H.P. Lovecraft

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Biographie

Howard Phillips Lovecraft, dit H. P. Lovecraft, est un écrivain américain, né le 20 août 1890 à Providence, dans le Rhode Island, et mort le 15 mars 1937 dans la même ville. Auteur de nouvelles, de récits fantastiques, de poésie et d’essais, il publie une grande partie de sa fiction dans les magazines populaires américains consacrés à l’étrange et au fantastique.

Providence, l’astronomie et les premières écritures

H. P. Lovecraft est le fils de Winfield Scott Lovecraft et de Sarah Susan Phillips Lovecraft. Après l’hospitalisation de son père en 1893, il grandit dans la famille maternelle à Providence. Son grand-père Whipple Van Buren Phillips possède une importante bibliothèque familiale, à laquelle l’enfant a accès. Lovecraft s’intéresse très tôt aux sciences et particulièrement à l’astronomie, sujet auquel il consacre des textes avant le développement de son œuvre fantastique.

Des problèmes de santé perturbent sa scolarité et H. P. Lovecraft ne termine pas ses études secondaires. Il poursuit néanmoins une activité intellectuelle personnelle, rédigeant des textes scientifiques, des poèmes et des récits. Après la mort de son grand-père en 1904, la situation financière de la famille se dégrade et Lovecraft s’installe avec sa mère dans un logement plus modeste à Providence.

Le journalisme amateur et un vaste réseau de correspondance

À partir des années 1910, le journalisme amateur joue un rôle important dans la vie de H. P. Lovecraft. Il rejoint en 1914 l’United Amateur Press Association, réseau permettant à ses membres d’écrire, d’éditer et d’échanger leurs propres publications. Il y exerce différentes responsabilités et développe des relations avec d’autres écrivains. Cette activité accompagne son retour régulier à l’écriture de fiction.

La correspondance devient l’une de ses principales pratiques quotidiennes. H. P. Lovecraft entretient des échanges suivis avec de nombreux auteurs et amateurs de littérature fantastique, parmi lesquels Clark Ashton Smith et Robert E. Howard. Robert Hayward Barlow, qui commence à lui écrire en 1931, devient également un correspondant proche et reçoit Lovecraft à plusieurs reprises en Floride. Les archives conservées à Brown University comprennent plus de deux mille lettres originales et manuscrits de fiction, d’essais et de poésie.

Weird Tales et la construction d’un univers partagé

Dans les années 1920, H. P. Lovecraft commence à publier régulièrement dans Weird Tales, magazine qui devient son principal débouché pour la fiction fantastique. « The Call of Cthulhu », publié en 1928, met en scène le culte d’une ancienne créature nommée Cthulhu. Plusieurs de ses récits développent parallèlement des divinités extraterrestres, des livres fictifs et des lieux imaginaires de Nouvelle-Angleterre. Les écrivains qui prolongent cet ensemble après sa mort le regroupent sous l’appellation de « mythe de Cthulhu ».

La création du Necronomicon participe à ces échanges entre écrivains. H. P. Lovecraft présente cet ouvrage fictif comme l’œuvre de l’« Arabe dément » Abdul Alhazred et l’intègre à plusieurs récits. Des membres de son cercle reprennent à leur tour certains noms et éléments imaginaires, tandis que Lovecraft fait entrer dans ses propres textes des inventions de ses correspondants.

Parallèlement à ses textes publiés sous son nom, H. P. Lovecraft travaille comme réviseur et prête sa plume à d’autres auteurs. Certaines commandes dépassent largement la correction stylistique et l’amènent à réécrire ou développer des récits entiers. Cette activité constitue l’une de ses rares sources régulières de revenus littéraires.

Sonia Greene et les années new-yorkaises

Le journalisme amateur permet à H. P. Lovecraft de rencontrer Sonia Haft Greene, femme d’affaires, éditrice et écrivaine d’origine ukrainienne et juive. Ils se marient en 1924 et s’installent à New York. Brown University conserve aujourd’hui les papiers de Sonia Greene, qui documentent notamment son activité d’éditrice et ses collaborations littéraires avec Lovecraft.

Le couple connaît rapidement des difficultés financières. Sonia Greene doit travailler hors de New York pendant certaines périodes, tandis que H. P. Lovecraft cherche sans succès un emploi stable. Leur vie commune prend fin et Lovecraft retourne définitivement à Providence en avril 1926. Leur mariage est ensuite dissous.

Des convictions racistes présentes dans les écrits et la correspondance

Les écrits personnels et certaines œuvres de H. P. Lovecraft contiennent des propos racistes et xénophobes explicites. Brown University, qui conserve la principale collection de ses manuscrits et de sa correspondance, caractérise directement ces opinions comme racistes et xénophobes. Elles apparaissent notamment dans ses commentaires sur l’immigration, les populations non blanches et plusieurs communautés rencontrées durant son séjour à New York.

Sonia Greene, elle-même issue d’une famille juive ukrainienne, reste mariée à H. P. Lovecraft durant une partie de cette période. Les archives de Brown documentent son identité, son travail d’éditrice et les projets littéraires réalisés avec son mari.

Le retour à Providence et les dernières années

Revenu à Providence en 1926, H. P. Lovecraft entre dans la période où il écrit plusieurs de ses récits les plus connus. Il achève notamment At the Mountains of Madness et The Shadow Over Innsmouth. Il continue aussi à voyager le long de la côte Est des États-Unis et au Canada malgré des moyens financiers limités. En 1934 et 1935, il séjourne chez Robert Hayward Barlow à DeLand, en Floride.

Ses dernières années restent marquées par la correspondance et le travail de révision pour d’autres écrivains. H. P. Lovecraft vit successivement au 10 Barnes Street puis au 66 Prospect Street à Providence. Atteint d’un cancer de l’intestin, il est hospitalisé au Jane Brown Memorial Hospital et meurt le 15 mars 1937, à l’âge de quarante-six ans. Il est enterré au Swan Point Cemetery de Providence.

Filmographie

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