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Film Index

Jane Darwell

Casting

Nationalité
 États-Unis
Mort
13 août 1967
Âge
87 ans
Autre nom
Patti Woodard
Filmographie
5 films

Biographie

Jane Darwell, née Patti Woodard le 15 octobre 1879 à Palmyra, dans le Missouri, et morte le 13 août 1967 à Woodland Hills, en Californie, est une actrice américaine de théâtre, de cinéma et de télévision. Elle a remporté l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle en 1941 pour son interprétation de Ma Joad dans Les Raisins de la colère (1940), réalisé par John Ford.

Une formation artistique et les débuts au cinéma muet

Fille de William Robert Woodard, président d’une compagnie ferroviaire, et d’Ellen Booth, Jane Darwell grandit dans le Missouri, où sa famille possède un ranch. Elle envisage d’abord de devenir écuyère de cirque, puis cantatrice. Elle reçoit une formation musicale comprenant l’étude du chant et du piano, avant de s’orienter vers l’art dramatique. Elle se perfectionne notamment à Chicago, puis poursuit sa formation théâtrale en Europe, à Londres et à Paris.

Sous le pseudonyme de Jane Darwell, elle commence à se produire dans des compagnies théâtrales américaines. Elle débute au cinéma en 1913, à l’époque du muet, et apparaît dans plusieurs productions de la Jesse L. Lasky Feature Play Company, notamment sous la direction de Cecil B. DeMille. En 1915, elle rejoint la compagnie théâtrale de Bert Lytell et Evelyn Vaughan à San Francisco, avant de participer à une tournée qui la conduit jusqu’à Hawaï.

Son activité théâtrale se poursuit durant les années 1920. Elle joue notamment à Broadway dans Swords (1921), une pièce de Sidney Howard, et se produit au sein de compagnies itinérantes sur la côte ouest des États-Unis.

Après une longue interruption de sa carrière cinématographique, elle revient à l’écran dans Tom Sawyer (1930), réalisé par John Cromwell d’après le roman de Mark Twain. Le développement du cinéma parlant lui ouvre une période d’activité particulièrement soutenue à Hollywood, où elle devient une actrice spécialisée dans les rôles de composition.

Une actrice de caractère dans le Hollywood des années 1930

La 20th Century Fox emploie régulièrement Jane Darwell, qui interprète des mères de famille, des gouvernantes ou des femmes âgées dans les productions du studio. Sa présence physique et sa voix grave lui permettent d’incarner des personnages d’autorité, parfois autoritaires ou bourrus, mais aussi des figures maternelles protectrices.

Elle joue dans cinq films avec Shirley Temple, jeune vedette du cinéma américain des années 1930. Dans Bright Eyes (1934), réalisé par David Butler, elle interprète Mme Higgins, une domestique qui travaille dans la maison où vit la petite Shirley Blake, personnage incarné par Temple. Elle retrouve la jeune actrice dans Le Petit Colonel (The Little Colonel, 1935), réalisé par David Butler, où elle joue la gouvernante Mom Beck.

Cette spécialisation ne l’empêche pas d’aborder des personnages moins bienveillants. Dans Craig’s Wife (1936), réalisé par Dorothy Arzner, elle joue Mme Harold, la gouvernante d’une femme obsédée par la respectabilité sociale, incarnée par Rosalind Russell.

Elle apparaît également dans Autant en emporte le vent (Gone with the Wind, 1939), de Victor Fleming, où elle interprète Dolly Merriwether, membre de la bonne société d’Atlanta. Elle côtoie ainsi Vivien Leigh et Clark Gable dans l’une des productions les plus importantes de l’histoire du cinéma hollywoodien.

Ma Joad dans Les Raisins de la colère, le rôle de la consécration

En 1940, Jane Darwell interprète Ma Joad dans Les Raisins de la colère (The Grapes of Wrath), adaptation du roman de John Steinbeck réalisée par John Ford. Le film raconte l’exode d’une famille de fermiers de l’Oklahoma, contrainte de quitter ses terres pendant la Grande Dépression pour chercher du travail en Californie.

Ma Joad représente la figure centrale de cette famille frappée par la pauvreté. Aux côtés de Henry Fonda, qui incarne son fils Tom, Jane Darwell donne vie à une femme qui s’efforce de préserver les liens familiaux au cours d’un voyage marqué par les épreuves et les désillusions. Dans le dernier monologue du film, Ma Joad affirme sa confiance dans la capacité des gens ordinaires à survivre aux difficultés.

Le choix de l’actrice pour ce rôle intervient après une série d’essais auxquels participent de nombreuses comédiennes. John Ford et Henry Fonda soutiennent sa candidature, et sa prestation devient l’un des éléments les plus remarqués du film.

Lors de la 13e cérémonie des Oscars, le 27 février 1941, Jane Darwell reçoit l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Elle est également distinguée par le National Board of Review pour son interprétation. Les Raisins de la colère obtient par ailleurs l’Oscar du meilleur réalisateur pour John Ford.

Une collaboration régulière avec John Ford

Après Les Raisins de la colère, Jane Darwell retrouve John Ford dans plusieurs productions. Elle interprète notamment Mac, la gouvernante de Wyatt Earp, dans La Poursuite infernale (My Darling Clementine, 1946), western consacré au célèbre affrontement d’O.K. Corral, avec Henry Fonda dans le rôle du marshal.

Dans Le Fils du désert (3 Godfathers, 1948), elle joue Miss Florie, une femme qui intervient dans le parcours de trois hors-la-loi chargés de protéger un nouveau-né. Ford lui confie également un rôle dans Le Convoi des braves (Wagon Master, 1950), western suivant la migration d’une communauté de mormons vers l’Ouest américain.

Elle participe ensuite à Le Soleil brille pour tout le monde (The Sun Shines Bright, 1953), où elle interprète la veuve de feu Pleasant Woodford. Elle retrouve enfin le réalisateur dans La Dernière Fanfare (The Last Hurrah, 1958), drame politique avec Spencer Tracy consacré à la dernière campagne électorale d’un maire irlando-américain.

Jane Darwell tourne ainsi dans six longs métrages réalisés par John Ford, dont plusieurs mettent en scène des communautés confrontées aux transformations sociales de l’histoire américaine.

Des personnages à contre-emploi

Malgré son association fréquente aux personnages maternels, Jane Darwell interprète également des femmes particulièrement dures. Dans L’Étrange Incident (The Ox-Bow Incident, 1943), western de William A. Wellman avec Henry Fonda, elle joue Ma Grier, une femme qui participe à une expédition punitive organisée contre des hommes accusés de vol de bétail et de meurtre.

Le film examine les mécanismes de la justice expéditive et de la violence collective. Ma Grier appartient au groupe qui réclame la pendaison des suspects sans leur accorder de véritable procès. Ce personnage offre à l’actrice un rôle très éloigné de celui de Ma Joad.

Dans Femmes en cage (Caged, 1950), réalisé par John Cromwell, elle incarne une surveillante pénitentiaire chargée du quartier d’isolement. Le film, avec Eleanor Parker, décrit les conditions de détention des femmes dans une prison américaine et dénonce les violences institutionnelles auxquelles elles sont exposées.

Son travail théâtral se poursuit également pendant cette période. En 1944, elle connaît un succès sur scène dans la comédie Suds in Your Eye, où elle interprète une Irlandaise ayant hérité d’une entreprise de récupération.

Un dernier rôle dans Mary Poppins

Au début des années 1960, Jane Darwell réduit considérablement son activité professionnelle. Elle réside alors à la Motion Picture Country Home, maison de retraite californienne destinée aux anciens professionnels de l’industrie cinématographique.

En 1964, Walt Disney souhaite lui confier un petit rôle dans Mary Poppins, comédie musicale réalisée par Robert Stevenson avec Julie Andrews et Dick Van Dyke. L’actrice, âgée de 84 ans, refuse initialement cette proposition. Walt Disney lui rend personnellement visite dans sa maison de retraite et parvient à la convaincre de participer au tournage.

Elle interprète la dame aux oiseaux (Bird Woman), une vieille femme qui vend des sachets de miettes de pain aux passants sur les marches de la cathédrale Saint-Paul, à Londres. Son personnage apparaît dans la séquence accompagnée de la chanson Feed the Birds, composée par les frères Sherman et interprétée par Julie Andrews. Cette scène constitue la dernière apparition cinématographique de Jane Darwell.

Distinctions et dernières années

Le 8 février 1960, Jane Darwell reçoit une étoile sur le Hollywood Walk of Fame, au 6735 Hollywood Boulevard, en reconnaissance de sa contribution à l’industrie cinématographique.

Au cours de sa carrière, elle apparaît dans plus de deux cents productions cinématographiques et télévisuelles, depuis les premières années du cinéma muet jusqu’au milieu des années 1960. Plusieurs films auxquels elle participe sont inscrits au National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis, notamment Les Raisins de la colère et L’Étrange Incident.

Jane Darwell meurt le 13 août 1967, à l’âge de 87 ans, à la Motion Picture & Television Country House and Hospital, dans le quartier de Woodland Hills à Los Angeles. Elle est inhumée au Forest Lawn Memorial Park de Glendale, en Californie.

Filmographie

  • Mary Poppins
    Tout public

    Rien ne va plus dans la famille Banks. La nurse vient de donner ses huit jours. Et ni M. Banks, banquier d’affaire, ni son épouse, suffragette active, ne peuvent s’occuper des enfants Jane et Michaël. Ces derniers passent alors une annonce tout à fait fantaisiste pour trouver une nouvelle nurse. C’est Mary Poppins qui répond et apparaît dès le lendemain, portée par le vent d’Est. Elle entraîne aussitôt les enfants dans son univers merveilleux.

    1964 2h14 Bird Woman

  • La Dernière Fanfare
    Tout public

    La côte est des États-Unis dans les années 1950. Skeffington, homme politique vieillissant, a déjà été maire de sa ville à quatre reprises ; il se présente désormais pour un cinquième et dernier mandat. Mais les temps ont changé : la majorité conservatrice de la ville, notamment l’éditeur Amos Force et le banquier Norman Cass, mène campagne contre lui à coups de spots télévisés et d’annonces dans la presse.

    1958 1h57 Delia

  • Le soleil brille pour tout le monde
    Tout public

    1905, dans le Kentucky. Pour la troisième fois de sa carrière, le juge Priest se présente aux élections contre son habituel rival, l’arrogant Horace K. Maydow. Il lui faut jongler avec la campagne électorale et ses devoirs de juge, qu’il continue pourtant d’assumer en son âme et conscience, fidèle à ses principes moraux et à ses convictions humanistes. Les plus sectaires n’apprécient guère les prises de position tranchées de l’homme de loi. Mais, hostile à toute démagogie et au risque de perdre des voix, Priest refuse la compromission. Il préserve ainsi du lynchage un Noir accusé de viol, veille à ce que soit exaucé le dernier vœu d’une prostituée et lave un ancien combattant sudiste des calomnies dont on l’a souillé…

    1953 1h42 Aurora Ratchitt

  • Autant en emporte le vent
    Tout public

    En Géorgie, en 1861, Scarlett O’Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n’a d’yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fiançailles avec sa douce et timide cousine, Melanie Hamilton. Scarlett est pourtant bien décidée à le faire changer d’avis, mais à la réception des Douze Chênes c’est du cynique Rhett Butler qu’elle retient l’attention…

    1939 3h53 Mrs. Merriwether

  • Roman Scandals
    Tout public

    Un jeune homme au bon cœur est expulsé de sa ville natale corrompue de West Rome, Oklahoma. Il s’endort et rêve qu’il est de retour à l’époque de la Rome antique, où il se mêle d’intrigues de cour et d’un complot de meurtre contre l’Empereur.

    1933 1h32 Roman Spa Proprietress (non-crédité)