Kaouther Ben Hania
- Réalisation
- Montage
- Écriture
Biographie
- Nationalité
- Née le
- 27 août 1977 à Sidi Bouzid (Tunisie)
- Âge
- 49 ans
- Récompenses
- 3 nominations pour 0 victoire
- Filmographie
- 3 films
Kaouther Ben Hania est une réalisatrice, scénariste et monteuse tunisienne, née en 1977 à Sidi Bouzid, en Tunisie. Formée au cinéma à Tunis puis à Paris, elle développe une œuvre dans laquelle documentaire et fiction peuvent partager un même dispositif narratif.
Des études de cinéma entre Tunis et Paris
Kaouther Ben Hania étudie de 2002 à 2004 à l’École des arts et du cinéma de Tunis. Elle poursuit sa formation à Paris, notamment à La Fémis, où elle étudie l’écriture de scénario, puis obtient un master de recherche en études cinématographiques et audiovisuelles à l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Son premier court métrage, La Brèche, est réalisé en 2004.
Son travail documentaire prend rapidement une place importante. Kaouther Ben Hania réalise notamment Les Imams vont à l’école, présenté en compétition à l’International Documentary Film Festival Amsterdam. En 2016, son documentaire Zaineb n’aime pas la neige, tourné sur plusieurs années autour d’une jeune Tunisienne et de sa famille, reçoit le Tanit d’or aux Journées cinématographiques de Carthage ainsi que le prix Ulysse au Cinemed de Montpellier.
La réalisatrice pratique également le court métrage de fiction. Peau de colle, sorti en 2013, obtient à son tour un Tanit d’or aux Journées cinématographiques de Carthage. Cette activité accompagne son passage au long métrage avec Le Challat de Tunis, présenté en 2014 dans la programmation de l’ACID au Festival de Cannes et récompensé par le Bayard d’or du meilleur premier film au Festival international du film francophone de Namur.
Le fait divers comme matière de mise en scène
Dans Le Challat de Tunis, Kaouther Ben Hania part d’une histoire ayant circulé dans la capitale tunisienne, celle d’un homme à moto qui aurait lacéré les fesses de femmes dans la rue. Le film adopte une construction mêlant enquête documentaire et situations mises en scène, avec la cinéaste elle-même présente dans la recherche du personnage désigné comme le « Challat ». Ce principe brouille délibérément les frontières formelles entre investigation réelle et fiction.
Un autre fait divers fournit la matière de La Belle et la Meute. Le film suit une jeune femme qui tente de porter plainte après un viol commis par des policiers. Kaouther Ben Hania construit le récit autour d’une succession de longs plans et présente le film en 2017 dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes, où il reçoit le prix de la meilleure création sonore.
Cette utilisation de dispositifs formels précis se retrouve dans Les Filles d’Olfa. Kaouther Ben Hania y filme Olfa Hamrouni et deux de ses filles, tandis que des actrices prennent la place des deux filles aînées absentes. Hend Sabri intervient également pour remplacer ponctuellement Olfa lorsque certaines scènes nécessitent qu’elle observe sa propre histoire plutôt qu’elle ne la rejoue. Le film associe ainsi témoignages familiaux et reconstitutions interprétées devant la caméra.
Deux nominations aux Oscars avec des formes différentes
Avec L’Homme qui a vendu sa peau, Kaouther Ben Hania écrit une fiction autour de Sam Ali, réfugié syrien dont le dos devient l’œuvre d’un artiste contemporain. Yahya Mahayni tient le rôle principal aux côtés de Dea Liane et Monica Bellucci. Présenté dans la section Orizzonti de la Mostra de Venise en 2020, le film vaut à Mahayni le prix d’interprétation masculine de cette section.
Le long métrage représente ensuite la Tunisie aux Oscars 2021 et obtient une nomination au prix du meilleur film international. Il devient le premier film tunisien nommé dans cette catégorie. Kaouther Ben Hania rejoint la même année le jury de la Cinéfondation et des courts métrages au Festival de Cannes.
Deux ans plus tard, Les Filles d’Olfa est sélectionné en compétition pour la Palme d’or au Festival de Cannes 2023. Kaouther Ben Hania en assure la réalisation, le scénario et le montage. Le film reçoit l’Œil d’or, prix attribué au meilleur documentaire présenté dans les différentes sélections cannoises.
Aux Oscars 2024, Les Filles d’Olfa est nommé dans la catégorie du meilleur long métrage documentaire, avec Kaouther Ben Hania et le producteur Nadim Cheikhrouha parmi les nommés. Cette candidature intervient trois ans après celle de L’Homme qui a vendu sa peau dans la catégorie internationale.
La Voix de Hind Rajab et le Grand Prix du jury à Venise
En 2025, Kaouther Ben Hania réalise La Voix de Hind Rajab, consacré aux dernières heures de Hind Rajab, une enfant palestinienne de six ans tuée à Gaza en janvier 2024. Le film prend pour cadre les appels reçus par des volontaires du Croissant-Rouge palestinien alors qu’ils tentent d’organiser le secours de l’enfant, bloquée dans une voiture sous les tirs. Saja Kilani, Motaz Malhees et Clara Khoury figurent parmi les interprètes.
Présenté en compétition à la 82e Mostra de Venise, La Voix de Hind Rajab reçoit en septembre 2025 le Lion d’argent, Grand Prix du jury. Le jury de la compétition est alors présidé par Alexander Payne. Le film obtient également plusieurs récompenses décernées parallèlement à la sélection officielle, dont le Leoncino d’Oro.
La Tunisie présente ensuite le film aux 98e Oscars. Lors de la cérémonie du 15 mars 2026, La Voix de Hind Rajab figure parmi les cinq nommés à l’Oscar du meilleur film international, remporté par le film norvégien Valeur sentimentale. Il s’agit de la deuxième nomination de la Tunisie dans cette catégorie, après L’Homme qui a vendu sa peau, également réalisé par Kaouther Ben Hania.
Filmographie
3 sur 3 films