Earl Cameron
- Casting
Biographie
- Nationalité
- Né le
- 18 août 1917
- Décédé le
- 3 juillet 2020
- Âge
- 102 ans
- Autre nom
-
- Earlston Jewitt Cameron
- Filmographie
- 4 films
Earl Cameron est un acteur bermudien, né le 8 août 1917 dans la paroisse de Pembroke, aux Bermudes, et mort le 3 juillet 2020 à Kenilworth, dans le Warwickshire, en Angleterre, à l’âge de 102 ans. Installé en Grande-Bretagne à partir de 1939, il travaille au théâtre, au cinéma et à la télévision pendant une carrière commencée au début des années 1940.
L’arrivée en Grande-Bretagne et les débuts sur scène
Engagé dans la marine marchande britannique, Earl Cameron arrive à Londres le 29 octobre 1939, peu après le début de la Seconde Guerre mondiale. Son navire repart sans lui et il reste en Grande-Bretagne, où il occupe différents emplois avant d’entrer dans le monde du spectacle. En 1941, son ami Harry Crossman lui permet de rencontrer le metteur en scène Robert Atkins lorsqu’une place se libère dans la production de Chu Chin Chow au Palace Theatre. Atkins l’engage, donnant à Earl Cameron son premier travail professionnel sur une scène londonienne.
L’année suivante, Earl Cameron obtient un rôle parlé dans The Petrified Forest de Robert E. Sherwood. En 1945 et 1946, il se produit avec la troupe de divertissement destinée aux forces armées britanniques et joue en Inde puis aux Pays-Bas. Après un séjour de cinq mois aux Bermudes en 1946, il retourne en Grande-Bretagne et devient doublure dans Deep Are the Roots au Wyndham’s Theatre. Une tournée de cette pièce lui permet de travailler avec Patrick McGoohan, qu’il retrouvera plus tard à la télévision. La chanteuse et comédienne Ida Shepley le met également en relation avec Amanda Ira Aldridge, professeure de diction et fille du comédien Ira Aldridge.
Pool of London et une place nouvelle dans le cinéma britannique
Après plusieurs apparitions non créditées au cinéma durant les années 1940, Earl Cameron obtient en 1951 le rôle de Johnny Lambert dans Pool of London, réalisé par Basil Dearden. Il y interprète un marin marchand jamaïcain impliqué dans une intrigue criminelle et dans une relation avec une jeune Londonienne blanche. Ce rôle fait de lui le premier acteur noir à tenir un rôle principal dans un long métrage britannique produit au Royaume-Uni.
Le film donne à Earl Cameron une place inhabituelle dans le cinéma britannique de l’époque, où les acteurs noirs disposaient de peu de rôles importants. Il poursuit son travail avec Basil Dearden dans Sapphire en 1959, enquête policière construite autour du meurtre d’une jeune femme métisse et des tensions raciales qui entourent l’affaire. En 1961, il interprète Gabriel Gomez dans Flame in the Streets, adaptation cinématographique d’une pièce de Ted Willis consacrée aux relations raciales dans la Grande-Bretagne contemporaine.
Des rôles britanniques aux productions internationales
La télévision fournit à Earl Cameron des rôles réguliers durant les années 1950 et 1960. En 1966, il incarne l’astronaute Glyn Williams dans The Tenth Planet, aventure de Doctor Who qui introduit les Cybermen. Il retrouve Patrick McGoohan dans The Prisoner, où il joue le superviseur dans l’épisode The Schizoid Man.
Au cinéma, Earl Cameron interprète Pinder, l’assistant de James Bond aux Bahamas, dans Thunderball en 1965. Plusieurs décennies plus tard, Stephen Frears lui confie le rôle du peintre chargé de réaliser un portrait d’Élisabeth II dans The Queen en 2006. Christopher Nolan le dirige ensuite dans Inception, sorti en 2010, où il apparaît comme un homme âgé rencontré par le personnage de Leonardo DiCaprio.
Les possibilités offertes aux comédiens noirs restent un sujet directement lié à l’expérience professionnelle de Earl Cameron. Il refuse au cours de sa carrière certains personnages qu’il juge dégradants ou stéréotypés. Ses enfants rappellent cette position après sa mort en 2020, en soulignant qu’il avait écarté les rôles qui rabaissaient les personnages de couleur.
Distinctions et hommages aux Bermudes et en Grande-Bretagne
Earl Cameron est nommé commandeur de l’ordre de l’Empire britannique (CBE) lors des distinctions du Nouvel An 2009, pour services rendus à l’art dramatique. L’Université de Warwick lui décerne en 2013 un doctorat honoris causa en lettres.
Aux Bermudes, le théâtre de l’hôtel de ville de Hamilton prend le nom d’Earl Cameron Theatre en 2012, lors d’une cérémonie à laquelle l’acteur assiste. Le British Film Institute lui rend hommage en 2015, puis il devient en 2016 le premier membre du « Hall of Frame » de Screen Nation. Les Bermudes célèbrent son centième anniversaire dans le théâtre portant son nom en 2017.
En 2019, le Bermuda Arts Council crée l’Earl Cameron Award, destiné à distinguer un professionnel bermudien ayant fait preuve d’un talent et d’un engagement exceptionnels dans les domaines du théâtre ou de la production audiovisuelle. Earl Cameron meurt l’année suivante à son domicile de Kenilworth, entouré de sa famille.