Klaus Schulze

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Biographie

Klaus Schulze, né le 4 août 1947 à Berlin et mort le 26 avril 2022 dans la même ville, est un compositeur, claviériste et producteur allemand. Ancien membre de Tangerine Dream et d’Ash Ra Tempel, il développe à partir de 1972 une œuvre solo fondée sur les instruments électroniques, les séquenceurs et les compositions de longue durée. Il utilise également le nom de Richard Wahnfried pour une partie de ses enregistrements.

La scène expérimentale de Berlin-Ouest

Fils d’un écrivain et d’une danseuse de ballet, Klaus Schulze étudie la littérature allemande à l’Université technique de Berlin. Il commence sa pratique musicale par la guitare et la batterie, qu’il aborde avec des techniques expérimentales au sein de groupes locaux. Sa rencontre avec Edgar Froese au Zodiac Club de Berlin-Ouest conduit à son entrée dans une première formation de Tangerine Dream.

La batterie de Klaus Schulze figure sur Electronic Meditation, premier album de Tangerine Dream, enregistré avec Edgar Froese et Conrad Schnitzler. Le disque paraît en 1970 et utilise les possibilités acoustiques d’une ancienne usine berlinoise, ainsi que des traitements appliqués aux instruments. Le musicien quitte le groupe après cet enregistrement.

Avec Manuel Göttsching et Hartmut Enke, Klaus Schulze fonde ensuite Ash Ra Tempel. Il joue de la batterie sur le premier album du trio, publié en 1971, avant de se consacrer à son propre travail. Une collaboration avec Göttsching reprend plusieurs décennies plus tard sur Friendship, album d’Ash Ra Tempel sorti en 2000.

Les longues formes électroniques d’Irrlicht et de Timewind

Le premier album solo de Klaus Schulze, Irrlicht, paraît en 1972. Enregistré principalement avec un orgue et une bande d’orchestre transformée en studio, il ne repose pas encore sur les synthétiseurs qui deviendront caractéristiques de son travail. Cyborg, publié l’année suivante, introduit notamment le synthétiseur EMS VCS 3 dans des compositions réparties sur deux disques.

Les séquenceurs occupent une place croissante dans ses enregistrements du milieu des années 1970. Klaus Schulze construit Timewind autour de deux pièces qui occupent chacune une face du disque, « Bayreuth Return » et « Wahnfried 1883 ». Leurs titres renvoient à Richard Wagner, dont la résidence de Bayreuth portait le nom de Wahnfried.

Avec Moondawn, sorti en 1976, Klaus Schulze utilise le synthétiseur Moog et travaille avec le batteur Harald Grosskopf. Les motifs répétés des séquenceurs soutiennent des développements instrumentaux prolongés, enregistrés avec une part importante de jeu en temps réel. La même année, le compositeur rejoint Go, ensemble formé par Stomu Yamash’ta avec Steve Winwood, Michael Shrieve et Al Di Meola.

Cette période comprend aussi Mirage et X, double album dont les morceaux portent les noms de personnalités telles que Friedrich Nietzsche ou Ludwig II de Bavière. Klaus Schulze associe alors les synthétiseurs à des interventions orchestrales et à la voix du chanteur Arthur Brown.

Concerts, collaborations et projet Wahnfried

Les concerts de Klaus Schulze reposent fréquemment sur des structures préparées que le musicien développe sur scène avec ses claviers et ses séquenceurs. Plusieurs prestations sont publiées sous forme d’albums, dont Dziekuje Poland Live ’83, enregistré pendant une tournée en Pologne avec le percussionniste Rainer Bloss.

Sous le nom de Richard Wahnfried, Klaus Schulze réalise des disques collectifs auxquels participent différents instrumentistes. Ce pseudonyme devient ensuite le nom d’un projet parallèle, abrégé en Wahnfried à partir des années 1990. Time Actor, publié en 1979, réunit notamment Arthur Brown et le violoncelliste Vincent Crane.

La chanteuse australienne Lisa Gerrard collabore avec Klaus Schulze sur Farscape, double album paru en 2008. Elle participe ensuite à plusieurs concerts du compositeur, dont une prestation enregistrée à Varsovie et publiée sous le titre Dziękuję bardzo. Leur travail associe sa voix aux nappes électroniques et aux séquences instrumentales conçues par Schulze.

Son catalogue comprend également des musiques destinées au cinéma. Klaus Schulze compose notamment pour Angst, film réalisé par Gerald Kargl en 1983, et plusieurs de ses enregistrements sont utilisés dans des œuvres postérieures. Une partie de « Frank Herbert », morceau de l’album X, figure dans la musique de Dune de Denis Villeneuve, réalisée sous la direction musicale de Hans Zimmer.

Une dernière œuvre liée à l’univers de Frank Herbert

Le roman Dune de Frank Herbert inspire directement plusieurs compositions de Klaus Schulze. Son album Dune, sorti en 1979, comprend une pièce-titre enregistrée avec Arthur Brown et le violoncelliste Wolfgang Tiepold. Le compositeur revient à cet univers pour Deus Arrakis, achevé après sa collaboration autour du film de Denis Villeneuve.

Enregistré après plusieurs années de maladie rénale, Deus Arrakis réunit trois longues compositions intitulées « Osiris », « Seth » et « Der Hauch des Lebens ». Le disque paraît en 2022 après la mort de Klaus Schulze, survenue à l’âge de 74 ans. Son œuvre publiée compte plus de soixante albums et s’étend sur six décennies d’activité.

Filmographie

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