Eijirō Tōno
Casting
- Nationalité
- Japon
- Naissance
- 17 septembre 1907 à Tomioka (Japon)
- Mort
- 8 septembre 1994
- Âge
- 86 ans
- Autre nom
- 東野英治郎
- Filmographie
- 10 films
Biographie
Eijirō Tōno, né le 17 septembre 1907 à Tomioka, dans la préfecture de Gunma, et mort le 8 septembre 1994 à Tokyo, est un acteur japonais. Issu du mouvement du shingeki, le théâtre moderne japonais, il devient après la Seconde Guerre mondiale l’un des grands acteurs de composition de son pays, au théâtre comme au cinéma. Il travaille notamment avec Akira Kurosawa, Yasujirō Ozu et Keisuke Kinoshita avant d’acquérir une popularité nationale à la télévision dans le rôle de Tokugawa Mitsukuni dans Mito Kōmon.
Du théâtre prolétarien au shingeki
Eijirō Tōno étudie le commerce à l’université Meiji. Pendant ses années universitaires, il fréquente les milieux de gauche et s’intéresse au théâtre prolétarien, courant alors étroitement associé aux mouvements sociaux et politiques japonais. En 1931, il entre à l’Institut du théâtre prolétarien et fait ses débuts sur scène la même année dans Osoreyama Tunnel, de Jūrō Miyoshi.
Il rejoint ensuite le Nouveau Théâtre de Tsukiji et adopte comme nom de scène Katsuji Honjō, qui est aussi son nom civil selon plusieurs dictionnaires biographiques japonais. Il y exerce non seulement comme acteur mais également comme secrétaire général et responsable de la programmation jusqu’à la dissolution forcée de la troupe en 1940.
Après cette dissolution, Eijirō Tōno travaille un temps dans le cinéma et participe à des activités de production auprès de cinéastes comme Tomu Uchida et Tomotaka Tasaka. En 1944, il compte parmi les fondateurs de la compagnie Haiyūza, avec notamment Koreya Senda, Sakae Ozawa et Sugisaku Aoyama. Il en devient ensuite l’une des figures centrales, aussi bien comme interprète que dans son fonctionnement institutionnel.
Un acteur de composition du cinéma japonais
Le cinéma offre à Eijirō Tōno une activité particulièrement abondante après la guerre. Larousse le décrit comme l’un des principaux acteurs de composition japonais et lui attribue plusieurs centaines de films sur la seule période allant de 1946 à la fin des années 1960.
Son jeu repose moins sur un type de personnage unique que sur sa capacité à donner immédiatement une présence concrète à des rôles secondaires. Son visage fortement caractérisé, sa diction et sa manière de faire exister des personnages modestes, bourrus ou ambigus lui valent d’être régulièrement choisi par les principaux réalisateurs japonais de l’époque. Les dictionnaires japonais soulignent cette aptitude à créer, dans des rôles souvent brefs, des figures dotées d’une forte réalité humaine.
Il reçoit en 1954 le Blue Ribbon Award du meilleur acteur dans un second rôle pour Kuroi ushio et Kunshō. Le Mainichi Film Award lui décerne ensuite à deux reprises son prix du meilleur second rôle masculin, en 1956 puis en 1962, notamment pour Le Goût du saké.
Kurosawa, Ozu et Kinoshita
Eijirō Tōno travaille à plusieurs reprises avec Akira Kurosawa. Il apparaît notamment dans Chien enragé en 1949, Les Sept Samouraïs en 1954, Vivre dans la peur en 1955, Les Bas-Fonds en 1957, Yojimbo en 1961 et Barberousse en 1965. Ces collaborations lui offrent des personnages très différents, souvent situés à la périphérie immédiate de l’action principale.
Il appartient également au groupe d’acteurs régulièrement employés par Yasujirō Ozu. On le voit notamment dans Voyage à Tokyo en 1953 puis dans Le Goût du saké en 1962, dernier long métrage du cinéaste. Son interprétation dans ce dernier film contribue au Mainichi Film Award du meilleur second rôle masculin qui lui est décerné cette année-là.
Eijirō Tōno tourne aussi à plusieurs reprises avec Keisuke Kinoshita, notamment dans L’Armée et La Ballade de Narayama. Cette présence chez des réalisateurs aux styles très différents illustre l’étendue de son registre : drame social, film historique, chronique familiale ou récit de samouraïs.
Une carrière qui reste profondément théâtrale
Le cinéma ne remplace jamais le théâtre dans la carrière d’Eijirō Tōno. Au sein de Haiyūza, il interprète de nombreuses pièces japonaises et étrangères et devient l’un des représentants majeurs du shingeki de l’après-guerre. Parmi ses rôles remarqués figurent notamment Chidori, Kyōiku et Arifuku Shijin.
Son activité scénique lui vaut plusieurs distinctions. Il reçoit en 1958 un prix théâtral du Yomiuri pour Chidori, puis le prix Theatron en 1964 et un prix individuel Kinokuniya en 1968. En 1970, le Mainichi Art Award récompense son travail dans Bōken, Tōdō Sakuemon no.
Cette place institutionnelle se prolonge au-delà de la scène. Eijirō Tōno devient administrateur du Haiyūza Theatre puis, de 1990 à sa mort, président de l’Association japonaise des acteurs de shingeki.
Tokugawa Mitsukuni dans Mito Kōmon
À partir de 1969, Eijirō Tōno devient le premier interprète principal de Tokugawa Mitsukuni dans la série télévisée Mito Kōmon. Inspiré d’un daimyo ayant réellement vécu au XVIIe siècle, le personnage parcourt le Japon incognito et intervient pour rétablir la justice, entouré de ses fidèles compagnons.
Le rôle transforme la notoriété de l’acteur. Déjà très respecté au théâtre et au cinéma, il devient désormais une figure familière d’un très large public japonais. Il interprète Mitsukuni jusqu’en 1983, avant d’être remplacé par Kō Nishimura. Les dictionnaires biographiques japonais présentent ce personnage comme celui qui lui apporte sa plus grande popularité auprès du public de télévision.
Cette incarnation occupe une place particulière dans son parcours parce qu’elle repose sur une combinaison différente de celles de ses rôles cinématographiques : autorité bienveillante, humour, dissimulation et capacité à imposer soudainement la dignité du personnage lorsque son identité est révélée.
Reconnaissance institutionnelle
La contribution d’Eijirō Tōno au théâtre et à l’interprétation est officiellement reconnue au Japon. Il reçoit la Médaille au ruban pourpre en 1975, distinction accordée pour des contributions importantes aux arts et à la culture. En 1982, il est décoré de l’ordre du Soleil levant, quatrième classe.
Il publie également des ouvrages consacrés à son métier et à son parcours, parmi lesquels Watashi no haiyū shugyō (« Mon apprentissage d’acteur ») et Manyū mugen. Son fils, Eishin Tōno, devient lui aussi acteur.
Eijirō Tōno continue à travailler jusqu’à un âge avancé. Son dernier film est A-ge-man de Jūzō Itami, sorti en 1990. Il meurt le 8 septembre 1994, neuf jours avant son 87e anniversaire. L’université Meiji lui attribue à titre posthume, en 1995, son prix spécial du mérite.
Filmographie
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La Mort d'un maître de théTout publicÀ travers l'histoire de Sen no Rikyu, qui se fit hara-kiri en 1591, évocation des questions fondamentales pour comprendre la vie et la mort du plus grand maître du thé du Japon, dans une société féodale.
1989 1h47 Kokei
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Tora ! Tora ! Tora !Tout publicWashington, 1939. Grâce à une machine de décryptage, les États-Unis déchiffrent le code radio japonais. Cependant, le colonel Bratton se plaint que les commandants n'y aient pas accès. Malgré les signes d'une attaque japonaise imminente, ces rapports ne sont pas pris au sérieux. Le 7 décembre 1941, l'impensable se produit : les Japonais attaquent la base américaine de Pearl Harbor.
1970 2h24 Admiral Chuici Nagumo
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Entre le ciel et l'enferTout publicLorsque des criminels veulent kidnapper l'enfant d'un riche manager, mais le confondent avec le fils du chauffeur, le manager paie quand même. En conséquence, il perd ses biens et se retrouve dans de graves ennuis, alors que le ravisseur n'a pas encore été attrapé.
1963 2h23 Factory Worker
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Twin Sisters of KyotoTout publicLa fille d'un marchand de tissus et de mercerie découvre avec surprise qu'elle a une sœur jumelle. Dans le Japon rural, les jumeaux étant considérés comme porteurs de malheur, cette sœur avait été abandonnée à la naissance ; plus tard, ses parents lui avaient raconté qu'elle avait été enlevée. La jeune femme ne croit pas à cette version et, lorsqu'elle finit par rencontrer sa jumelle, toutes deux vivent des histoires d'amour. La fille du marchand fréquente un homme instruit, mais des complications surviennent lorsqu'elle commence à soupçonner que celui-ci s'intéresse peut-être davantage à sa sœur.
1963 1h46 Sosuke Otomo
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Le Goût du sakéTout publicUn père, veuf, cadre dans une entreprise industrielle vit avec sa fille et son dernier fils. Le soir, après le travail, il retrouve ses amis pour boire du saké dans un café où ils ont leurs habitudes. L'un d'eux lui propose un gendre pour sa fille. Il prend alors peu à peu conscience que sa fille est en âge de se marier et qu'il doit, au risque de se retrouver seul, libérer sa fille de son emprise paternelle.
1962 1h53 Sakuma, The 'Gourd'
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Un amour éternelTout publicUn amour immortel et une haine immortelle : au début des années 1930, alors que son fiancé combat en Chine, Sadako est violée et mise enceinte par Heibei, le fils d'un grand propriétaire terrien. Elle se voit ainsi contrainte d'épouser son agresseur. Bien des années plus tard, le couple a trois enfants qui, à leur tour, découvrent les premiers émois amoureux, tandis que les parents s'acharnent à se rendre la vie aussi difficile que possible.
1961 1h43 Policeman
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Le Garde du corpsTout publicÀ la fin de l’ère Edo, un samouraï, Sanjuro, arrive dans un village écartelé entre deux bandes rivales, menées d’un côté par le bouilleur de saké, de l’autre par le courtier en soie. Les deux bandes veulent s’adjoindre les services de Sanjuro…
1961 1h50 Gonji, Tavern Keeper
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La Condition de l’homme ITout publicPartie 1 : Il n’y a pas de plus grand amour, 1943. Kaji (Tatsuya Nakadai) travaille pour une compagnie qui exploite des gisements de minerai. Il est envoyé à Lo Hu liang, dans le sud de la Mandchourie (état du Mandchoukouo), pour s’occuper des ouvriers chinois travaillant dans les mines de fer, qui sont bientôt rejoints par des hordes de prisonniers. Horrifié par les conditions inhumaines de travail, il tente de se battre pour améliorer leur sort mais rencontre l’hostilité de ses collègues et de sa hiérarchie. Alors qu’il s’oppose à l’exécution d’un prisonnier, Kaji est arrêté par la police, séparé de sa femme Michiko, torturé et mobilisé dans l’armée japonaise.
1959 3h24
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Les Bas-fondsTout publicLe film se déroule dans un refuge de nuit où trouvent asile plusieurs personnes démunies (une prostituée, un érudit condamné, un samouraï déshonoré, un acteur alcoolique, un voleur et un artisan dont la femme est atteinte d'une maladie incurable). C'est l'histoire de personnes misérables, exploitées et humiliées, qui aspirent toutes à une vie meilleure, mais qui n'ont pas la force intérieure de changer leur sort. Au cœur du récit se trouve un moine bouddhiste bienveillant qui trouve lui aussi refuge dans ce lieu. Il tente d'aider ces personnages à se retrouver et à les guider vers une vie meilleure. Cependant, ayant mal évalué leurs dépendances physiques et psychologiques, il échoue et ne fait qu'aggraver leur situation.
1957 2h01 Tomekichi the Tinker
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Les Sept SamouraïsTout publicJapon, XVIe siècle. Une fois par an, une bande de brigands envahit un village isolé pour y dérober toutes les réserves et les objets de valeur des paysans. Pour y mettre un terme, ces derniers sollicitent l'aide de samouraïs errants. Sept guerriers décident, pour des motifs variés, de prêter main-forte aux agriculteurs. Ensemble, ils transforment le village en forteresse et les paysans en soldats auxiliaires ; peu à peu, leur mentalité initiale de mercenaires laisse place à un sentiment sincère de solidarité.
1954 3h27 Kidnapper
- 1989
- La Mort d'un maître de thé Kokei
- 1970
- Tora ! Tora ! Tora ! Admiral Chuici Nagumo
- 1963
- Entre le ciel et l'enfer Factory Worker
- Twin Sisters of Kyoto Sosuke Otomo
- 1962
- Le Goût du saké Sakuma, The 'Gourd'
- 1961
- Un amour éternel Policeman
- Le Garde du corps Gonji, Tavern Keeper
- 1959
- La Condition de l’homme I
- 1957
- Les Bas-fonds Tomekichi the Tinker
- 1954
- Les Sept Samouraïs Kidnapper