements qu’ils recherchent.

Le film est présenté au Festival international du film de Busan en 2003, où il remporte le prix New Currents, attribué à de nouvelles réalisations asiatiques. Il reçoit ensuite, au Festival international du film de Rotterdam en 2004, le Tigre d’or, le prix NETPAC récompensant le cinéma asiatique et le prix de la critique néerlandaise KNF. Il est également distingué au Festival international du film d’Athènes.

En 2007, Lee Kang-sheng réalise son deuxième long métrage, Help Me, Eros (Bang bang wo ai shen), dont il interprète le personnage principal, Ah Jie. Ancien courtier en bourse ruiné, celui-ci vit seul dans un appartement où il cultive du cannabis et entretient une relation téléphonique avec une conseillère d’assistance psychologique. Il rencontre également une jeune vendeuse travaillant dans une boutique de noix de bétel, interprétée par Yin Shin.

Tsai Ming-liang participe à cette production comme directeur artistique. Le film reprend plusieurs décors caractéristiques de la ville contemporaine taïwanaise, notamment les commerces ouverts la nuit et les appartements exigus. Il est présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise en 2007, puis remporte le Grand Prix des Asturies au Festival international du film de Gijón, en Espagne.

Le réalisateur participe ensuite au film collectif Taipei 24H (2009), constitué de courts métrages consacrés à différents moments d’une journée dans la capitale taïwanaise. Il y écrit et réalise le segment Remembrance. En 2016, il signe également le court métrage Single Belief, présenté au Festival du film de Taipei.

Les performances avec Tsai Ming-liang et les installations artistiques

La collaboration avec Tsai Ming-liang s’étend à des projets conçus pour les musées et les espaces d’exposition. En 2009, le cinéaste réalise Visage (Face), film commandé dans le cadre d’un projet artistique du musée du Louvre à Paris. Lee Kang-sheng y retrouve plusieurs interprètes habituels de Tsai, aux côtés de comédiens français tels que Jean-Pierre Léaud et Fanny Ardant.

À partir de 2012, il participe à la série de performances filmées Walker, dans lesquelles il incarne un moine bouddhiste qui marche extrêmement lentement dans différents environnements urbains. Vêtu d’une robe rouge, le personnage progresse en abaissant progressivement le pied au sol, selon une succession de gestes précisément contrôlés. Ces performances sont réalisées notamment à Hong Kong et à Marseille.

Dans Journey to the West (2014), tourné à Marseille, Lee Kang-sheng poursuit cette marche à travers les rues de la ville, tandis que Denis Lavant participe à plusieurs séquences. La mise en scène confronte les mouvements ralentis de l’acteur à l’activité ordinaire des passants et à la circulation urbaine.

Cette recherche sur la durée se prolonge avec Days (Rizi, 2020), également réalisé par Tsai Ming-liang. Lee Kang-sheng y incarne Kang, homme souffrant de douleurs physiques qui rencontre Non, jeune Laotien vivant à Bangkok, interprété par Anong Houngheuangsy. Le film comprend de longues séquences consacrées aux soins du corps et à la préparation des repas. Les échanges entre les deux personnages sont presque entièrement dépourvus de dialogues.

Présenté en compétition à la Berlinale en février 2020, Days remporte le Teddy Award, récompense consacrée aux films abordant les questions LGBTQ+. Cette production prolonge la collaboration entre les deux artistes, commencée près de trente ans auparavant.

La reconnaissance auprès d’une nouvelle génération de cinéastes asiatiques

Lee Kang-sheng travaille également avec des réalisateurs extérieurs au cinéma taïwanais. En 2024, il interprète Lao Wu dans Stranger Eyes, réalisé par le cinéaste singapourien Yeo Siew Hua. Le film raconte l’histoire d’un couple dont la petite fille a disparu et qui commence à recevoir des enregistrements vidéo révélant des scènes de sa vie privée. Le personnage de Lao Wu, voisin solitaire, devient l’un des protagonistes de cette enquête sur la surveillance et les relations familiales.

Présenté en compétition à la Mostra de Venise en 2024, Stranger Eyes réunit notamment Wu Chien-ho et Anicca Panna. Lee Kang-sheng reçoit pour ce rôle une nomination au Golden Horse Award du meilleur acteur dans un second rôle en 2024. Il remporte ensuite l’Asian Film Award du meilleur second rôle masculin, puis le prix du meilleur acteur dans un second rôle au Festival du film de Taipei en 2025.

La réalisatrice américaine d’origine chinoise Constance Tsang lui confie également un rôle important dans Blue Sun Palace (2024), son premier long métrage. Tourné à New York, le film suit plusieurs immigrés chinois travaillant dans des salons de massage du Queens. Lee Kang-sheng interprète Cheung, un ouvrier du bâtiment qui entretient une relation avec Didi, jouée par Xu Haipeng, puis se rapproche d’Amy, incarnée par Wu Ke-xi.

Le film est présenté à la Semaine de la critique du Festival de Cannes en mai 2024, où il remporte le prix French Touch du jury. Pour son interprétation, Lee Kang-sheng reçoit le prix du meilleur acteur au Festival international du film du Caire en novembre 2024.

La même année, le Festival du film de Taipei lui décerne le Screen Icon Award, distinction honorifique saluant sa contribution au cinéma. Le prix accompagne une programmation de plusieurs œuvres auxquelles il a participé depuis sa rencontre avec Tsai Ming-liang.

Filmographie

  • Stranger Eyes
    Tout public

    La petite fille de Darren a disparu. Lorsque des images mystérieuses apparaissent, Darren soupçonne son voisin Goh, d’être le voyeur lié à la disparition de sa fille. De plus en plus inquiet, Darren décide de traquer Goh…

    2024 2h05 Lao Wu

  • Les chiens errants
    Tout public

    Un père et ses deux enfants vivent en marge de Taipei, entre les bois et les rivières de la banlieue et les rues pluvieuses de la capitale. Le jour, le père gagne chichement sa vie en faisant l’homme sandwich pour des appartements de luxe pendant que son fils et sa fille hantent les centres commerciaux à la recherche d’échantillons gratuits de nourriture. Un soir d’orage, il décide d’emmener ses enfants dans un voyage en barque.

    2014 2h18 Father Producteur

  • Et là-bas, quelle heure est-il ?
    Tout public

    Lorsqu’un jeune marchand ambulant à la vie de famille lugubre rencontre une femme en route pour Paris, ils établissent une connexion instantanée. Il change toutes les horloges de Taipei à l’heure française, en regardant Les 400 Coups de François Truffaut ; elle fait une étrange rencontre avec sa star vieillissante, Jean-Pierre Leaud.

    2001 1h56 Hsiao-Kang Producteur

  • Le trou
    Tout public

    Taiwan, à l’aube du 21e siècle, dans un environnement totalement pollué où la pluie ne cesse de tomber, l’île est en proie à une épidémie dont la cause est inconnue. Un homme et une femme sont voisins dans un HLM abandonné qui vient juste d’être déclaré zone sinistrée. Un jour un plombier vient pour arranger une fuite dans l’appartement de Hsiao Kang. Il fait un trou dans le sol, promet de revenir le jour d’après et ne réapparaît plus. Le trou donne aux deux voisins l’occasion de s’épier. Entre eux se forme un lien étrange. La femme rêve qu’elle danse et chante sur des musiques de Grace Chang. Parfois l’homme se joint à elle. Un jour, elle tombe malade…

    1999 1h36 The Man Upstairs

  • Vive l'amour
    Tout public

    Hsiao-kang travaille dans les pompes funèbres. II vend des niches de colombariums, destinées aux cendres des morts. Mei est agente immobilière. Elle vit seule dans un petit appartement. Ah-jung vend des vêtements pour femmes dans la rue, la nuit, en face d’un grand magasin. Par une nuit d’hiver, ils s’introduisent tous les trois dans un appartement vide, au cœur de Taïpei. Ils sont ensemble. Ils sont seuls…

    1994 1h58 Hsiao-kang

  • Les Rebelles du dieu néon
    Tout public

    Kan-sheng passe son temps à déambuler dans les rues de Taipei à pied ou en mobylette. Un jour, alors qu’il circule exceptionnellement dans le taxi de son père, il remarque un jeune homme à moto. Ce dernier, agacé par les coups de klaxon de son père, casse le rétroviseur de la voiture. Kang-sheng le retrouve quelque temps plus tard et le suit. S’ensuit une fascination progressive de Kan-sheng pour ce jeune homme et sa petite amie.

    1994 1h46 Hsiao-kang