Julius Harris

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Biographie

Julius Harris est un acteur américain, né le 17 août 1923 à Philadelphie, en Pennsylvanie, et mort le 17 octobre 2004 à Woodland Hills, en Californie, à l’âge de 81 ans. Sa carrière au théâtre, au cinéma et à la télévision s’étend sur quatre décennies.

De l’armée et des soins infirmiers au métier d’acteur

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Julius Harris sert dans l’armée américaine comme infirmier militaire. Après son départ du service en 1950, il travaille comme aide-soignant, puis comme infirmier. Il s’installe ensuite à New York, où il fréquente à Greenwich Village plusieurs jeunes comédiens, parmi lesquels James Earl Jones, Yaphet Kotto, Al Freeman Jr. et Louis Gossett Jr.

Le métier d’acteur commence relativement tard pour Julius Harris. Après avoir plaisanté avec ses amis comédiens sur les difficultés de leur profession, il se présente à une audition et obtient le rôle de Will Anderson dans Nothing But a Man, réalisé par Michael Roemer et sorti en 1964. Ivan Dixon et Abbey Lincoln tiennent les rôles principaux de ce drame consacré à un couple noir vivant dans le Sud des États-Unis.

Cette première expérience intervient alors qu’Julius Harris a une quarantaine d’années. Il rejoint ensuite le Negro Ensemble Company à New York et travaille également sur scène. En 1971, il joue Sweets Crane à Broadway dans No Place to Be Somebody, pièce de Charles Gordone présentée à l’ANTA Theatre.

Une place importante dans le cinéma afro-américain des années 1970

Au début des années 1970, Julius Harris obtient plusieurs rôles dans des productions portées par des acteurs et cinéastes afro-américains. Dans Super Fly, réalisé par Gordon Parks Jr. en 1972, il interprète Scatter, ancien trafiquant sollicité par Priest, joué par Ron O’Neal. Ce personnage reste suffisamment associé à l’acteur pour que des spectateurs continuent à l’interpeller par son nom plusieurs décennies plus tard.

La même période lui permet de travailler dans Shaft’s Big Score !, deuxième film consacré au détective John Shaft, incarné par Richard Roundtree. Julius Harris joue également Mr. Gibbs dans Black Caesar, réalisé par Larry Cohen avec Fred Williamson. Ces emplois accompagnent l’expansion, au début des années 1970, des productions américaines centrées sur des protagonistes noirs.

L’acteur expliquera plus tard que les possibilités offertes aux interprètes noirs s’étaient élargies durant cette période. Julius Harris évoquait notamment les difficultés rencontrées auparavant pour trouver certains emplois techniques, indiquant avoir effectué lui-même des cascades parce que les productions ne disposaient pas toujours de cascadeurs noirs correspondant à son gabarit.

Tee Hee dans Vivre et laisser mourir

Guy Hamilton dirige Julius Harris dans Vivre et laisser mourir (Live and Let Die), sorti en 1973 et premier James Bond interprété par Roger Moore. Harris y joue Tee Hee Johnson, homme de main de Kananga doté d’un bras mécanique terminé par une pince. Le personnage apparaît notamment dans la séquence située dans un élevage de crocodiles et affronte Bond à bord d’un train dans la dernière partie du film.

La pince métallique du personnage naît d’un échange entre Julius Harris et le réalisateur. Lorsque Guy Hamilton lui demande quel type d’arme il souhaiterait utiliser, l’acteur propose un crochet afin d’éviter les armes à feu et les couteaux déjà fréquents dans ses rôles. Le dispositif devient l’un des éléments visuels caractéristiques de Tee Hee.

Pour le combat final dans le train, Julius Harris réalise lui-même ses cascades. Cette séquence l’oppose directement à Roger Moore dans un espace étroit avant que Tee Hee ne soit projeté hors du wagon.

Des rôles d’autorité et de caractère

Après Vivre et laisser mourir, Julius Harris interprète l’inspecteur Daniels dans Les Pirates du métro (The Taking of Pelham One Two Three), réalisé par Joseph Sargent en 1974. Le personnage appartient à la hiérarchie de la police new-yorkaise chargée de réagir à la prise d’otages d’une rame de métro. Walter Matthau et Robert Shaw tiennent les deux rôles principaux.

Dans King Kong, réalisé par John Guillermin et sorti en 1976, Julius Harris joue Boan, membre de l’expédition conduite vers Skull Island. La même année, il interprète un personnage historique avec le président ougandais Idi Amin dans le téléfilm Victory at Entebbe, réalisé par Marvin J. Chomsky. Burt Lancaster y joue Shimon Peres et Anthony Hopkins le Premier ministre Yitzhak Rabin.

Julius Harris reprend le rôle d’Idi Amin après la mort de Godfrey Cambridge, initialement choisi pour le personnage et décédé pendant la production. Le téléfilm dramatise l’opération menée en juillet 1976 par les forces israéliennes pour libérer les otages retenus à l’aéroport d’Entebbe, en Ouganda.

La télévision lui confie également Augie dans la minisérie Rich Man, Poor Man. Quelques années plus tard, Julius Harris joue un prédicateur à la tête d’un groupe d’anciens esclaves dans la minisérie The Blue and the Gray, diffusée en 1982.

Théâtre, télévision et dernières années

Les séries américaines fournissent à Julius Harris de nombreux rôles invités pendant les années 1970 et 1980. Il intervient notamment dans Kojak et Good Times, puis apparaît dans The Jeffersons et Benson. Son travail alterne alors personnages policiers, criminels ou figures d’autorité avec des emplois plus éloignés de ceux qui avaient marqué ses premiers films.

Sa carrière se poursuit plus ponctuellement durant les années 1990. Julius Harris interprète Mr. Sumatra dans Shrunken Heads en 1994, puis Gramps dans un épisode d’Urgences en 1997. IMDb lui attribue au total 96 crédits comme acteur.

En 2003, le Next Generation Council du Motion Picture & Television Fund organise à Hollywood une soirée consacrée à son parcours dans le cadre de la Legacy Film Series. La manifestation, tenue au Directors Guild of America Theatre, comprend une présentation de son travail et une projection de Vivre et laisser mourir. Julius Harris, alors retiré du métier et installé dans l’établissement de soins du Motion Picture & Television Fund, participe à la rencontre.

Julius Harris meurt d’une insuffisance cardiaque le 17 octobre 2004 au Motion Picture and Television Hospital de Woodland Hills. Il laisse deux enfants, Kimberly et Gideon.

Filmographie

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