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Film Index

John le Carré

Casting Production Écriture

Nationalité
 Royaume-Uni
Mort
12 décembre 2020
Âge
89 ans
Autre nom
David John Moore Cornwell
Filmographie
6 films

Biographie

John le Carré est un romancier et ancien agent du renseignement britannique, né le 19 octobre 1931 à Poole, dans le Dorset, en Angleterre, et mort le 12 décembre 2020 à Truro, en Cornouailles, à l’âge de 89 ans. De nationalité britannique puis également irlandaise, il est notamment connu pour ses romans d’espionnage L’Espion qui venait du froid (1963) et La Taupe (1974). Créateur du personnage de George Smiley, il a écrit 26 romans, dont plusieurs ont été adaptés au cinéma et à la télévision.

Une enfance marquée par les affaires de son père

John le Carré grandit dans une famille dont la situation est profondément marquée par les activités de son père, Ronald Thomas Archibald Cornwell, surnommé Ronnie. Homme d’affaires aux pratiques frauduleuses, celui-ci connaît plusieurs faillites et des condamnations judiciaires, notamment pour fraude à l’assurance. Ses relations comprennent les frères Kray, figures du crime organisé londonien. Sa mère, Olive Moore Cornwell, quitte le foyer familial lorsqu’il a cinq ans. Il la retrouve à l’âge de 21 ans, après avoir obtenu son adresse par l’intermédiaire de son oncle maternel, Alec Glassey, ancien député libéral.

Il fréquente la St Andrew’s Preparatory School, près de Pangbourne, puis la Sherborne School, établissement privé du Dorset dont il supporte difficilement la discipline. À seize ans, il part étudier les langues à l’université de Berne, en Suisse, où il séjourne entre 1948 et 1949. Il y approfondit notamment sa connaissance de l’allemand, langue qui occupera une place importante dans ses activités professionnelles.

Appelé au service militaire en 1950, il rejoint l’Intelligence Corps de l’armée britannique et sert en Autriche, alors occupée par les puissances alliées. Il travaille notamment comme interrogateur auprès de personnes ayant franchi le rideau de fer. En 1952, il entre au Lincoln College de l’université d’Oxford. Il y étudie les langues modernes et obtient son diplôme en 1956 avec les meilleures distinctions universitaires.

Les services secrets britanniques et la naissance de George Smiley

Pendant ses études à Oxford, John le Carré commence à collaborer avec le MI5, service britannique de contre-espionnage. Il recueille notamment des informations sur des organisations politiques de gauche dans le contexte de la guerre froide. Après avoir enseigné au collège d’Eton de 1956 à 1958, il entre au Foreign Office en 1959 et poursuit son activité dans le renseignement britannique.

Son parcours diplomatique le conduit en Allemagne de l’Ouest, d’abord à l’ambassade britannique de Bonn, où il exerce les fonctions de deuxième secrétaire, puis à Hambourg comme consul politique. Il travaille également pour le MI6, service chargé du renseignement extérieur. Ses fonctions lui permettent d’observer directement les rapports entre diplomatie et espionnage au sein d’une Europe divisée.

C’est durant cette période qu’il commence sa carrière littéraire. En 1961, il publie L’Appel du mort, son premier roman, dans lequel apparaît George Smiley, fonctionnaire discret des services secrets britanniques. Il adopte le pseudonyme de John le Carré, son appartenance au renseignement ne lui permettant pas de publier sous son identité professionnelle.

Son troisième roman, L’Espion qui venait du froid, paraît en 1963 et rencontre un succès international. Il raconte l’histoire d’Alec Leamas, agent britannique engagé dans une opération clandestine en Allemagne de l’Est. L’ouvrage occupe pendant 32 semaines la première place de la liste des meilleures ventes du New York Times. Il reçoit également le Gold Dagger Award britannique, puis le prix Edgar-Allan-Poe du meilleur roman en 1965.

La carrière de John le Carré dans le renseignement prend fin en 1964. La compromission d’agents britanniques par Kim Philby, membre des services secrets passé au service de l’Union soviétique, intervient dans ce contexte. Le succès de son troisième roman lui permet de se consacrer entièrement à l’écriture.

Une œuvre littéraire fondée sur le renseignement et ses contradictions

Le personnage de George Smiley occupe une place centrale dans plusieurs romans de John le Carré. Ancien responsable du renseignement britannique, Smiley se caractérise par son intelligence analytique et sa connaissance des mécanismes internes des services secrets. Il affronte notamment Karla, responsable soviétique présenté comme son adversaire au sein du KGB.

Leur confrontation structure la trilogie dite « de Karla », commencée avec La Taupe en 1974 et achevée par Les Gens de Smiley en 1979. Dans La Taupe, Smiley enquête sur la présence d’un agent double au sommet des services britanniques. Le roman met en scène les rivalités internes d’une organisation dont les membres sont contraints d’examiner leurs propres loyautés.

La figure de George Smiley se distingue des héros d’espionnage fondés sur l’action physique. John le Carré privilégie les opérations de manipulation, les rapports de confiance et les conséquences humaines des missions clandestines. Les personnages sont fréquemment confrontés à des conflits entre leurs convictions personnelles et les ordres de leur hiérarchie.

Son roman Un pur espion (1986) possède une dimension autobiographique particulièrement marquée. Il raconte le parcours de Magnus Pym, agent britannique dont l’existence est dominée par la relation avec son père, Rick Pym, escroc inspiré de Ronnie Cornwell. L’écrivain y transpose plusieurs éléments de son histoire familiale, notamment les mensonges paternels et leur influence sur les relations personnelles.

Après la disparition du bloc soviétique, John le Carré développe des intrigues liées à d’autres enjeux internationaux. Le Directeur de nuit (1993) aborde le commerce illégal des armes à travers le personnage de Richard Roper, trafiquant poursuivi par les services britanniques. Dans La Constance du jardinier (2001), il s’intéresse aux agissements d’entreprises pharmaceutiques en Afrique et aux relations entre intérêts économiques et pouvoir politique.

L’écrivain poursuit sa réflexion sur les activités du renseignement dans Un homme très recherché (2008), dont l’action se déroule à Hambourg dans le contexte de la lutte antiterroriste. En 2017, il retrouve George Smiley et Peter Guillam dans L’Héritage des espions, qui revient sur les conséquences d’opérations clandestines menées pendant la guerre froide.

Les adaptations de ses romans au cinéma et à la télévision

L’œuvre de John le Carré donne lieu à de nombreuses adaptations, parmi lesquelles L’Espion qui venait du froid, porté à l’écran en 1965 par Martin Ritt. Richard Burton y interprète Alec Leamas, rôle qui lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur acteur en 1966. Le film conserve l’univers berlinois et les affrontements entre services de renseignement qui structurent le roman original.

En 1979, la BBC adapte La Taupe sous la forme d’une minisérie réalisée par John Irvin. Alec Guinness y interprète George Smiley, aux côtés notamment de Ian Richardson. L’acteur reprend ce personnage en 1982 dans Les Gens de Smiley, autre adaptation télévisée tirée des romans de John le Carré. Son interprétation de Smiley lui vaut le BAFTA du meilleur acteur en 1980.

Le personnage connaît une nouvelle incarnation cinématographique en 2011 avec La Taupe, réalisé par Tomas Alfredson. Gary Oldman tient le rôle principal, entouré notamment de Colin Firth et de Tom Hardy. Le film obtient trois nominations aux Oscars de 2012, dont celle du meilleur acteur pour Gary Oldman et celle du meilleur scénario adapté pour Bridget O’Connor et Peter Straughan. Il remporte également deux BAFTA, dont celui du meilleur film britannique.

D’autres adaptations mobilisent des réalisateurs internationaux. Fernando Meirelles réalise The Constant Gardener (2005), avec Ralph Fiennes et Rachel Weisz. L’actrice reçoit l’Oscar du meilleur second rôle féminin en 2006 pour son interprétation de Tessa Quayle.

La minisérie The Night Manager, diffusée en 2016 et réalisée par Susanne Bier, transpose Le Directeur de nuit avec Tom Hiddleston dans le rôle de Jonathan Pine et Hugh Laurie dans celui de Richard Roper. Elle reçoit plusieurs distinctions, notamment aux Golden Globes de 2017. En 2018, Park Chan-wook réalise l’adaptation télévisée de La Petite Fille au tambour, avec Florence Pugh dans le rôle principal.

Vie familiale, mémoires et archives personnelles

John le Carré épouse Alison Ann Veronica Sharp en 1954. Le couple a trois fils, Simon, Stephen et Timothy Cornwell, avant de divorcer en 1971. En 1972, l’écrivain épouse Jane Eustace, éditrice chez Hodder & Stoughton. Leur fils Nicholas Cornwell devient écrivain sous le pseudonyme de Nick Harkaway.

Simon et Stephen Cornwell fondent en 2011 la société de production The Ink Factory, engagée dans le développement d’adaptations des romans de leur père. Nicholas poursuit pour sa part une carrière littéraire dans les domaines de la science-fiction et du roman contemporain.

Installé pendant plus de quarante ans dans les Cornouailles, près de St Buryan, John le Carré conserve également des liens avec Londres et Oxford. En 2010, il fait don d’une partie importante de ses archives personnelles à la bibliothèque Bodléienne de l’université d’Oxford. Le dépôt comprend des manuscrits, des correspondances et des brouillons de ses romans.

En 2016, il publie Le Tunnel aux pigeons, un recueil autobiographique dans lequel il revient sur des rencontres et des expériences de sa vie. Il évoque notamment sa famille et certains épisodes de sa carrière dans le renseignement. Le livre aborde aussi ses relations avec le monde du cinéma, notamment ses échanges avec les acteurs et réalisateurs ayant adapté ses œuvres.

Son dernier roman publié de son vivant, Retour de service, paraît en 2019. Il aborde les tensions politiques contemporaines à travers le personnage de Nat, agent britannique vieillissant. Son vingt-sixième roman, Silverview, est publié à titre posthume en 2021.

Distinctions littéraires et reconnaissance internationale

L’œuvre de John le Carré reçoit plusieurs récompenses décernées par les principales associations littéraires spécialisées dans le roman policier. En 1977, Comme un collégien remporte le Gold Dagger de la Crime Writers' Association ainsi que le prix James Tait Black Memorial Prize. En 1988, l’écrivain reçoit le Diamond Dagger, distinction britannique récompensant l’ensemble d’une carrière consacrée au roman criminel.

En 2005, il est fait commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres en France. Il reçoit également la médaille Goethe en Allemagne en 2011, pour sa contribution aux échanges culturels internationaux. Il refuse en revanche les distinctions honorifiques britanniques qui lui sont proposées.

L’université de Berne lui décerne un doctorat honoris causa en 2008, plusieurs décennies après son passage dans l’établissement. Il possède également des doctorats honorifiques des universités d’Exeter, de St Andrews et d’Oxford. En 2010, il reçoit le Sunday Times Award for Literary Excellence lors d’une cérémonie organisée au Sheldonian Theatre d’Oxford.

Lauréat du prix Olof-Palme 2019, remis à Stockholm au début de l’année 2020, John le Carré fait don de la dotation de 100 000 dollars à Médecins sans frontières. Cette distinction récompense son engagement en faveur de la liberté individuelle et son traitement littéraire des rapports entre le pouvoir et les citoyens.

Filmographie

  • Un traître idéal
    Tout public

    En vacances à Marrakech, un couple d’Anglais, Perry et Gail, se lie d’amitié avec un millionnaire russe nommé Dima. Ils ignorent que cet homme charismatique et extravagant blanchit l’argent de la mafia russe… Lorsque Dima demande leur aide pour livrer des informations explosives aux services secrets britanniques, la vie de Perry et Gail bascule. À travers toute l’Europe, ils se retrouvent plongés dans un monde de manipulation et de danger où chaque faux pas peut leur coûter la vie. Pour avoir une chance de s’en sortir, ils vont devoir faire équipe avec un agent anglais aux méthodes vraiment particulières…

    2016 1h48 Museum Guard in Bern (non-crédité) Producteur exécutif Auteur du roman

  • Un Homme très recherché
    Tout public

    Issa Karpov se rend clandestinement à Hambourg. Ce Tchétchène d’origine russe trouve refuge auprès de la communauté musulmane de la ville hanséatique. Mais au fil du temps, l’invité mystérieux attire de plus en plus l’attention. L’intrigue s’intensifie, attirant de plus en plus de monde, dont le banquier privé britannique louche Tommy Brue et la jeune avocate Annabel Richter, qui propose son aide à Karpov. Même le chef d’une unité d’espionnage secrète allemande, Günther Bachmann, a déjà jeté son dévolu sur Karpov et suit méticuleusement tous les événements. Il devient peu à peu évident que les implications sont bien plus importantes que prévu, et le temps presse déjà…

    2014 2h01 Producteur exécutif Auteur du roman

  • La Taupe
    Tout public

    George Smiley, ancien espion en chef, est réintégré de manière inattendue en 1973 : une taupe se cache à la tête des services secrets britanniques, un espion travaillant pour le KGB soviétique. Smiley est chargé de le démasquer. Mais l’accès aux documents classifiés lui est refusé et il n’a pas le droit de révéler les raisons de son retour. Cinq agents de renseignement tombent dans sa ligne de mire. Mais qui est le véritable traître qui infiltre les services secrets et met en danger le pays tout entier ? Smiley n’a que son instinct, son intelligence et ses vieux amis pour le retrouver. Une mission périlleuse.

    2011 2h07 Christmas Party Guest Producteur exécutif Auteur du roman

  • The Constant Gardener
    Tout public

    Dans une région reculée du nord du Kenya, Tessa Quayle, brillante avocate aussi militante que passionnée, est retrouvée sauvagement assassinée. Le médecin africain qui l’accompagnait est porté disparu et tout porte à croire qu’il s’agit d’un crime passionnel. Sandy Woodrow, Sir Bernard Pellegrin et les autres membres du Haut Commissariat Britannique s’imaginent que l’époux de Tessa, leur discret et modeste collègue Justin Quayle, ne cherchera pas à prendre l’affaire en main. C’est bien mal le connaître…

    2005 2h08 Auteur du roman

  • M15 demande protection
    Tout public

    Charles Dobbs est un agent secret britannique chargé d’enquêter sur le suicide apparent de Samuel Fennan, un haut fonctionnaire du Foreign Office. Dobbs soupçonne Elsa, l’épouse de Fennan, survivante d’un camp d’extermination nazi, de détenir des indices, mais d’autres responsables souhaitent qu’il abandonne l’affaire. Il engage alors Mendel, un inspecteur sur le point de prendre sa retraite, pour mener des investigations en toute discrétion. Dobbs est en proie au doute, car plusieurs anomalies défient toute explication rationnelle. Parallèlement, il traverse une crise conjugale : son épouse, qu’il aime profondément, lui est infidèle et multiplie les aventures. Il a toutefois le plaisir de retrouver Dieter Frey, un vieil ami qu’il avait recruté après la guerre. Avec l’aide d’un collègue et de l’ancien policier, Dobbs tente de découvrir l’identité de l’espion et de celui qui a réellement assassiné Fennan.

    1967 1h55 Auteur du roman

  • L'Espion qui venait du froid
    Tout public

    En pleine guerre froide, l’agent secret britannique Alec Leamas est envoyé en Allemagne de l’Est. Pour passer le rideau de fer en toute discrétion, l’espion feint d’avoir été renvoyé par l’Intelligence Service. Se présentant comme un alcoolique dépressif, il parvient à se faire embaucher dans une bibliothèque. Là, il fait la connaissance d’une jeune communiste, Nancy Perry. Après un séjour en prison, il est contacté par un agent des services est-allemands. Sa mission consiste à poser une souricière afin de confondre un certain Mundt, haut gradé de l’espionnage est-allemand, en apportant des preuves de sa trahison à Fiedler, son adjoint. De Hollande, Leamas parvient à passer à l’Est, où Fiedler le fait arrêter pour témoigner au procès de Mundt. Nancy Perry est aussi appelée à la barre, où elle détruit les arguments de Leamas et Fiedler…

    1965 1h48 Auteur du roman