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Film Index

John Alton

Images

Nationalité
 États-Unis
Naissance
5 octobre 1901
Mort
2 juin 1996
Âge
94 ans
Filmographie
6 films

Biographie

John Alton est un directeur de la photographie américain d’origine hongroise, né en 1901 en Hongrie et mort le 2 juin 1996 à Santa Monica, en Californie. Il est particulièrement associé à l’esthétique du film noir américain et reçoit en 1952, avec Alfred Gilks, l’Oscar de la meilleure photographie en couleurs pour Un Américain à Paris.

De l’Europe aux studios américains

John Alton quitte l’Europe à dix-huit ans pour rejoindre un oncle installé à New York et entreprend des études de photochimie. Il entre peu après dans l’industrie cinématographique et travaille dans les studios de la côte Est avant de partir pour l’Europe. Il prend ensuite la direction du département caméra des studios de Joinville, près de Paris, où il participe à des productions tournées en plusieurs langues.

En 1932, John Alton part pour Buenos Aires afin de concevoir et superviser un studio de cinq acres. Il reste six ans en Argentine, où il forme des équipes techniques et réalise également quelques films. Cette expérience précède son retour aux États-Unis et son installation durable à Hollywood.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, John Alton sert dans l’US Signal Corps et atteint le grade de capitaine. Après la guerre, il reprend son activité de directeur de la photographie dans les studios américains.

La lumière du film noir

La réputation de John Alton repose largement sur son usage très contrasté de la lumière dans les films noirs de la fin des années 1940. Il travaille notamment avec Anthony Mann sur plusieurs productions où l’éclairage dur, les ombres profondes et les zones volontairement laissées dans l’obscurité deviennent des éléments essentiels de la composition.

Dans Raw Deal, sorti en 1948, John Alton utilise fréquemment des sources lumineuses réduites et des contrastes très marqués. Cette manière de faire contribue à donner au film l’atmosphère visuelle qui lui vaut aujourd’hui d’être régulièrement cité parmi les exemples importants du film noir américain.

Pour John Alton, la lumière devait traduire l’atmosphère d’une scène plutôt que simplement assurer la visibilité des acteurs. Il préparait ses éclairages en amont avec le réalisateur et cherchait à faire varier leur caractère selon la situation dramatique. Cette méthode le distingue à une époque où l’éclairage hollywoodien reste souvent beaucoup plus uniforme.

Painting with Light

En 1949, John Alton publie Painting with Light, ouvrage consacré à la photographie cinématographique. Il est alors le premier directeur de la photographie hollywoodien à publier un livre de cette nature. Le volume développe ses conceptions de l’éclairage et de la composition tout en abordant concrètement l’usage des projecteurs, des ombres et des différents dispositifs de prise de vues.

L’ouvrage reprend une partie de l’expérience professionnelle accumulée par John Alton, qui écrivait depuis 1930 pour la revue International Photographer. Après avoir été longtemps épuisé, Painting with Light est réédité lorsque son travail fait l’objet d’une réévaluation critique.

Le directeur de la photographie Haskell Wexler a notamment expliqué l’importance de ce livre dans sa propre formation. Les solutions d’éclairage exposées par John Alton lui avaient donné accès à des techniques qu’il connaissait encore peu lorsqu’il travaillait à Chicago.

La couleur et Un Américain à Paris

À partir de 1950, John Alton collabore avec Vincente Minnelli. Pour Le Père de la mariée, il photographie notamment une séquence de cauchemar conçue dans un registre visuel nettement plus expressionniste que le reste du film.

L’année suivante, Minnelli lui confie la photographie de la longue séquence de ballet qui conclut Un Américain à Paris. John Alton, jusque-là surtout réputé pour son travail en noir et blanc, réalise à cette occasion son premier travail important en Technicolor. La séquence dure environ dix-sept minutes et reprend visuellement les univers de plusieurs peintres français, parmi lesquels Renoir, Utrillo et Toulouse-Lautrec.

Alfred Gilks photographie l’essentiel du film, tandis que John Alton est chargé uniquement du ballet final. Les deux directeurs de la photographie reçoivent ensemble l’Oscar de la meilleure photographie en couleurs en 1952.

Une carrière interrompue en 1960

Après une décennie particulièrement active, John Alton quitte brusquement l’industrie cinématographique en 1960. Il explique alors être fatigué des conflits avec les studios et de la difficulté à imposer une conception exigeante de l’image face aux impératifs de production. Son dernier grand travail est lié à Elmer Gantry, sorti la même année.

Retiré du cinéma, John Alton continue à lire et se consacre aussi à la peinture à l’huile. Il réalise plus d’une centaine de petites toiles, qu’il donne ensuite. Pendant plusieurs décennies, son œuvre cinématographique reste relativement peu étudiée avant d’être redécouverte dans les rétrospectives consacrées au film noir.

En 1995, l’American Society of Cinematographers lui rend hommage lors d’un dîner spécial, plusieurs décennies après ses désaccords avec l’organisation. John Alton meurt l’année suivante, le 2 juin 1996, à Santa Monica.

Filmographie

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    1958 2h26 Directeur de la photographie

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    1957 2h10 Directeur de la photographie

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    1956 2h02 Directeur de la photographie