Françoise Bonnot

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Biographie

Françoise Bonnot est une monteuse française, née le 17 août 1939 à Bois-Colombes, dans les Hauts-de-Seine, et morte le 9 juin 2018 à Paris, à l’âge de 78 ans. Elle exerce le montage pendant près de six décennies et travaille sur plus de cinquante films.

Le montage appris auprès de Monique Bonnot

Fille de la monteuse Monique Bonnot, Françoise Bonnot découvre très jeune le travail en salle de montage. Sa mère collabore régulièrement avec Jean-Pierre Melville, ce qui lui permet de se familiariser dès l’enfance avec la fabrication des films. Adolescente, elle maîtrise déjà les bases techniques du métier, même si elle envisage un temps de s’orienter vers l’architecture.

Son premier crédit professionnel est lié à Jean-Pierre Melville. Françoise Bonnot assiste sa mère sur Deux hommes dans Manhattan, réalisé en 1959. Elle travaille ensuite avec elle au montage d’Un singe en hiver, réalisé par Henri Verneuil et sorti en 1962. Elle épouse Verneuil peu après et monte encore plusieurs de ses films au cours des années 1960.

Jean-Pierre Melville lui confie en 1969 le montage de L’Armée des ombres. Le réalisateur la connaît depuis son enfance par l’intermédiaire de Monique Bonnot. Cette même année, Françoise Bonnot signe également le montage d’un autre film qui joue un rôle majeur dans sa carrière, Z, réalisé par Costa-Gavras.

L’Oscar de Z et la collaboration avec Costa-Gavras

La rencontre professionnelle avec Costa-Gavras donne naissance à une collaboration qui s’étend sur près de trente ans et huit longs métrages. Z, sorti en 1969, constitue leur premier travail commun. Avec une photographie dirigée par Raoul Coutard et une musique de Mikis Theodorakis, le film repose sur un montage assuré par Françoise Bonnot.

Lors de la 42e cérémonie des Oscars, en 1970, Françoise Bonnot remporte l’Oscar du meilleur montage pour Z. Le film reçoit également l’Oscar du meilleur film en langue étrangère et figure parmi les nommés pour le meilleur film, une combinaison alors inédite pour une œuvre non anglophone. La monteuse est également nommée au BAFTA pour ce travail.

Le travail avec Costa-Gavras se poursuit sur plusieurs de ses films politiques. En 1982, Françoise Bonnot assure le montage de Missing, avec Jack Lemmon et Sissy Spacek. Cette collaboration lui vaut le BAFTA du meilleur montage en 1983, devant notamment les monteurs de Blade Runner et E.T. l’extra-terrestre, également nommés cette année-là.

Costa-Gavras et Françoise Bonnot travaillent encore ensemble sur Hanna K., qui lui vaut une nomination au César du meilleur montage. Leur dernière collaboration au long cours intervient avec Mad City, sorti en 1997.

Des réalisateurs français et internationaux

Le parcours de Françoise Bonnot dépasse rapidement le cercle de ses premières collaborations. Roman Polanski lui confie le montage du Locataire, sorti en 1976, avec Sven Nykvist à la photographie. Jacques Audiard figure alors parmi les assistants monteurs du film.

La même décennie, elle travaille avec Jean-Jacques Annaud sur La Victoire en chantant, distribué internationalement sous le titre Black and White in Color. Le film remporte l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Françoise Bonnot collabore également avec Dario Argento, puis avec Volker Schlöndorff au cours de sa carrière.

Dans les années 1980, Michael Cimino fait appel à elle pour L’Année du dragon, sorti en 1985. Françoise Bonnot travaille de nouveau avec lui sur Le Sicilien. Son activité s’étend alors davantage aux productions américaines, où elle poursuit son métier de chef monteuse auprès de cinéastes européens et américains.

Ridley Scott lui confie le montage de 1492 : Christophe Colomb, sorti en 1992. Deux ans plus tard, elle monte The Burning Season pour John Frankenheimer. Cette dernière production marque également une collaboration professionnelle avec le monteur Michael Tronick, qui évoquera après sa mort leur travail commun.

Une collaboration durable avec Julie Taymor

À la fin des années 1990, Françoise Bonnot commence à travailler avec Julie Taymor, metteuse en scène de théâtre devenue réalisatrice de cinéma. Elle monte Titus, adaptation de Shakespeare sortie en 1999, dont Anthony Hopkins tient le rôle principal. Cette collaboration se poursuit au cours de la décennie suivante.

Pour Frida, réalisé par Julie Taymor et sorti en 2002, Françoise Bonnot assure de nouveau le montage. Le film consacré à Frida Kahlo est interprété par Salma Hayek. Elle retrouve ensuite Taymor sur Across the Universe, comédie musicale sortie en 2007 et construite autour de chansons des Beatles.

Leur travail commun comprend également La Tempête, adaptation cinématographique de Shakespeare réalisée par Taymor. Françoise Bonnot demeure ainsi une collaboratrice régulière de la cinéaste pendant plus d’une décennie, après avoir entretenu auparavant une relation professionnelle comparable par sa durée avec Costa-Gavras.

Récompenses, César et transmission familiale

Outre son Oscar pour Z et son BAFTA pour Missing, Françoise Bonnot reçoit plusieurs nominations professionnelles en France. Elle est notamment nommée au César du meilleur montage pour Hanna K. en 1984 et pour Place Vendôme en 1999. Son travail sur Z avait également obtenu une nomination au BAFTA en 1970.

Membre de l’American Cinema Editors, Françoise Bonnot appartient à une famille durablement liée au cinéma. Son frère Alain Bonnot travaille comme réalisateur et assistant réalisateur. De son mariage avec Henri Verneuil naissent deux enfants, dont Patrick Malakian, devenu réalisateur. Elle monte en 1994 Pourquoi maman est dans mon lit ?, réalisé par son fils.

Le lien familial avec le montage commence avec Monique Bonnot, auprès de laquelle Françoise Bonnot avait appris le métier. Plus de trente ans après leur travail commun sur Un singe en hiver, elle intervient ainsi sur un film réalisé par la génération suivante de sa famille, avec Patrick Malakian derrière la caméra.

Filmographie

16 sur 16 films

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