Elizabeth Sung
Casting
- Nationalités
- Chine États-Unis
- Naissance
- 14 octobre 1954 à Hong Kong (Hong Kong)
- Mort
- 22 mai 2018
- Âge
- 63 ans
- Autres noms
- 孫芳, Fong Sung
- Filmographie
- 4 films
Biographie
Elizabeth Sung est une actrice, réalisatrice, scénariste et enseignante d’art dramatique sino-américaine, née le 14 octobre 1954 à Happy Valley, dans la colonie britannique de Hong Kong, et morte le 22 mai 2018 à Los Angeles, en Californie, aux États-Unis.
Une formation de danseuse à Hong Kong et à New York
Elizabeth Sung grandit à Hong Kong, où elle commence l’apprentissage de la danse classique pendant son enfance. À dix-sept ans, elle quitte le territoire pour s’installer à New York et intégrer la Juilliard School, établissement d’enseignement supérieur spécialisé dans la musique, la danse et l’art dramatique.
Elle y obtient un Bachelor of Fine Arts en danse. À l’issue de sa formation, elle est recrutée par la compagnie d’Alvin Ailey, chorégraphe américain dont les créations associent notamment la danse moderne à des traditions musicales afro-américaines. Elle interprète plusieurs œuvres du répertoire de la compagnie, qui présente ses spectacles aux États-Unis et à l’étranger.
Une blessure au dos la contraint à interrompre sa carrière de danseuse professionnelle. Elle s’oriente alors vers le métier d’actrice et obtient le rôle de Liat dans une production théâtrale de South Pacific, comédie musicale de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II, créée à Broadway en 1949. Le personnage est une jeune femme originaire de l’île de Bali Ha’i dont un officier américain tombe amoureux pendant la Seconde Guerre mondiale.
Elle poursuit son travail sur scène et participe à plusieurs productions new-yorkaises. En 1987, elle s’installe à Los Angeles après avoir été admise dans la classe d’interprétation de Sanford Meisner, dont elle suit l’enseignement pendant trois ans. Elle étudie également auprès de Milton Katselas, metteur en scène et professeur d’art dramatique.
Son parcours théâtral comprend notamment Widows, de l’écrivain chilien Ariel Dorfman, présenté au Mark Taper Forum de Los Angeles, ainsi que The Square, monté dans le cadre des productions Taper, consacrées notamment aux écritures contemporaines.
Luan Volien dans Les Feux de l’amour
Après plusieurs engagements dans des séries américaines, dont The Equalizer en 1988 et China Beach l’année suivante, Elizabeth Sung obtient en 1994 le rôle de Luan Volien dans Les Feux de l’amour (The Young and the Restless).
Luan est une restauratrice d’origine vietnamienne qui retrouve Jack Abbott, interprété par Peter Bergman. Les deux personnages s’étaient connus pendant la guerre du Viêt Nam, alors que Jack servait dans l’armée américaine. Leur relation passée avait donné naissance à un fils, Keemo, dont Jack ignorait l’existence.
Luan s’installe à Genoa City, ville fictive du Wisconsin dans laquelle se déroule le feuilleton. Sa relation avec Jack reprend, et les deux personnages finissent par se marier. Elle devient ainsi membre de la famille Abbott, l’une des familles centrales de la série.
Ce rôle permet d’introduire une intrigue familiale asiatique développée sur une longue période dans un feuilleton américain quotidien. Elizabeth Sung interprète Luan entre 1994 et 1996, jusqu’à la mort du personnage, atteint d’une maladie incurable.
Pendant ces deux années, elle travaille notamment avec Peter Bergman et les acteurs interprétant les membres de la famille Abbott. Son personnage intervient dans les conflits familiaux entourant Jack et dans les relations entre celui-ci et son fils Keemo.
Les personnages féminins dans le cinéma sino-américain
En 1993, Elizabeth Sung participe à Le Club de la chance (The Joy Luck Club), réalisé par Wayne Wang d’après le roman d’Amy Tan. Le film raconte les histoires de quatre femmes chinoises installées aux États-Unis et de leurs filles nées ou élevées dans la société américaine.
Sung y interprète la seconde épouse d’un homme chinois, dans les séquences évoquant le passé familial d’une des protagonistes. Le film s’appuie sur des récits situés à différentes époques et met en scène les effets de la condition féminine dans la Chine traditionnelle sur les générations suivantes. Sa distribution comprend notamment Tsai Chin, France Nuyen, Lisa Lu et Ming-Na Wen.
En 1998, elle apparaît dans L’Arme fatale 4 (Lethal Weapon 4), réalisé par Richard Donner. Elle interprète l’épouse de Hong, personnage joué par Eddy Ko, dont la famille est secourue par les policiers Martin Riggs et Roger Murtaugh, interprétés par Mel Gibson et Danny Glover. L’intrigue met notamment en scène un réseau criminel impliqué dans l’immigration clandestine et la contrefaçon de monnaie.
Dans Mémoires d’une geisha (2005), réalisé par Rob Marshall d’après le roman d’Arthur Golden, elle interprète la mère de Chiyo, jeune fille japonaise qui deviendra geisha sous le nom de Sayuri. Le personnage de Chiyo est incarné enfant par Suzuka Ohgo, puis à l’âge adulte par Zhang Ziyi. Le film est situé principalement au Japon dans les années précédant et suivant la Seconde Guerre mondiale.
La réalisation de Requiem et le souvenir de son frère
En 1995, Elizabeth Sung réalise Requiem, un court métrage d’environ trente minutes conçu dans le cadre du Directing Workshop for Women de l’American Film Institute (AFI), programme destiné à accompagner les réalisatrices.
Le scénario, écrit par son époux Peter Tulipan, s’inspire de l’enfance de la réalisatrice à Hong Kong et de son installation à New York pour y étudier la danse. Il évoque plus particulièrement les relations entre une jeune femme et son frère, mort du sida. Cette histoire reprend un événement personnel : le frère d’Elizabeth Sung, Philip, est mort de cette maladie en 1985.
Le personnage principal, Fong, est interprété par Tamlyn Tomita à l’âge adulte et par Brenda Song pendant son enfance. Chris Tashima incarne son frère Philip. Elizabeth Sung participe elle-même au film dans le rôle de la mère.
Requiem reçoit un CINE Golden Eagle Award en 1996, ainsi qu’un Mayor’s Award for Excellence. Le film marque une étape importante dans la carrière de réalisatrice de Sung, qui poursuit ensuite sa formation à l’American Film Institute.
Une formation à la réalisation et des expériences de production en Chine
À la fin des années 1990, Elizabeth Sung intègre le cursus de réalisation de l’American Film Institute Conservatory. Elle réalise notamment The Water Ghost (1998), court métrage présenté comme son film de fin d’études.
Cette production lui permet d’obtenir un Master of Fine Arts en réalisation. Le film reçoit plusieurs distinctions, dont un CINE Golden Eagle Award et un prix au Santa Clarita International Film Festival. Il est également diffusé sur la chaîne américaine Lifetime dans une programmation consacrée à de nouvelles réalisatrices.
En 2002, elle fait partie des trois femmes sélectionnées pour une bourse de réalisation télévisuelle organisée conjointement par ABC et la Directors Guild of America (DGA). Ce programme vise à développer l’accès des réalisatrices aux productions télévisées américaines.
Son activité de production comprend également des expériences en Chine. En 1993, elle travaille à l’organisation des spectacles pyrotechniques des premiers Jeux de l’Asie de l’Est, organisés à Shanghai. Elle participe aussi à la coordination de production du film Shanghai Fever, coproduction internationale réalisée en Chine.
Bilingue en cantonais et en mandarin, elle utilise ses compétences linguistiques dans ses activités de comédienne et de production, entre les industries audiovisuelles américaines et asiatiques.
Les représentations de l’identité asiatique dans le cinéma indépendant
Dans les années 2000 et 2010, Elizabeth Sung participe à plusieurs films indépendants consacrés aux familles américaines d’origine asiatique.
Elle joue notamment dans Ping Pong Playa (2007), réalisé par Jessica Yu. Cette comédie suit Christopher « C-Dub » Wang, jeune Sino-Américain passionné de basket-ball qui doit remplacer son frère dans l’enseignement du tennis de table. Le film met en scène les relations entre les membres d’une famille immigrée et les attentes professionnelles des parents envers leurs enfants.
Dans Front Cover (2015), réalisé par Ray Yeung, elle interprète Yen Fu, la mère de Ryan Fu, styliste new-yorkais d’origine chinoise joué par Jake Choi. Celui-ci entretient une relation amoureuse avec Ning, acteur venu de Pékin, interprété par James Chen. Le film aborde notamment la manière dont Ryan cherche à concilier son homosexualité, sa carrière professionnelle et ses origines familiales.
L’actrice participe ensuite à White Rabbit (2018), réalisé par Daryl Wein et écrit avec l’actrice Vivian Bang. Cette dernière interprète Sophia, artiste performeuse coréano-américaine vivant à Los Angeles. Sung incarne sa mère, avec laquelle Sophia communique au cours du récit. Le film est présenté en janvier 2018 au Festival de Sundance, puis au Festival du film asiatique du Pacifique de Los Angeles.
L’enseignement artistique et le soutien aux jeunes cinéastes
Parallèlement à son activité d’actrice, Elizabeth Sung enseigne l’interprétation et accompagne de jeunes professionnels du cinéma. Elle s’engage particulièrement auprès des artistes américains d’origine asiatique ou issus des îles du Pacifique.
Elle collabore pendant de nombreuses années avec Visual Communications, organisation artistique établie à Los Angeles et consacrée au développement des médias asiatiques-américains. Membre de cette association pendant plus de vingt ans, elle soutient notamment les jeunes réalisateurs sélectionnés dans le programme Armed With a Camera, qui finance et accompagne la création de courts métrages.
En 2009, elle participe à un atelier de prise de vues sur pellicule 35 mm organisé avec le soutien de la société Eastman Kodak. Elle y travaille avec de jeunes directeurs de la photographie sur les méthodes de tournage professionnelles.
Membre de la Television Academy, elle est admise en 2016 à l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences, institution américaine qui organise chaque année la cérémonie des Oscars. Cette admission reconnaît son activité d’actrice dans l’industrie cinématographique américaine.
Après son décès, Visual Communications crée le Elizabeth Sung Memorial Scholarship Fund, fonds destiné à soutenir de nouveaux artistes et cinéastes issus des communautés asiatiques-américaines. Les ressources du fonds contribuent notamment au programme Armed With a Camera.
Filmographie
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