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Film Index

James Baldwin

Casting Écriture

Nationalité
 États-Unis
Mort
1er décembre 1987
Âge
63 ans
Autre nom
James Arthur Jones
Filmographie
5 films

Biographie

James Arthur Baldwin, né James Arthur Jones, est un écrivain, essayiste, dramaturge et militant américain, né le 2 août 1924 à Harlem, à New York, et mort le 1er décembre 1987 à Saint-Paul-de-Vence, dans les Alpes-Maritimes. Il a aussi travaillé comme scénariste et apparaît dans plusieurs documentaires consacrés aux droits civiques, à la littérature et à la société américaine.

Une enfance religieuse à Harlem

Élevé par sa mère, Emma Berdis Jones, et par son beau-père David Baldwin, prédicateur baptiste, James Baldwin grandit au sein d’une famille de neuf enfants. Il ignore l’identité de son père biologique et porte le nom de David Baldwin, que sa mère épouse en 1927. Aîné de la fratrie, il participe aux responsabilités domestiques pendant une enfance marquée par la pauvreté de Harlem et par la sévérité de son beau-père.

Adolescent, James Baldwin devient prédicateur dans une église pentecôtiste de Harlem. Il prononce des sermons entre quatorze et dix-sept ans, avant de quitter la chaire et de s’éloigner de la pratique religieuse. Cette expérience nourrit directement son premier roman, La Conversion, publié en 1953 sous le titre original Go Tell It on the Mountain, dont l’intrigue suit une famille liée à une communauté évangélique de Harlem.

La fréquentation de la DeWitt Clinton High School lui permet de travailler au journal de l’établissement. James Baldwin y côtoie notamment le futur photographe Richard Avedon. Après le lycée, il occupe divers emplois tout en publiant des critiques et des essais dans des revues américaines. L’écrivain Richard Wright soutient ses premiers travaux et l’aide à obtenir une bourse qui lui donne les moyens de poursuivre un projet littéraire.

Paris et la publication des premiers livres

En novembre 1948, James Baldwin s’installe à Paris. Âgé de vingt-quatre ans, il cherche à écrire hors du cadre racial imposé aux auteurs noirs aux États-Unis et vit dans plusieurs hôtels de Saint-Germain-des-Prés. Il fréquente les milieux littéraires de la rive gauche et publie des textes dans des revues avant l’achèvement de son premier roman.

La Conversion paraît en 1953. L’ouvrage reprend des éléments de son enfance sans constituer une autobiographie directe et organise son récit autour de John Grimes, adolescent élevé par un prédicateur autoritaire. Deux ans plus tard, le recueil Chronique d’un pays natal rassemble plusieurs essais dans lesquels James Baldwin traite de la ségrégation, de la littérature américaine et de son rapport conflictuel à Richard Wright.

Publié en 1956, La Chambre de Giovanni suit un Américain vivant à Paris et sa relation avec un homme italien. James Baldwin place au premier plan le désir homosexuel et le refus de soi, sans centrer le récit sur l’expérience raciale américaine. Le livre paraît à une époque où les relations entre personnes de même sexe restent rarement représentées ouvertement dans la littérature publiée aux États-Unis.

L’éloignement géographique n’interrompt pas ses liens avec les États-Unis. James Baldwin revient régulièrement à New York pour voir sa famille, rencontrer ses éditeurs et participer aux débats publics. Il partage ensuite son temps entre la France, les États-Unis et la Turquie, où il séjourne longuement à partir de 1961.

L’engagement dans le mouvement des droits civiques

À la fin des années 1950, James Baldwin couvre les luttes contre la ségrégation dans le sud des États-Unis. Ses reportages et ses conférences le mettent en relation avec Martin Luther King Jr., Medgar Evers et Malcolm X. Il intervient dans des universités, participe à des réunions militantes et rencontre des étudiants engagés dans les campagnes d’inscription électorale.

En 1963, La Prochaine Fois, le feu réunit deux essais consacrés à la condition noire et au rôle du christianisme dans l’histoire raciale des États-Unis. Le livre développe une adresse à son neveu et examine les rapports entre religion, pouvoir politique et domination raciale. La même année, James Baldwin figure parmi les personnalités reçues par le procureur général Robert F. Kennedy lors d’une rencontre consacrée aux droits civiques.

Son activité publique comprend des débats filmés et des entretiens télévisés. En 1965, James Baldwin affronte William F. Buckley Jr. à l’université de Cambridge autour de la question de savoir si le rêve américain s’est construit aux dépens des citoyens noirs. Sa conférence obtient l’approbation majoritaire du public étudiant présent dans la salle.

La mort de Medgar Evers, l’assassinat de Malcolm X et celui de Martin Luther King Jr. occupent une place centrale dans le manuscrit inachevé Remember This House. Des décennies après la mort de James Baldwin, le réalisateur Raoul Peck utilise ce texte comme base du documentaire I Am Not Your Negro, sorti en 2016 et narré par Samuel L. Jackson.

Fiction, théâtre et travail pour l’écran

Le roman Un autre pays, publié en 1962, décrit un groupe d’amis vivant à New York et aborde leurs relations amoureuses à travers les frontières raciales. James Baldwin en achève une partie pendant ses séjours en Turquie. Il poursuit cette exploration des relations familiales et sexuelles dans Dis-moi depuis combien de temps le train est parti, publié en 1968.

Pour la scène, James Baldwin écrit Le Coin des Amen, dont une première version est montée à l’université Howard en 1955. Sa pièce Blues pour l’homme blanc est créée à Broadway en 1964. Inspirée par le meurtre d’Emmett Till, elle met en scène un procès dans une communauté divisée par la violence raciste.

Le cinéma documentaire enregistre fréquemment ses interventions. Dans Take This Hammer, réalisé avec Richard O. Moore en 1963, James Baldwin parcourt San Francisco et échange avec des habitants noirs sur le logement, l’emploi et les discriminations. Il est également filmé à Londres dans Baldwin’s Nigger, captation d’une rencontre publique organisée en 1968 avec le comédien et militant Dick Gregory.

En Turquie, le photographe et cinéaste Sedat Pakay tourne James Baldwin: From Another Place. Le court métrage, réalisé en 1970, montre James Baldwin dans son environnement stambouliote et l’entend parler de l’exil, de l’écriture et des États-Unis. Ses séjours dans le pays s’étendent sur plusieurs années entre 1961 et 1971.

Saint-Paul-de-Vence et les dernières publications

À partir de 1970, James Baldwin réside régulièrement à Saint-Paul-de-Vence. Sa maison accueille des écrivains, des musiciens et des militants de passage dans le sud de la France. Il continue à voyager pour donner des conférences et enseigne la littérature dans plusieurs universités américaines.

Si Beale Street pouvait parler, publié en 1974, raconte la relation entre Tish Rivers et Fonny Hunt, jeune homme emprisonné après une fausse accusation de viol. Barry Jenkins adapte le roman au cinéma en 2018. Le film reçoit trois nominations aux Oscars et vaut à Regina King l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle.

L’essai La Preuve des choses non vues paraît en 1985 après une enquête menée par James Baldwin sur les meurtres d’enfants commis à Atlanta entre 1979 et 1981. Son dernier recueil de poésie publié de son vivant, Jimmy’s Blues, sort la même année. Il meurt d’un cancer de l’estomac dans sa maison de Saint-Paul-de-Vence le 1er décembre 1987, à l’âge de soixante-trois ans. Son corps est inhumé au cimetière de Ferncliff, dans l’État de New York.

Filmographie

  • Si Beale Street pouvait parler
    Tout public

    Harlem, dans les années 70. Tish et Fonny s'aiment depuis toujours et envisagent de se marier. Alors qu'ils s'apprêtent à avoir un enfant, le jeune homme, victime d'une erreur judiciaire, est arrêté et incarcéré. Avec l'aide de sa famille, Tish s'engage dans un combat acharné pour prouver l'innocence de Fonny et le faire libérer…

    2018 1h59 Auteur du roman

  • I Am Not Your Negro
    Tout public

    À travers les propos et les écrits de l’écrivain noir américain James Baldwin, Raoul Peck propose un film qui revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains au cours de ces dernières décennies. Une réflexion intime sur la société américaine, en écho à la réalité française. Les mots de James Baldwin sont lus par JoeyStarr dans la version française et par Samuel L. Jackson dans la version américaine et JoyeStarr (alias Didier Morville) dans la version française.

    2017 1h29 Scénariste

  • Malcolm X
    Tout public

    Le petit Malcolm grandit à Detroit. Son père est prêtre et doit faire face au Ku Klux-Klan, radical de droite, qui le terrorise sans cesse. La situation s'aggrave et le père de Malcolm est finalement assassiné, après quoi sa mère doit être admise dans un hôpital psychiatrique. Pendant ce temps, Malcolm poursuit ses études, mais se rend vite compte qu'aux États-Unis, à son époque, certaines professions n'étaient pas accessibles aux Afro-Américains. Plus tard, il se retrouve sur la mauvaise voie et plonge dans des cercles louches. Lorsqu'il est arrêté, il entrepris une marche intérieure pendant la détention. Il apprend à connaître l'islam et abandonne son nom d'esclave Little et s'appelle maintenant Malcolm X. De nouveau en liberté, il promeut un nouveau mouvement des droits civiques.

    1992 3h22 Scénario

  • The Statue of Liberty
    Tout public

    Depuis plus d'un siècle, la Statue de la Liberté incarne l'espoir et le refuge pour des générations d'immigrants. Dans ce portrait lyrique, captivant et audacieux, Ken Burns explore à la fois l'histoire du symbole le plus emblématique de l'Amérique et la signification même de la liberté. À travers des photographies d'archives rares, des peintures, des dessins ainsi que la lecture d'extraits de journaux intimes, de lettres et de la presse de l'époque, le film retrace l'histoire fascinante de ce monument admiré dans le monde entier. En donnant la parole à des Américains issus de tous les milieux, parmi lesquels l'ancien gouverneur de New York Mario Cuomo, la regrettée représentante Barbara Jordan et les écrivains disparus James Baldwin et Jerzy Kosinski —, le documentaire interroge la nature de la liberté et la place qu'occupe ce monument dans la vie américaine.

    1985 1h00 Self - Writer

  • King : De Montgomery à Memphis
    Tout public

    Depuis le boycott des bus de Montgomery en 1955, l’une des premières actions inspirées par Martin Luther King, jusqu’à son assassinat, le 4 avril 1968 à Memphis, ce documentaire retrace les étapes cruciales de la vie du leader non violent, prix Nobel de la paix en 1964, qui prononça devant plus de 250 000 personnes un discours resté célèbre, commençant par ces mots : « I Have a Dream ».

    1970 3h05 Self (archives vidéos)