Ian Charleson
- Casting
Biographie
- Nationalité
- Né le
- 11 août 1949 à Édimbourg (Royaume-Uni)
- Décédé le
- 6 janvier 1990
- Âge
- 40 ans
- Filmographie
- 3 films
Ian Charleson, né le 11 août 1949 à Édimbourg et mort le 6 janvier 1990 à Londres, est un acteur et chanteur écossais. Il reste surtout connu au cinéma pour son interprétation de l’athlète et missionnaire Eric Liddell dans Chariots of Fire (Les Chariots de feu, 1981) et pour celle du révérend Charlie Andrews dans Gandhi (1982). Mais l’essentiel de sa réputation auprès de ses pairs repose sur le théâtre britannique, où il fut notamment un interprète remarqué de Shakespeare.
D’Édimbourg à la formation d’acteur
Ian Charleson grandit à Édimbourg dans un milieu ouvrier ; son père travaille comme imprimeur. Enfant, il manifeste déjà des aptitudes pour la musique et la scène : il chante comme soprano et participe à des productions théâtrales locales. Il obtient une bourse pour fréquenter la Royal High School d’Édimbourg.
Il entre ensuite à l’université d’Édimbourg, où il étudie de 1967 à 1970. D’abord attiré par l’architecture, il consacre une part croissante de son temps au théâtre universitaire et décide finalement de devenir comédien. Il obtient son diplôme avant de poursuivre sa formation à la London Academy of Music and Dramatic Art, la LAMDA.
Cette formation lui permet d’entrer rapidement dans le théâtre professionnel britannique. Sa carrière, commencée au début des années 1970, se développe autant grâce à son jeu qu’à ses qualités de chanteur.
Une carrière fortement ancrée dans le théâtre
Charleson se fait d’abord remarquer sur les scènes britanniques. Il travaille notamment au Young Vic, avec la Royal Shakespeare Company et au National Theatre, et interprète de nombreux rôles classiques ou contemporains.
Shakespeare occupe une place importante dans son répertoire. Il joue notamment Ariel dans The Tempest, ainsi que des rôles dans Much Ado About Nothing, As You Like It et plusieurs autres productions classiques. Sa réputation repose sur un jeu souvent décrit comme particulièrement naturel, sans emphase excessive. Ian McKellen soulignera après sa mort le caractère direct et sincère de son interprétation.
Charleson dispose également d’une solide voix chantée. Cette aptitude lui permet de passer du répertoire classique à la comédie musicale et devient particulièrement importante lorsqu’il rejoint une production londonienne majeure au début des années 1980.
Sky Masterson dans Guys and Dolls
En 1982, Ian Charleson interprète Sky Masterson dans la célèbre production de Guys and Dolls montée par Richard Eyre au National Theatre. La distribution comprend également Bob Hoskins et Julia McKenzie.
Le rôle lui permet d’utiliser simultanément ses qualités de comédien et de chanteur. Cette production de Guys and Dolls devient l’un des grands succès du National Theatre durant cette période et contribue à confirmer Charleson comme l’un des acteurs de scène britanniques les plus polyvalents de sa génération.
Il continue ensuite à alterner grands classiques et théâtre contemporain, avec notamment des rôles remarqués dans Cat on a Hot Tin Roof et Fool for Love.
Eric Liddell dans Les Chariots de feu
Sa notoriété internationale vient cependant du cinéma. En 1981, Hugh Hudson lui confie le rôle d’Eric Liddell dans Chariots of Fire. Le film raconte en parallèle les parcours de Liddell et de Harold Abrahams, deux athlètes britanniques participant aux Jeux olympiques de Paris de 1924.
Liddell, Écossais profondément religieux, refuse de participer à une course éliminatoire lorsqu’il découvre qu’elle doit se dérouler un dimanche. Le personnage combine ainsi performance sportive et conviction spirituelle, deux aspects que Charleson doit rendre crédibles sans transformer Liddell en figure abstraite ou uniquement héroïque.
Le film remporte notamment l’Oscar du meilleur film, et l’image de Charleson courant sur la plage au son de la musique de Vangelis devient l’une des plus reconnaissables du cinéma britannique des années 1980. Son interprétation d’Eric Liddell demeure le rôle auquel son nom est le plus souvent associé à l’échelle internationale.
De Gandhi à d’autres rôles au cinéma
L’année suivante, Charleson participe à un autre grand succès international : Gandhi, réalisé par Richard Attenborough. Il y interprète le révérend Charles Freer Andrews, prêtre anglican et ami de Mohandas Gandhi.
Le personnage d’Andrews joue un rôle de soutien dans le parcours de Gandhi, notamment pendant les années de lutte contre la discrimination. Le film remporte à son tour l’Oscar du meilleur film, ce qui place Charleson dans deux productions successives couronnées par cette récompense.
Il continue ensuite à tourner, mais son activité cinématographique reste relativement limitée par rapport à son travail théâtral. Pour Charleson, le cinéma apporte la célébrité, tandis que la scène demeure le lieu où il développe les rôles les plus exigeants de sa carrière.
Une maladie tenue privée
Ian Charleson est diagnostiqué séropositif en 1986. À une époque où le VIH et le sida restent fortement stigmatisés, il garde largement sa maladie privée et continue à travailler.
Son état de santé se dégrade pourtant progressivement. Malgré cela, il poursuit une activité théâtrale soutenue. Sa dernière grande performance va devenir indissociable de son héritage artistique.
Charleson était homosexuel, mais sa vie privée demeurait relativement discrète dans la presse de son vivant. Après sa mort, son choix de rendre publique la cause de celle-ci prend une importance particulière dans le contexte britannique de l’épidémie de sida.
Un dernier Hamlet
À la fin de 1989, alors qu’il est déjà gravement malade, Ian Charleson reprend au pied levé le rôle-titre de Hamlet dans une production de Richard Eyre au National Theatre. Il ne dispose que de peu de temps pour se préparer, mais son interprétation reçoit des critiques exceptionnellement favorables.
Le critique John Peter, du Sunday Times, est particulièrement marqué par cette prestation. Le public ignore alors que l’acteur joue pendant les dernières semaines de sa vie. Ian McKellen dira plus tard que Charleson avait interprété Hamlet comme s’il avait préparé le rôle depuis toujours.
Sa dernière représentation a lieu environ huit semaines avant sa mort.
Mort et décision de rendre publique la cause de son décès
Ian Charleson meurt à Londres le 6 janvier 1990, à seulement 40 ans, de complications liées au sida. Avant sa mort, il demande expressément que la cause soit rendue publique afin de contribuer à faire connaître la maladie et à réduire la stigmatisation qui entoure les personnes atteintes du VIH.
Cette décision est alors inhabituelle pour une personnalité britannique aussi connue. Son décès est présenté comme le premier d’une grande personnalité du spectacle au Royaume-Uni dont le lien avec le sida soit annoncé ouvertement de cette manière. Cette transparence contribue à attirer davantage l’attention publique sur l’épidémie.
Les Ian Charleson Awards
Quelques mois après sa disparition, le critique John Peter propose la création d’un prix portant son nom, inspiré notamment par la dernière interprétation de Charleson dans Hamlet. Les Ian Charleson Awards sont créés avec le soutien du Sunday Times et du National Theatre.
Attribués pour la première fois en 1991, ils récompensent les meilleurs jeunes acteurs de moins de 30 ans dans des rôles du répertoire classique sur les scènes britanniques. Au fil du temps, ils deviennent une distinction importante pour les interprètes en début de carrière.
Le prix perpétue ainsi surtout la mémoire du comédien de théâtre, plutôt que celle de la vedette de cinéma. C’est une distinction cohérente avec le parcours de Charleson : malgré la célébrité acquise grâce aux Chariots de feu, ses contemporains considéraient largement la scène comme le lieu où son talent s’exprimait avec le plus de force.
De Eric Liddell à Hamlet, Ian Charleson a laissé une carrière courte, moins de vingt années professionnelles, mais marquée par quelques interprétations particulièrement durables. Son héritage associe aujourd’hui le succès international des Chariots de feu, une importante carrière shakespearienne et un geste personnel qui contribua, au moment de sa mort, à rendre plus visible la réalité du sida au Royaume-Uni.