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Film Index

James Lyons

Casting Montage Écriture

Nationalité
 États-Unis
Mort
4 décembre 2007
Âge
47 ans
Filmographie
5 films

Biographie

James Lyons, né le 8 octobre 1960 à New York et mort le 12 avril 2007 à Manhattan, est un monteur, acteur et scénariste américain. Collaborateur régulier du réalisateur Todd Haynes, il participe notamment à Poison (1991), Velvet Goldmine (1998) et Loin du paradis (2002). Il assure également le montage de Virgin Suicides (1999), premier long métrage de Sofia Coppola. Engagé dans la lutte contre le sida, il appartient à l’organisation militante ACT UP et participe au mouvement du cinéma indépendant américain des années 1990.

Une collaboration artistique avec Todd Haynes

James Lyons travaille avec Todd Haynes dès son premier long métrage, Poison, sorti en 1991. Le film réunit trois récits distincts, intitulés « Hero », « Horror » et « Homo », qui explorent notamment les rapports entre sexualité, maladie et exclusion sociale. James Lyons en assure le montage et interprète Jack Bolton, l’un des personnages du segment « Homo ».

Inspiré en partie des écrits de Jean Genet, Poison utilise trois formes cinématographiques différentes, empruntant notamment au documentaire télévisé et au cinéma fantastique des années 1950. Le film remporte le Grand Prix du jury dans la catégorie dramatique américaine au Festival de Sundance en 1991 et devient l’une des œuvres associées à l’émergence du New Queer Cinema, mouvement de cinéma indépendant abordant les expériences homosexuelles et les questions d’identité.

Cette collaboration se poursuit avec Safe (1995), dans lequel Julianne Moore incarne Carol White, une femme au foyer californienne qui développe une sensibilité inexpliquée aux substances présentes dans son environnement. Le film mêle les conventions du drame psychologique à une réflexion sur la maladie et les rapports sociaux.

Le monteur retrouve ensuite Todd Haynes sur Velvet Goldmine et Loin du paradis. Leur travail commun porte notamment sur des récits utilisant les formes du cinéma de genre pour explorer les normes sociales. James Lyons participe également à la conception narrative de certaines œuvres, au-delà de leur seul assemblage technique.

Le producteur Scott Macaulay, qui travaille avec lui sur plusieurs films indépendants, décrit un monteur particulièrement attentif à la manière dont le placement d’un plan ou la durée d’un silence peuvent modifier la signification d’une scène. James Lyons s’intéresse notamment aux écrits du sémiologue Roland Barthes et à l’œuvre cinématographique de Yasujirō Ozu.

Velvet Goldmine, une participation à l’écriture

En 1998, James Lyons participe à l’écriture et au montage de Velvet Goldmine, réalisé par Todd Haynes. Il contribue à l’élaboration de l’histoire, dont le scénario est signé par le réalisateur.

Le film plonge dans le milieu du glam rock britannique des années 1970, à travers le personnage fictif de Brian Slade, une vedette dont la carrière et l’image empruntent notamment à celles de David Bowie. Jonathan Rhys Meyers interprète le chanteur, tandis qu’Ewan McGregor incarne Curt Wild, musicien inspiré en partie d’Iggy Pop.

La construction narrative repose sur une enquête menée en 1984 par Arthur Stuart, journaliste interprété par Christian Bale. Celui-ci cherche à comprendre la disparition médiatique de Brian Slade, survenue plusieurs années auparavant. L’intrigue alterne témoignages et souvenirs, dans une forme inspirée notamment de Citizen Kane, d’Orson Welles.

Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes en 1998, où Todd Haynes reçoit le prix de la meilleure contribution artistique. Il obtient également une nomination à l’Oscar des meilleurs costumes pour Sandy Powell.

En parallèle du film, James Lyons travaille à un autre projet d’écriture consacré au philosophe Michel Foucault. Il envisage une fiction portant sur les séjours du penseur français en Californie, au début des années 1980, et ses rencontres avec les milieux musicaux et sexuels underground de San Francisco. Il s’intéresse particulièrement aux relations entre les idées philosophiques de Foucault et les transformations culturelles de cette période.

L’interprétation de David Wojnarowicz et les milieux artistiques new-yorkais

James Lyons interprète l’artiste américain David Wojnarowicz à l’âge adulte dans Postcards from America, réalisé par Steve McLean en 1994 et distribué aux États-Unis en 1995. Le scénario s’inspire de deux recueils autobiographiques de Wojnarowicz, Close to the Knives et Memories That Smell Like Gasoline.

Le film retrace différents épisodes de l’existence de l’artiste, notamment une enfance marquée par les violences familiales et une adolescence passée dans les rues de New York. Le personnage de David est interprété à trois âges différents par Olmo Tighe, Michael Tighe et James Lyons. Michael Imperioli incarne un jeune prostitué rencontré à Times Square.

Le récit adopte une construction non linéaire, alternant les souvenirs d’enfance et les déplacements du personnage adulte à travers les États-Unis. James Lyons interprète David dans les séquences consacrées à sa vie d’adulte, alors que l’artiste tente de comprendre les événements traumatiques de son passé.

Le film est présenté au Festival international du film de Toronto en 1994, puis au Festival de Sundance en 1995.

En 1996, James Lyons incarne Billy Name dans I Shot Andy Warhol, premier long métrage de Mary Harron. Billy Name, photographe et collaborateur d’Andy Warhol, avait notamment contribué à l’aménagement de la Factory, atelier new-yorkais associé aux expérimentations artistiques des années 1960.

Le film raconte l’histoire de Valerie Solanas, écrivaine féministe radicale qui tente d’assassiner Andy Warhol le 3 juin 1968. Lili Taylor interprète Solanas, tandis que Jared Harris incarne Warhol. Le personnage de Billy Name appartient à l’entourage du peintre et participe à plusieurs scènes consacrées à la vie de la Factory.

Une collaboration avec Sofia Coppola et le cinéma indépendant

En 1999, Sofia Coppola confie à James Lyons le montage de son premier long métrage, Virgin Suicides, adapté du roman de Jeffrey Eugenides.

Situé dans une banlieue américaine des années 1970, le récit suit cinq sœurs adolescentes vivant sous l’autorité de parents particulièrement stricts. Les événements sont racontés à travers les souvenirs de garçons du voisinage, qui tentent plusieurs années après les faits de comprendre le destin des jeunes filles.

Le montage associe les scènes consacrées à la famille Lisbon aux témoignages rétrospectifs des narrateurs. Le film utilise également des photographies et des objets conservés par les adolescents, ainsi que des séquences dont la chronologie est fragmentée.

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes en 1999, Virgin Suicides constitue la première collaboration cinématographique de James Lyons avec Sofia Coppola.

Il travaille par ailleurs avec le réalisateur Jesse Peretz sur deux longs métrages produits par Scott Macaulay et Robin O’Hara. Dans First Love, Last Rites (1997), adapté d’une nouvelle de Ian McEwan, il monte un récit consacré à la relation d’un jeune couple, interprété par Giovanni Ribisi et Natasha Gregson Wagner. Il retrouve le cinéaste sur The Château (2001), comédie dans laquelle deux frères américains, joués par Paul Rudd et Romany Malco, héritent d’une propriété familiale en France.

Un engagement auprès d’ACT UP contre le sida

À New York, James Lyons participe aux activités de ACT UP, organisation militante fondée en 1987 pour obtenir des réponses politiques et médicales à l’épidémie de sida.

Il rejoint notamment le Treatment and Data Committee, groupe chargé d’étudier les traitements expérimentaux et les conditions dans lesquelles les malades peuvent accéder aux essais cliniques. Les membres de ce comité examinent les protocoles de recherche et contestent certaines pratiques des autorités sanitaires américaines.

Le 21 mai 1990, James Lyons participe à l’action « Storm the NIH », organisée par ACT UP devant les National Institutes of Health, à Bethesda, dans le Maryland. Les manifestants réclament notamment une accélération de la recherche sur le VIH et une meilleure représentation des malades dans les décisions concernant les traitements.

Au cours de cette manifestation, il est arrêté par la police. Les images de son interpellation sont filmées par Catherine Gund. Il évoque ensuite cet événement devant les membres d’ACT UP, lors d’une réunion organisée quelques jours plus tard.

Le 26 février 2005, James Lyons participe à un entretien filmé avec l’écrivaine et militante Sarah Schulman pour l’ACT UP Oral History Project, programme d’archives consacré aux témoignages des anciens membres de l’organisation.

Dans cet entretien, il revient notamment sur les actions « Storm the NIH » et « Stop the Church », ainsi que sur son expérience au sein du Treatment and Data Committee. Le témoignage est conservé dans les archives du projet, dont les collections sont notamment accessibles à la bibliothèque de l’université Harvard.

Dernières collaborations et décès

James Lyons travaille au montage du documentaire A Walk Into the Sea: Danny Williams and the Warhol Factory, réalisé par Esther Robinson et présenté en 2007 à la Berlinale.

Le film retrace le parcours de Danny Williams, cinéaste américain qui fréquente la Factory d’Andy Warhol au milieu des années 1960. Ancien compagnon de Warhol, Williams disparaît en 1966 après avoir quitté New York pour rendre visite à sa famille.

Le documentaire s’appuie sur des films expérimentaux réalisés par Danny Williams, retrouvés plusieurs décennies après sa disparition, ainsi que sur des entretiens avec des membres de l’entourage de Warhol. Il reçoit le Teddy Award du meilleur documentaire à la Berlinale 2007.

Atteint par le VIH depuis plus d’une décennie, James Lyons développe un carcinome épidermoïde, cancer dont il meurt le 12 avril 2007 à Manhattan, à l’âge de 46 ans.

Filmographie

  • Prozac Nation
    Tout public

    Lorsque la jeune et talentueuse écrivaine Elizabeth Wurtzel obtient une bourse pour Harvard, elle voit là un moyen d’échapper à la pression de son milieu populaire pour se concentrer sur son don pour l’écriture. Mais après des débuts prometteurs Elizabeth sombre dans une grave dépression. Elle devient alors le reflet de toute une génération marqué par le divorce, la drogue, le sexe et la course à la réussite.

    2003 1h31 Monteur

  • Loin du paradis
    Tout public

    Dans l’Amérique provinciale des années cinquante, Cathy Whitaker est une femme au foyer exemplaire, une mère attentive, une épouse dévouée. Son sourire éclatant figure souvent dans les colonnes du journal local.Cathy sourit toujours. Même quand son mariage s’effondre, même quand ses amies l’abandonnent. Quand l’amitié qui la lie à son jardinier provoquera un scandale, elle sera forcée, derrière son sourire, d’affronter la réalité.

    2002 1h47 Monteur

  • The Château
    Tout public

    Les frères Graham et Allen Granville se rendent dans un petit village français où ils ont hérité d’un château d’un grand-oncle éloigné, avec l’intention de le vendre. Leurs projets se heurtent cependant à l’opposition des domestiques du domaine, menés par la belle Isabelle, dont ils tombent tous deux amoureux. Le dilemme des domestiques est le suivant : comment les deux peuvent-ils être frères, étant donné que l’un est noir et l’autre blanc ?

    2001 1h30 First Family of Buyers

  • Virgin Suicides
    Tout public

    Dans une ville américaine tranquille et puritaine des années soixante-dix, Cecilia Lisbon, 13 ans, tente de se suicider. Elle a 4 sœurs, de jolies adolescentes. Cet incident éclaire d’un jour nouveau le mode de vie de toute la famille. L’histoire, relatée par l’intermédiaire de la vision des garçons du voisinage, obsédés par ces sœurs mystérieuses, dépeint avec cynisme la vie adolescente. Petit a petit, la famille se referme et les filles reçoivent rapidement l’interdiction de sortir. Alors que la situation s’enlise, les garçons envisagent de secourir les filles.

    2000 1h36 Monteur

  • Velvet Goldmine
    Interdit aux moins de 12 ans

    A travers l’enquête d’Arthur, un journaliste anglais expatrié à New York, sur une star du Glam Rock, Brian Slade, évocation des années soixante-dix en Angleterre. Arthur explore l’ascension et la chute de Brian Slade qui fut son idole quand il était adolescent à Manchester, son mariage avec Mandy et sa liaison avec Curt Wild, une star de la scène rock américaine. Cette enquête sera pour Arthur l’occasion de se pencher sur son passé, et de comprendre à quel point Brian Slade et Curt Wild ont bouleversé sa vie.

    1998 2h00 Monteur Histoire